L’agriculture pluviale représente environ 40 % du produit intérieur brut du Niger et fait vivre de nombreux ménages ruraux. La demande de travail est généralement limitée, saisonnière et peu rémunérée, et les compétences correspondent souvent mal aux emplois disponibles. Parmi les unités de production informelles recensées en 2017, 40,5 % opéraient dans l’industrie, 33,6 % dans le commerce et 25,9 % dans les services. Le travail indépendant représentait 63,4 % des emplois informels ; les salariés et apprentis, 5,5 %. Le travail salarié formel se concentre surtout dans les villes, particulièrement à Niamey. Le climat, la sécurité, le financement et les perturbations frontalières peuvent modifier rapidement les possibilités locales. La part des emplois pétroliers et extractifs parmi ceux déclarés à l’ANPE est passée d’environ 3,2 % en moyenne en 2021–2023 à 12 % en 2024 ; ces chiffres décrivent les emplois enregistrés par l’ANPE, et non l’ensemble du marché du travail. En 2024, les inscriptions de demandeurs d’emploi à l’ANPE ont progressé de 16 %, les offres ont baissé de 22 % et les créations d’emplois déclarées ont diminué d’environ 59,5 % ; les ingénieurs et cadres supérieurs constituaient le groupe le plus important dans cette série administrative. Le Niger compte huit régions : Agadez, Diffa, Dosso, Maradi, Niamey, Tahoua, Tillabéri et Zinder. Au troisième trimestre 2025, le taux d’emploi des personnes de 15 à 35 ans était de 36,5 % au niveau national, de 50,4 % pour les hommes et de 24,7 % pour les femmes ; les taux régionaux allaient de 20,7 % à Dosso à 49,4 % à Tahoua. Le même panel de jeunes enregistrait 84,4 % d’emploi informel, 53,4 % d’emploi vulnérable, 12,2 % de sous-emploi lié au temps de travail, 29,1 % de chômage selon la définition internationale des statistiques du travail, 63,5 % de chômage élargi et 34,9 % de jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ces mesures reposent sur des définitions différentes et ne sont pas interchangeables. Une enquête nationale comparable plus ancienne, réalisée en 2017, indiquait 7,9 % de chômage selon la définition internationale, 29,8 % de chômage et de sous-emploi lié au temps de travail combinés, 60,2 % de sous-utilisation de la main-d’œuvre et 75,9 % d’emploi vulnérable ; les femmes et les travailleurs ruraux obtenaient généralement de moins bons résultats. L’éducation reste un obstacle : en 2017, le taux d’alphabétisation des personnes de 15 ans et plus était de 28,4 %, les travailleurs des unités de production informelles avaient en moyenne 1,8 année de scolarité et seuls 2,0 % avaient reçu une formation formelle. Les voies pertinentes comprennent l’enseignement technique et professionnel, la formation formelle et non formelle, l’apprentissage informel, l’apprentissage en alternance et le travail indépendant. En 2025–2026, les programmes publics techniques et professionnels comptaient 96 386 apprenants, dont 42 973 filles ; 17 programmes révisés, 49 927 jeunes ayant reçu un accompagnement à l’orientation, 1 939 apprentissages en alternance et 2 800 kits d’appui à l’insertion professionnelle étaient recensés. La formation seule ne garantit pas l’emploi lorsque la demande, l’équipement ou le capital de démarrage font défaut. L’ANPE assure l’intermédiation publique, le placement, les contrats, les apprentissages, les cartes de travail, l’information sur le marché du travail, la réinsertion, la reconversion et l’aide au travail indépendant. L’inscription se fait en personne dans un bureau de l’ANPE ; une carte nationale d’identité, un passeport ou un acte de naissance est requis. Le diplôme et le CV sont facultatifs pour l’inscription. L’ANPE indique que l’inscription est obligatoire pour accéder à ses services. Les offres circulent également par les réseaux personnels, la famille et les apprentissages informels ; les données de l’ANPE ne couvrent donc pas toute la demande non inscrite. Le PAIJ de l’ANPE soutient l’emploi des jeunes ; le COSIVIP cible les Nigériens de 18 à 35 ans titulaires d’un diplôme supérieur, technique ou professionnel et propose un placement de 12 mois, une allocation mensuelle et une couverture des risques professionnels ; le CRP accompagne les diplômés en premier emploi de 15 à 35 ans ou les personnes au chômage depuis au moins un an, par une formation pouvant durer six mois avec allocation journalière. Le PACE soutient le travail indépendant et les microentreprises, tandis que le TRE aide à préparer CV, lettres de motivation et entretiens. Depuis le 1er janvier 2026, le salaire minimum interprofessionnel légal, le SMIG, est de 42 000 FCFA par mois, contre 30 047 FCFA auparavant. Il concerne les travailleurs privés et parapublics ainsi que les auxiliaires relevant du Code du travail ou de la Convention collective interprofessionnelle, mais pas les fonctionnaires régis par le Statut général de la fonction publique. Il ne constitue pas une hausse générale des salaires et le travail informel ne donne pas automatiquement accès à ce minimum. En 2017, le revenu mensuel moyen imputé était de 56 170 FCFA, avec 65 450 FCFA pour les hommes et 36 243 FCFA pour les femmes ; 63,5 % des personnes se situaient sous le SMIG alors en vigueur, dont 77,5 % des femmes. Les travailleurs formels peuvent bénéficier de la protection sociale de la CNSS, notamment des pensions de retraite, d’invalidité et de survivants, des prestations familiales et de la couverture des accidents du travail et maladies professionnelles. Les employeurs sont responsables de l’affiliation, de l’immatriculation des travailleurs, des déclarations de salaires et du paiement des cotisations. Une assurance volontaire existe, mais les travailleurs informels restent généralement hors de la couverture formelle. Les risques professionnels sont particulièrement importants dans les mines, les transports, la construction et l’agriculture. Le profil migratoire national de 2017 comptabilisait 94 % de non-migrants, 4 % de migrants internes et 2 % de migrants internationaux ; les proportions de migrations internes et internationales étaient plus élevées à Niamey. De nombreux ménages combinent agriculture, commerce ou services informels, travail salarié et migration temporaire au fil des saisons. Le marché du travail ne peut donc pas être compris à partir des seules offres formelles : la région, le genre, la saison, les compétences, le capital, la protection sociale et l’accès à des canaux fiables de mise en relation influent tous sur les parcours disponibles.
Marché du travail au Niger
Le marché du travail nigérien est dominé par l’agriculture pluviale et le travail informel ; les emplois salariés formels sont surtout concentrés en ville, notamment à Niamey. Les unités de production informelles opèrent principalement dans l’industrie, le commerce et les services, et la plupart des travailleurs exercent à leur compte plutôt que comme salariés. L’accès au travail et aux revenus varie fortement selon la région, le genre, le niveau d’études, la saison et les liens avec les employeurs.
Conseil
Au Niger, comparez l’emploi formel, le travail informel, l’apprentissage et l’auto-emploi selon vos compétences, votre lieu de résidence, votre capital et votre besoin de protection sociale. Combinez l’ANPE avec les contacts directs auprès des employeurs, les réseaux et l’apprentissage ; vérifiez le salaire réel, la durée, la demande et la couverture avant de vous engager. Un certificat de formation, les chiffres des offres de l’ANPE ou le SMIG ne prouvent pas qu’une occasion précise existe.

