Le recensement de 2019 a dénombré 720 956 habitants aux Îles Salomon. Environ 72,4 % vivaient en zone rurale et 27,6 % en zone urbaine ; Honiara comptait 129 569 habitants, avec une densité d’environ 5 916 personnes par kilomètre carré. Un ménage comptait en moyenne 5,4 personnes. Ces écarts façonnent la vie collective au quotidien : les communautés rurales s’appuient généralement davantage sur les chefs, les Églises, les structures de quartier et les institutions provinciales, tandis qu’à Honiara la pression est plus forte sur le logement, les services, les marchés, les routes, les parcs et les autres espaces publics. La Constitution protège le droit à la vie, la liberté, la sécurité, la protection de la loi, la liberté de conscience, d’expression, de réunion et d’association, la liberté de circulation et la vie privée. Elle protège aussi expressément contre la discrimination fondée sur la race, le lieu d’origine, les opinions politiques, la couleur, les croyances et le sexe. Des restrictions peuvent s’appliquer pour la sécurité publique, l’ordre public, la moralité, la santé ou les droits d’autrui. Les Îles Salomon ne disposent pas d’une loi moderne générale sur l’égalité et la lutte contre les discriminations couvrant toutes les situations. Le droit coutumier fait partie du cadre juridique et social, mais s’applique dans les limites de la Constitution, des lois du Parlement et de la common law. Les conflits de voisinage et les différends familiaux du quotidien sont souvent traités par le leadership coutumier, les chefs, les responsables religieux, le dialogue familial ou les discussions communautaires. Honiara s’appuie aussi sur les quartiers municipaux, les groupes communautaires et les structures des marchés. Il n’existe pas de service national de voisinage doté d’une procédure uniforme. L’accès, le coût et les délais dépendent de l’île, de la province, de la langue, des transports, des effectifs disponibles et de l’institution concernée. Pour un règlement des différends plus structuré, le ministère de la Gouvernance traditionnelle, de la Paix et des Affaires ecclésiastiques peut apporter un soutien à la médiation à la demande de familles, de communautés ou de ministères. Un groupe de personnalités éminentes composé de responsables religieux et communautaires peut être envoyé si la demande est acceptée ; des agents formés au renforcement de la paix travaillent dans tous les bureaux provinciaux. Selon la situation, les méthodes employées comprennent la médiation, la négociation, la diplomatie de navette, le dialogue et les pratiques d’alerte précoce. Le ministère et le groupe de personnalités éminentes n’ont publié ni tarif national ni délai fixe d’achèvement. La Force de police royale des Îles Salomon assure la sécurité publique et la police de proximité, et reçoit les appels d’urgence au 999. Les tribunaux et le Bureau du défenseur public offrent des voies formelles pour les affaires civiles ou pénales lorsque le règlement informel ne convient pas ou que les actes peuvent être illégaux. La violence domestique est illégale en vertu de la loi de 2014 sur la protection de la famille. Le dispositif de protection comprend des avis de sécurité de la police, des ordonnances de protection délivrées par le tribunal d’instance, une aide aux victimes, des obligations en matière de santé et de police, des services de conseil, des infractions et des indemnisations. Une personne peut demander de l’aide à la Force de police royale des Îles Salomon, à un tribunal, à un service de santé ou à un autre organisme de soutien. Comme les services disponibles, leurs coûts et leurs délais ne sont pas régis par une norme nationale fiable unique, toute préoccupation immédiate concernant la sécurité doit être signalée à la police ou à un professionnel de santé sans attendre une médiation communautaire. Les Îles Salomon sont diverses sur les plans linguistique et culturel. Le recensement de 2019 a relevé une identité mélanésienne pour 95,5 % de la population, polynésienne pour 2,8 % et micronésienne pour 1,2 %. L’anglais est la langue officielle et le pijin est largement employé comme langue véhiculaire ; le pijin était la première langue de 101 588 personnes âgées de cinq ans et plus, soit 16,1 %. À Honiara, les capacités de communication déclarées étaient de 87,4 % en anglais et de 81,0 % en pijin. Une langue locale, une tribu et une lignée ne sont pas des notions interchangeables. Pour communiquer clairement, il peut falloir utiliser une langue locale adaptée, le pijin ou l’anglais, ou faire appel à une personne de confiance dans la communauté. Les Églises sont d’importantes institutions sociales. Le recensement de 2019 a relevé une appartenance à l’Église de Mélanésie pour 32,2 % de la population, à l’Église catholique romaine pour 20,0 %, à l’Église évangélique de la mer du Sud pour 17,3 %, à l’Église adventiste du septième jour pour 11,6 % et à l’Église unie pour 9,3 %. Dans de nombreuses communautés, les Églises contribuent à l’éducation, à la santé, à l’aide sociale, à l’hébergement d’urgence et au conseil. Leur rôle est aussi pratique que religieux, mais l’intervention d’une Église ne remplace pas la protection de la police, des tribunaux ou des services de santé lorsqu’une intervention formelle est nécessaire. Le Groupe consultatif de traduction des Îles Salomon et l’Office national de la statistique apportent une aide terminologique pour certaines communications publiques. La politique 2023–2031 des Îles Salomon pour un développement inclusif des personnes handicapées favorise l’inclusion. Les Îles Salomon ont ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées le 22 juin 2023. Le ministère de la Santé et des Services médicaux, par l’intermédiaire de sa division nationale de réadaptation et du handicap, collabore avec des organisations de personnes handicapées et des groupes concernés dans les domaines de la réadaptation, de la sensibilisation et de l’intégration transversale. Le recensement de 2019 a relevé au moins une limitation fonctionnelle chez environ 11 % des personnes âgées de cinq ans et plus. En pratique, l’accessibilité et la mise en œuvre dépendent toujours de l’institution, du lieu, des transports et des ressources disponibles. Les personnes peuvent participer grâce aux droits constitutionnels de réunion et d’association, à l’éducation civique, à la planification participative, à la responsabilité sociale et aux structures de quartier. Le ministère de l’Administration provinciale et du Renforcement institutionnel soutient les comités de quartier. Des comités de développement de quartier sont présents dans les neuf provinces et les 172 quartiers ; leur participation est une condition minimale pour accéder au Fonds de développement des capacités provinciales. Les objectifs de participation incluent expressément les femmes, les jeunes et les groupes défavorisés. Le ministère des Femmes, de la Jeunesse, des Enfants et des Affaires familiales soutient également la participation et l’égalité entre les femmes et les hommes. Un programme du Fonds pour la consolidation de la paix, prévu d’avril 2026 à avril 2028, est axé sur la cohésion sociale, la gouvernance inclusive et la décentralisation dans les neuf provinces ; la disponibilité du programme peut évoluer en fonction du financement et de sa mise en œuvre. À Honiara, la loi de 1999 sur la ville de Honiara et les règlements municipaux établissent des règles plus précises pour les espaces publics. Elles portent notamment sur les déchets, le commerce ambulant, les zones sans bétel, les chiens, les parcs, les terrains de loisirs, les frais, les taux et les redevances. Une modification de 2023 sur les déchets a créé des infractions et fixé des sanctions pour les dépôts de déchets dans les lieux publics ; des agents chargés de l’application des règles du conseil municipal de Honiara sont en fonction depuis le 16 novembre 2023. Les dépôts sauvages, la pollution, les troubles liés à l’alcool et le vandalisme peuvent nuire aux marchés, aux parcs et aux autres lieux publics. Le plan d’urbanisme de Honiara recense relativement peu de zones de front de mer et d’espaces ouverts accessibles au public. En dehors de Honiara, les règles provinciales et locales sont moins uniformes. Le conseil municipal, les habitants, les vendeurs et les entreprises influencent tous la possibilité d’utiliser les espaces publics de façon sûre et durable. Le logement partagé s’organise principalement autour de la cohabitation familiale et de la parenté, plutôt qu’au moyen d’un système national de logement partagé. Les données du recensement portent sur les ménages, le statut d’occupation et les logements, mais ne définissent pas un régime national assorti de règles uniformes d’admission, de coût ou de délai. Les questions formelles de location et de logement relèvent principalement du droit et des services du logement ; pour la vie en commun, la question pertinente est la manière dont les personnes partagent l’espace, gèrent leurs attentes au sein du ménage et règlent les différends. La vie en ligne est inégale. En 2019, 44,7 % des personnes âgées de 12 ans et plus possédaient un téléphone mobile, et 40,7 % des téléphones mobiles en état de marche avaient accès à Internet. Parmi les usages d’Internet déclarés, les réseaux sociaux représentaient 66,0 %, la communication 62,0 % et les loisirs 51,3 %. L’accès est nettement plus élevé à Honiara que dans les provinces éloignées. La politique nationale de cybersécurité de 2024, l’équipe d’intervention en cas d’urgence informatique des Îles Salomon créée en 2025, ainsi que la coopération entre cette équipe et la Force de police royale des Îles Salomon soutiennent la sensibilisation à la vie privée, aux escroqueries, au cyberharcèlement, à la désinformation et aux échanges respectueux. La liberté d’expression garantie par la Constitution s’applique aussi en ligne, sous réserve de l’ordre public et des droits et de la réputation d’autrui. Une déclaration gouvernementale de 2020 signalait l’absence de réglementation propre aux plateformes de réseaux sociaux, tandis que les avis actuels de la police mettent en garde contre les rumeurs non vérifiées, l’incitation, les menaces et le harcèlement. Les conséquences juridiques précises doivent être vérifiées au cas par cas. Une réponse pratique commence par déterminer la nature du problème, le lieu et le niveau de risque. Un différend entre voisins ou au sein d’une famille peut se prêter au dialogue, à l’intervention d’un chef, d’un responsable religieux, d’une structure de quartier ou d’un médiateur formé. Les menaces, la violence domestique, les blessures graves, les actes criminels ou un danger urgent nécessitent l’intervention de la police, des services de santé, des tribunaux ou d’autres services de protection formels. La langue, le handicap, les transports, l’accès au numérique et l’autorité de l’intermédiaire choisi peuvent déterminer si une solution proposée est réellement accessible et sûre.
Vivre ensemble aux Îles Salomon
Vivre ensemble aux Îles Salomon repose sur les droits constitutionnels, les pratiques coutumières et religieuses, le leadership local et les services publics formels. Les modalités varient entre les communautés rurales, les neuf provinces et la ville de Honiara, où l’urbanisation rapide et la forte densité accentuent la pression sur le logement, les espaces publics et la gestion des conflits. Les chefs, les responsables religieux, les structures de quartier, la police, les tribunaux et les organismes publics traitent des problèmes différents ; aucun service national unique ne coordonne les relations de voisinage au quotidien.
Conseil
Aux Îles Salomon, considérez la vie en commun comme un choix de démarche plutôt que comme un service unique : privilégiez le dialogue ou la médiation locale pour les différends gérables, et adressez-vous directement à la police, aux services de santé ou aux tribunaux en cas de risque pour la sécurité, de violence ou d’atteinte grave aux droits. À Honiara, vérifiez les règles municipales avant d’utiliser l’espace public ou d’y exercer une activité commerciale ; ailleurs, renseignez-vous sur les pratiques provinciales ou locales applicables. Vérifiez d’abord la langue, l’accessibilité pour les personnes handicapées, les transports et l’accès au numérique afin que la démarche choisie soit accessible.

