L’enquête préliminaire sur la population active EDST 2025 portant sur les premier et deuxième trimestres est la première enquête représentative de ce type à l’échelle nationale à Djibouti. Elle montre que 51,8 % de la population en âge de travailler ne participe pas au marché du travail. Parmi la population active, 63,8 % avaient un emploi et 36,2 % étaient au chômage. Le taux d’emploi des femmes était d’environ 20,9 %, tandis que 64,1 % d’entre elles étaient hors du marché du travail. Plus de la moitié des jeunes femmes étaient au chômage ; 46,2 % des personnes de 16 à 24 ans n’étaient ni en emploi ni en études. Ces chiffres restent préliminaires tant que les résultats complets des quatre trimestres ne sont pas disponibles. La dernière enquête auprès des ménages de l’ILOSTAT disponible, datant de 2017, est moins adaptée aux comparaisons actuelles. Dans la capitale, les services représentent 70,4 % de l’emploi, l’industrie 16,5 % et le commerce 11,9 %. Hors de la capitale, l’emploi est réparti plus largement entre les services (50,3 %), le commerce (20,5 %), l’agriculture et l’élevage (17,1 %), et l’industrie (12,1 %). Dans la capitale, 84,5 % des travailleurs sont salariés, 12,8 % sont indépendants et 2,1 % sont employeurs. Dans les autres régions, les proportions sont de 57,2 % de salariés, 32,8 % d’indépendants et 6,3 % d’employeurs. Ces écarts expliquent pourquoi les emplois formels sont davantage concentrés dans la capitale et pourquoi les revenus des régions proviennent plus souvent du travail indépendant, du travail familial ou d’activités informelles. Les débouchés se trouvent notamment dans les ports, la logistique, les transports, le commerce, la construction, le tourisme, l’administration publique, l’énergie et les services numériques. La croissance économique a atteint 6,5 % en 2025, principalement portée par les services et la logistique. Une croissance reposant sur des secteurs à forte intensité de capital ne crée pas automatiquement assez d’emplois. Les perturbations du commerce extérieur ou de la mer Rouge peuvent donc particulièrement toucher les ports et la logistique. Une réforme du droit du travail a été discutée en 2025 ; la feuille de route gouvernementale pour 2026–2030 porte notamment sur la formalisation, l’emploi des jeunes et des femmes et les qualifications professionnelles. Les qualifications ne correspondent que partiellement à la demande. 50,6 % des travailleurs n’avaient pas de formation formelle, tandis que 34 % avaient achevé le deuxième cycle du secondaire ou possédaient une qualification de l’enseignement supérieur. Dans le même temps, 40,3 % des personnes au chômage avaient une qualification supérieure. Il en résulte à la fois un manque de profils d’entrée adaptés et des goulets d’étranglement parmi les spécialistes techniques. Le projet de formation SKILLS a formé environ 1 500 personnes dans les domaines de la logistique, de la construction, de l’énergie, de l’hôtellerie-restauration, des langues, de l’approvisionnement, de la sécurité au travail, du suivi-évaluation, du Big Data et de la cybersécurité. Un taux de placement de 100 % n’a été documenté que pour un groupe spécifique au projet, celui des grutiers, et ne constitue pas un taux national. L’Agence nationale de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelle (ANEFIP) est chargée du placement professionnel. Elle met en relation les personnes en recherche d’emploi, les employeurs, la formation et l’insertion professionnelle. L’Observatoire national de l’emploi et des qualifications (ONEQ) et l’ANEFIP tiennent des données sur les personnes en recherche d’emploi, les entreprises formelles, les postes vacants et les qualifications, contribuant ainsi aux systèmes d’information sur le marché du travail. Les agences privées de placement sont autorisées par la loi, mais ne peuvent facturer de frais de placement aux candidats. La portée et l’efficacité de l’accompagnement à la recherche d’emploi ne sont pas garanties à l’échelle nationale. D’autres responsabilités relèvent du ministère du Travail, chargé de la formalisation et de la protection sociale, de l’inspection du travail, de l’Institut national de la statistique de Djibouti (INSTAD), de l’autorité de la formation professionnelle (MENFOP) et de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Le travail peut prendre la forme d’un emploi salarié formel, d’un emploi dans la fonction publique, d’un poste dans une entreprise privée, d’un travail indépendant ou d’une activité entrepreneuriale, ou encore d’un travail domestique ou agricole. Le travail informel est particulièrement répandu hors de la capitale et ne donne souvent pas accès à l’ensemble de la sécurité sociale ni à la protection du droit du travail. Dans le secteur privé, 77,9 % des emplois étaient informels, contre 14,2 % dans le secteur public. Le salaire minimum national légal (SMIG) prévu par la loi n° 221/AN/17 est de 35 000 FDJ par mois. Aucun relèvement national récent n’est documenté. Il n’existe pas non plus de grille actuelle fiable des salaires par profession ; la rémunération réelle dépend donc fortement de l’activité, de l’employeur, du contrat et du degré de formalisation. Le droit du travail s’applique dans tout le pays. La durée légale du travail est de 48 heures par semaine. Le repos hebdomadaire est d’au moins 24 heures et tombe généralement le vendredi. Les congés payés s’élèvent à 2,5 jours ouvrables par mois. Un contrat écrit est notamment requis pour l’apprentissage, un CDD de plus d’un mois, les travailleurs étrangers, une période d’essai et le travail hors du lieu de résidence habituel. L’employeur doit s’affilier à la CNSS au plus tard 48 heures après le début de son activité ou l’embauche. Les salariés reçoivent un numéro CNSS à 13 chiffres. L’employeur déclare et paie les cotisations chaque mois au plus tard le dixième jour. Le barème officiel de la CNSS indique une cotisation patronale de 5,5 % pour les prestations familiales, de 1 % pour les accidents du travail, de 4 % à la charge de l’employeur et de 4 % à celle du salarié pour l’assurance vieillesse, ainsi que de 5 % à la charge de l’employeur et de 2 % à celle du salarié pour les soins de santé. L’en-tête de la page officielle indique 21,7 %, alors que la somme des postes individuels atteint 21,5 % ; il convient de clarifier cet écart auprès de la CNSS avant tout calcul précis. Les travailleurs étrangers ont d’abord besoin d’un contrat de travail, puis d’un permis de travail délivré par l’ANEFIP. Le dossier de l’employeur comprend notamment une déclaration, quatre exemplaires du contrat, une lettre de l’employeur, deux photographies, ainsi que le passeport et le visa. Si l’autorité compétente ne répond pas dans les 60 jours, le permis est réputé accordé selon le Code. Pour les réfugiés, la carte de réfugié vaut permis de travail pour cinq ans et peut être renouvelée. Une attestation de demande d’asile peut valoir permis de travail temporaire pour six mois et être prorogée ; l’Office national d’assistance aux réfugiés et sinistrés (ONARS) et le ministère de l’Intérieur sont compétents. Ces voies formelles coexistent avec le travail informel dans la pratique, notamment pour la mobilité régionale et dans le secteur des transports et de la logistique. Il convient de consulter l’institution compétente pour vérifier les frais précis, les coûts de formalisation et les documents requis.
Marché du travail à Djibouti
Le marché du travail à Djibouti comprend les entreprises, les institutions publiques, le travail indépendant, les activités informelles et la mise en relation des travailleurs avec les employeurs. Les services et la logistique structurent la capitale, tandis que l’agriculture, l’élevage, le commerce et le travail informel sont plus répandus hors de la capitale. L’accès à l’emploi dépend souvent des qualifications, de la région, du genre, du statut de résidence et du passage de l’informel au formel.
Conseil
À Djibouti, ne considérez pas le marché du travail comme un marché unique : la région, les qualifications, le degré de formalisation et le statut de résidence changent les possibilités réalistes. Si la protection sociale et des droits documentés sont importants, examinez attentivement les emplois formels obtenus par l’ANEFIP. Les ressortissants étrangers et les personnes bénéficiant d’un statut de protection devraient clarifier le contrat et le permis de travail avant de commencer.

