La vie artistique somalienne est profondément enracinée dans les traditions orales. Suugaan désigne largement l’expression littéraire somalienne, en particulier la poésie orale. Des formes comme gabay et maanso suivent des structures versifiées, tandis que buraanbur est une poésie féminine souvent interprétée avec des tambours, des applaudissements et de la danse. Hees signifie chanson, sheeko récit, riwaayad théâtre, et dhaanto et ciyaar désignent la danse et des traditions de spectacle apparentées. La poésie peut être une expression esthétique, un moyen de communication, un commentaire social et politique et un outil de médiation des conflits. Les femmes jouent un rôle majeur dans la transmission de la poésie et son enseignement au sein des familles et des communautés. Des possibilités formelles et non formelles existent, mais elles sont inégalement réparties. Le ministère de l’Information, de la Culture et du Tourisme est associé à la protection du patrimoine culturel, au Théâtre national et aux programmes culturels. Le Théâtre national de Mogadiscio, ouvert en 1967 et rouvert au public en 2020 après sa reconstruction, accueille des pièces, festivals de musique, concours, ateliers et rassemblements culturels. Sa salle principale compte 1 270 places, mais son fonctionnement et l’accès dépendent de la sécurité, du financement et des infrastructures. La troupe nationale des arts Waberi et les artistes traditionnels restent actifs. Le centre IFIYE propose des livres, de l’écriture créative, des lectures de poésie, des débats, de la photographie et des activités de danse traditionnelle. Le Centre culturel de Hargeysa et la Redsea Cultural Foundation soutiennent des bibliothèques, l’écriture créative et le Salon international du livre de Hargeysa, mais il convient de vérifier les horaires d’ouverture et les programmes actuels avant de se déplacer. Les parcours d’enseignement supérieur comprennent la faculté des beaux-arts de l’African American University, avec des formations en enseignement artistique, design, cinéma et télévision, photographie et médias numériques, ainsi que le programme de master de l’Université nationale somalienne en langue et littérature somaliennes, qui dure quatre semestres et représente 52 crédits. Les conditions d’admission et d’éligibilité varient selon l’établissement, et les frais publiés ne sont pas disponibles de façon constante. Les options non formelles comprennent la résidence de six semaines de SAF House, avec accès à un atelier, mentorat, visites de recherche, ateliers portes ouvertes et exposition finale pour les artistes visuels contemporains établis à Mogadiscio. Les appels à candidatures demandent souvent un portfolio, une biographie, une note de projet et des exemples d’images. Les programmes scolaires, ateliers et rencontres communautaires offrent d’autres voies, tandis que les réseaux familiaux, les anciens, les mariages, les marchés, les ateliers privés et les réseaux sociaux restent très influents. Les pratiques visuelles comprennent l’artisanat, les textiles, le travail du bois, la vannerie et la fabrication de nattes, le henné, les devantures peintes, les affiches, les dessins humoristiques et les campagnes sur les réseaux sociaux. La photographie et le cinéma se développent souvent au moyen de projets, d’ateliers et d’expositions plutôt que par une procédure nationale d’autorisation. Des sociétés de production privées et indépendantes proposent des films, documentaires, séries, développement de scénarios, réalisation, montage et formations, tandis que l’art numérique est encore émergent. L’architecture comprend l’aqal Soomaali mobile, une structure démontable faite de bois, de perches et de nattes, ainsi que des bâtiments urbains permanents et un patrimoine somalo-islamique et en pierre de corail, variable selon les régions. Les femmes ont traditionnellement contribué de manière importante à la construction, à la fabrication de nattes et au travail textile. Il n’existe en Somalie aucun pass artistique national attesté, registre d’artistes, barème de financement standard, licence professionnelle ni procédure de subvention uniforme. Le marché est fragmenté et largement informel, avec des commandes, ateliers privés, galeries, événements culturels, réseaux de la diaspora et expositions à l’étranger. Aucun barème national fiable des tarifs, cachets d’artistes ou revenus du marché n’est disponible. Les frais d’études, de matériel, de déplacement, de production et de sécurité dépendent de l’établissement, du projet, de la ville et du prestataire. La résidence de SAF dure six semaines et le master de l’Université nationale somalienne quatre semestres ; les autres cours et ateliers reposent sur des projets et peuvent dépendre du financement de bailleurs ou d’ONG. La Constitution provisoire reconnaît la liberté d’expression, y compris la créativité artistique, et protège la liberté de choisir une profession. Elle demande également à l’État de soutenir la recherche, la créativité, les arts et les danses traditionnelles, et de protéger les objets historiques, les sites, les dialectes locaux et les intérêts des minorités. Ces droits s’exercent dans le cadre du droit applicable, des exigences constitutionnelles de proportionnalité, du cadre islamique et de la charia, ainsi que de la situation en matière de sécurité et d’ordre public. La loi sur le droit d’auteur no 66 de 1977 figure dans des inventaires internationaux, mais les pratiques actuelles d’enregistrement, d’application et de protection des droits connexes ne sont pas documentées de manière fiable. Les artistes devraient donc conserver les contrats, les preuves de paternité, les autorisations et les justificatifs de paiement, surtout lorsque l’application des droits ou la représentation collective est incertaine. Le conflit a endommagé ou interrompu des institutions culturelles, des archives et des lieux de spectacle. Les artistes, journalistes et travailleurs de la création visibles du public peuvent courir des risques supplémentaires, en ligne comme hors ligne. Les archives de Radio Mogadiscio contiennent des dizaines de milliers d’enregistrements de musique, poésie, pièces radiophoniques, littérature, photographies et autres documents, mais leur préservation est urgente : les infrastructures, l’humidité et les pertes menacent les collections. Les institutions formelles et les possibilités vérifiées sont concentrées à Mogadiscio et Hargeysa. Les informations sur les institutions artistiques, frais et procédures actuels au Puntland, au Jubaland, dans le Sud-Ouest, à Hirshabelle et au Galmudug sont plus limitées ; il ne faut donc pas considérer les informations de Mogadiscio ou de Hargeysa comme une règle nationale.
L’art en Somalie
L’art en Somalie englobe la poésie orale, la musique, la danse, le théâtre, la littérature, les arts visuels, la photographie, le cinéma, l’architecture, le design et les pratiques numériques émergentes. Le secteur est fragmenté entre institutions publiques, prestataires privés, ONG, communautés et diaspora, plutôt qu’organisé autour d’un système national unique. L’accès, les coûts, la sécurité et les possibilités varient considérablement entre Mogadiscio, Hargeysa et les autres régions.
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