Les principales sources juridiques comprennent la Constitution de 1978, le Code pénal, Cap.26, le Code de procédure pénale, Cap.7, la loi de 2009 sur la preuve, la loi sur les tribunaux d’instance, Cap.20, la loi de 2013 sur la police, la loi sur les jeunes délinquants, Cap.14, la loi de 2014 sur la protection de la famille, la loi sur les transports routiers, Cap.131, la loi sur les drogues dangereuses, Cap.98, la loi de 2009 sur les télécommunications et la loi de 2002 sur le blanchiment d’argent et les produits du crime. La common law, l’equity et le droit coutumier peuvent également s’appliquer en vertu de l’annexe 3 de la Constitution, uniquement s’ils ne sont pas incompatibles avec la Constitution ou une loi du Parlement et s’ils sont adaptés aux circonstances locales. Le Code pénal distingue notamment les crimes et les délits ; certaines peines sont exprimées en unités de pénalité plutôt qu’en somme fixe. La police royale des Îles Salomon, couramment appelée RSIPF, reçoit les signalements, prévient la criminalité, enquête sur les infractions, arrête les suspects et présente les affaires dans le cadre de la procédure judiciaire. Son département des enquêtes criminelles, son unité de la circulation, son unité des violences familiales et son unité des agressions sexuelles exercent des fonctions spécialisées. Les signalements peuvent être faits au numéro d’urgence 999 ou au numéro non urgent 23666. Le bureau du Directeur des poursuites publiques, ou ODPP, engage les poursuites de façon indépendante devant les tribunaux d’instance, la Haute Cour, la Cour d’appel et, le cas échéant, les tribunaux provinciaux. Les procureurs de police traitent les affaires devant les tribunaux d’instance sous la direction du Directeur des poursuites publiques. Le bureau du Public Solicitor, ou PSO, fournit des conseils et une représentation juridiques constitutionnels, notamment une aide juridique pénale aux personnes répondant aux critères de ressources, de bien-fondé et de circonstances. Ses permanences pénales ont généralement lieu le jeudi de 14 h à 16 h ; les affaires urgentes ou provinciales peuvent obtenir un rendez-vous plus tôt. Les enfants et les jeunes peuvent s’adresser au PSO sans parent. L’ODPP intervient notamment à Honiara, Auki, Gizo et Kirakira, ainsi que dans les circuits judiciaires. Aucun système national uniforme d’accès en ligne au droit pénal n’a été mis en place. Les déplacements, la disponibilité des témoins et les circuits judiciaires provinciaux peuvent prolonger les délais, tandis que la Constitution exige une audience équitable dans un délai raisonnable. Les tribunaux répartissent le travail pénal selon leur compétence. Les tribunaux d’instance traitent les procès sommaires et les enquêtes préliminaires. Si une enquête préliminaire établit des preuves suffisantes dans une affaire grave, l’accusé peut être renvoyé devant la Haute Cour pour y être jugé. La Haute Cour juge les affaires pénales graves et peut prononcer toute peine légale. Les appels formés contre les décisions des tribunaux d’instance sont portés devant la Haute Cour, puis peuvent être portés devant la Cour d’appel. Les tribunaux locaux ne disposent que de la compétence pénale conférée par un mandat du président de la Cour suprême ; leur compétence territoriale et les conditions applicables aux parties limitent leur usage. Ils ne sont pas des tribunaux pénaux généraux compétents pour toutes les infractions. Un signalement peut déboucher sur une accusation, une citation à comparaître ou un mandat. La RSIPF peut arrêter sans mandat lorsqu’il existe un motif raisonnable de soupçonner une infraction et les agents ne peuvent employer que la force nécessaire et raisonnable. La personne arrêtée doit être informée rapidement du motif de son arrestation dans une langue qu’elle comprend et, si elle n’est pas libérée, doit être présentée sans délai à un tribunal. La Constitution protège le droit à une audience équitable, la présomption d’innocence, la communication précise de l’accusation, le temps et les moyens nécessaires à la préparation d’une défense, le recours à un avocat, un interprète gratuit, le contre-interrogatoire des témoins de l’accusation, la présentation de témoins de la défense, le droit de ne pas témoigner contre soi-même et la protection contre un second procès pour la même affaire. Le silence ne doit pas entraîner d’inférence défavorable. Un mandat de perquisition peut être délivré par un magistrat ou un juge de paix après serment et sur la base d’un soupçon raisonnable. Il doit indiquer le bâtiment, le navire, le véhicule ou autre lieu à perquisitionner. Son exécution a normalement lieu entre le lever et le coucher du soleil, sauf si le mandat autorise un autre horaire. Les biens saisis peuvent être placés sous garde pendant l’enquête, le procès ou l’appel. La loi sur la preuve considère certaines situations de questionnement comme faisant partie d’une arrestation ; les circonstances d’un interrogatoire de police peuvent donc influer sur les protections applicables à la personne interrogée. La mise en liberté sous caution est laissée à l’appréciation de l’autorité pour les personnes arrêtées ou détenues, sauf dans les affaires de meurtre et de trahison ; le tribunal peut exiger une caution. Le montant ne doit pas être excessif. Une personne en détention provisoire dans l’attente d’une enquête préliminaire peut généralement être détenue pendant au plus 15 jours complets en vertu d’une décision, avec une prolongation orale de la détention d’au plus trois jours dans les circonstances prévues. La norme constitutionnelle reste la libération sans conditions ou sous conditions raisonnables dans un délai raisonnable ; il n’existe pas de calendrier national unique pour toutes les enquêtes ou poursuites. Le Code pénal couvre l’homicide, la tentative de meurtre, les lésions graves, les blessures, les infractions sexuelles, l’enlèvement, le vol, le détournement de fonds, le vol avec violence, l’extorsion, les infractions à l’ordre public, la corruption, les infractions économiques, le complot et l’aide à une infraction. Le meurtre, l’homicide involontaire et la tentative de meurtre sont passibles de la réclusion à perpétuité selon les dispositions citées. Les blessures illégales sont passibles d’une peine maximale de cinq ans. Le vol simple est passible de cinq ans, avec des peines maximales supérieures pour certaines récidives. Le Code pénal actuel ne prévoit pas la peine de mort, bien que la Constitution mentionne l’exécution d’une condamnation à mort comme une exception abstraite. Les infractions sexuelles reposent sur le consentement libre et volontaire. La force, la peur, la détention, le sommeil ou l’inconscience, l’altération du jugement par l’alcool ou la drogue, l’incompréhension, l’abus d’autorité ou de confiance, les menaces, certaines fausses déclarations et le retrait du consentement peuvent empêcher que celui-ci soit valable. L’absence de résistance physique, à elle seule, ne constitue pas un consentement. Les rapports sexuels avec un enfant de moins de 13 ans ou avec un enfant âgé de 13 à moins de 15 ans dans les circonstances prévues par le Code pénal sont passibles respectivement d’une peine maximale de réclusion à perpétuité ou de 15 ans. Les actes indécents impliquant ces groupes d’âge encourent des peines maximales moins lourdes ; les actes sexuels avec une personne de 15 à moins de 18 ans peuvent également constituer une infraction lorsqu’il existe une relation de confiance. Les abus sexuels répétés nécessitent des actes commis lors d’au moins trois journées distinctes et peuvent être passibles de la réclusion à perpétuité. L’exploitation sexuelle commerciale ou le fait de procurer un enfant sont passibles d’une peine maximale de 20 ans pour un enfant de moins de 15 ans et de 15 ans pour un enfant âgé de 15 à moins de 18 ans. La loi de 2014 sur la protection de la famille érige la violence domestique en infraction pénale. Elle englobe les abus physiques, sexuels, psychologiques ou économiques et les menaces dans certaines relations, notamment familiales, coutumières, de fait, amoureuses, de fiançailles, de responsabilité parentale et de travail domestique. Une infraction de violence domestique ou la violation d’un avis de sécurité de la police ou d’une ordonnance de protection est passible de 30 000 unités de pénalité, de trois ans d’emprisonnement, ou des deux. La police peut délivrer un avis de sécurité lorsqu’il existe des motifs raisonnables, généralement valable 21 jours et prolongeable une fois, exceptionnellement, d’au plus 21 jours supplémentaires. Le tribunal d’instance ou un juge habilité peut délivrer une ordonnance de protection. La police doit notamment enquêter, expliquer les droits, organiser un lieu sûr et faciliter l’accès à des services de conseil, de santé et juridiques. L’adresse de la victime peut rester confidentielle et une indemnisation peut couvrir les blessures, les pertes matérielles ou financières. L’indemnisation coutumière ne constitue pas une défense contre une accusation de violence domestique. La loi sur les drogues dangereuses régit les licences, les drogues interdites, les perquisitions, les saisies et les infractions liées aux drogues. La loi sur le blanchiment d’argent et les produits du crime permet aux autorités de tracer, geler, saisir et confisquer les produits du crime et impose des obligations au secteur financier dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent. Le blanchiment d’argent par une personne physique est passible d’une amende maximale de 500 000 unités de pénalité ou de dix ans d’emprisonnement ; une société encourt jusqu’à 1 000 000 d’unités de pénalité. La peine applicable aux infractions liées aux drogues dépend de l’infraction et de la législation en vigueur. La loi sur les transports routiers couvre la conduite dangereuse ou imprudente, la conduite sans précaution, la conduite sous l’influence d’alcool ou de drogues et le fait d’avoir la charge d’un véhicule sous influence. Causer la mort par une conduite imprudente ou dangereuse est passible de cinq ans. Les peines maximales des autres infractions diffèrent entre la Haute Cour et les tribunaux d’instance ; une suspension ou une mention sur le permis peut également être prononcée. L’âge minimum de conduite est de 16 ans pour les motocyclettes, 17 ans pour les voitures particulières et les véhicules utilitaires légers, 21 ans pour les véhicules de transport public ou 18 ans avec un consentement écrit, et 18 ans pour les autres véhicules. La loi est en cours d’examen législatif en 2026 ; il faut donc vérifier les modifications en vigueur avant de se fier à une peine ou une règle d’âge particulière. Les documents disponibles ne permettent pas d’établir l’existence d’une loi autonome sur la cybercriminalité. Les infractions prévues par la loi sur les télécommunications et le Code pénal, ainsi que les règles de procédure pénale, forment un cadre fragmenté couvrant notamment l’interception illicite, la détérioration ou la modification de données de télécommunication, la divulgation de messages, l’entrave aux communications, les messages frauduleux et l’utilisation abusive d’appareils ou de mots de passe. Les règles de procédure pénale peuvent permettre la recherche et la saisie de preuves électroniques. Une politique nationale de cybersécurité a été publiée le 20 août 2024 et des projets de réglementation sur la cybercriminalité et de réforme législative ont été signalés, mais aucun CERT ou CSIRT national officiellement établi n’est attesté ici. Un enfant de moins de 14 ans est un enfant aux fins de la justice des mineurs ; un jeune est âgé de 14 à moins de 18 ans. Pour un enfant de moins de 14 ans, l’accusation doit prouver qu’il savait que son acte était gravement répréhensible et passible d’une peine. Les décisions du procureur peuvent tenir compte de l’âge, de la maturité, des capacités mentales, de la situation familiale, des antécédents, des solutions de remplacement disponibles et du préjudice causé par les poursuites. Les affaires concernant des jeunes se déroulent généralement à huis clos ; les mineurs sont séparés des adultes durant la détention et le transport, leur identification dans les médias est interdite et un rapport d’enquête sociale peut être établi. Des mesures de dispense légale et de probation existent, mais leur mise en œuvre pratique varie selon les ressources et les provinces. La justice des mineurs formelle coexiste donc avec un accès inégal aux mesures de déjudiciarisation et au soutien. L’autorité pénitentiaire, Correctional Services Solomon Islands, ou CSSI, gère la détention, les droits des détenus, les évaluations médicales et sociales, la réadaptation, le travail, la formation et la réinsertion. Les tribunaux peuvent cumuler les peines de prison et les amendes, et ordonner le paiement de frais, de dépenses, d’indemnités ou de restitutions, ou la restitution de biens. Une peine supérieure à un mois peut généralement bénéficier d’une remise initiale d’un tiers, sauf pour la réclusion à perpétuité et la détention à la volonté de Sa Majesté, sous réserve des règles applicables. Une remise pour bonne conduite peut être retirée. La Commission des libérations conditionnelles peut recommander au ministre compétent une libération sous licence, y compris pour une peine à perpétuité ; la loi prévoit également un soutien après la libération. L’ODPP considère comme victime une personne directement lésée par l’infraction ou, dans les situations couvertes par sa politique, un membre proche de sa famille ou une personne à sa charge. Les victimes doivent bénéficier autant que possible de la protection de leur vie privée et être traitées avec courtoisie, compassion et respect. Les procureurs expliquent la procédure judiciaire et tiennent compte de leur point de vue, sans que celui-ci décide de la poursuite. Une déclaration de la victime sur les conséquences de l’infraction peut être présentée avant le prononcé de la peine ; des dispositions particulières peuvent s’appliquer aux témoins vulnérables. Les voies de soutien comprennent Safe Net au 132, Seif Ples, le Family Support Centre, le Christian Care Centre, les services de protection sociale et les unités de la RSIPF chargées des violences familiales ou sexuelles. La réconciliation religieuse, coutumière et communautaire peut avoir une importance pratique dans certaines communautés, mais elle ne remplace pas automatiquement les poursuites pénales formelles. Des recours familiaux ou civils peuvent accompagner une affaire pénale lorsque la loi sur la protection de la famille prévoit une protection ou une indemnisation ; ils ne changent pas la qualification pénale des faits. Le point de départ pratique le plus direct consiste à signaler l’infraction présumée à la RSIPF, à demander l’aide juridique du PSO si vous y êtes admissible et à conserver les documents, messages, dossiers médicaux, coordonnées des témoins et autres preuves sans confronter un suspect ni entraver l’enquête.
Droit pénal aux Îles Salomon
Le droit pénal des Îles Salomon définit les infractions, les enquêtes, les procédures judiciaires, les peines et les protections accordées aux personnes accusées et aux victimes d’infractions. La Constitution est la loi suprême ; le Code pénal et d’autres lois régissent les infractions relatives à la violence, aux actes sexuels, aux biens, aux drogues, aux routes, au blanchiment d’argent et aux communications. Le système est national, mais l’accès à la police, aux tribunaux, aux procureurs et à l’assistance juridique varie entre Honiara et les provinces.
Conseil
Traitez une affaire pénale aux Îles Salomon comme une question de sécurité, de preuves et de droits juridiques à la fois. Signalez les dangers immédiats à la RSIPF au 999, préservez les preuves et demandez l’aide du Public Solicitor si vous y êtes admissible. Ne supposez pas que la réconciliation coutumière ou communautaire remplace les poursuites formelles ; vérifiez le droit en vigueur avant de vous fier à une peine ou à une règle routière.

