En chichewa, bwenzi signifie « ami » et ubwenzi signifie « amitié ». Chibwenzi désigne couramment un partenaire amoureux ou une relation amoureuse, et relève donc d’une autre catégorie de relations. L’amitié peut naître à l’école ou à la madrassa, dans un groupe d’église ou de mosquée, un quartier, le travail agricole ou le ganyu, un marché, des funérailles ou un mariage, une réunion de village, le football et d’autres sports, le théâtre, la musique, la danse ou un club de jeunes. Des activités partagées de manière répétée peuvent créer de la confiance, de la compagnie et un soutien émotionnel. Les amitiés s’entretiennent par des visites, des conversations, des études en commun, de l’aide aux devoirs ou aux tâches ménagères, des activités génératrices de revenus, le partage de la foi ou de loisirs, et l’usage du téléphone ou des réseaux sociaux. Les amis peuvent apporter compassion, encouragement, informations, aide scolaire, conseils sur la santé ou le VIH, et assistance en temps de crise. La réciprocité est souvent une attente sociale, mais elle ne crée aucune obligation exécutoire de rester en contact, de prêter de l’argent, d’héberger quelqu’un ou d’apporter des soins en cas de crise. Une petite étude qualitative menée auprès de jeunes ruraux et de personnes qui s’occupent d’eux a constaté que les jeunes scolarisés citaient une médiane de trois pairs et les jeunes non scolarisés une médiane de deux. L’étude portait sur 32 jeunes et personnes qui s’occupent d’eux ; elle ne permet pas d’établir les tendances nationales de l’amitié. Elle a aussi observé, dans les zones rurales étudiées, des réseaux de pairs plus restreints et une participation moindre des filles, associée à davantage d’isolement. La pauvreté, le travail et les tâches domestiques peuvent limiter la participation de nombreuses personnes. Au Malawi, l’amitié n’entraîne aucun contrat officiel, enregistrement, procédure de dissolution, droit successoral, rôle de garde ni statut automatique de proche à contacter. Les articles 21, 32, 34 et 38 de la Constitution protègent la vie privée, la liberté d’association, l’opinion et les rassemblements pacifiques, mais ne créent pas de droit propre à l’amitié. Un ami ne devient pas automatiquement un partenaire amoureux, un partenaire de cohabitation, une personne à charge ou un conseiller tenu au secret. Le mariage et les obligations familiales relèvent de règles distinctes. Plusieurs structures locales peuvent offrir des contacts réguliers entre pairs ou un soutien pratique sans gérer les amitiés. Le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture et les agents de district chargés de la jeunesse soutiennent les politiques de jeunesse, les organisations dirigées par des jeunes, le sport, la culture, les loisirs et les clubs de jeunes. Les écoles, les enseignants et les conseils d’élèves peuvent faciliter les relations entre pairs, les échanges sur le harcèlement et l’orientation vers des services. Les organismes religieux, les groupes de madrassa, les comités de développement villageois et les groupes sportifs ou culturels peuvent créer des contacts réguliers. Les espaces pour enfants (Children’s Corners) offrent aux enfants de 6 à 18 ans des lieux sûrs au sein de la communauté, un soutien psychosocial, des compétences de vie et des activités sur les droits. Les Teen Clubs fournissent des réseaux de pairs et des espaces sûrs aux adolescents vivant avec le VIH là où un programme existe, souvent avec des agents de santé ou travailleurs sociaux formés. L’accès varie selon l’âge, le lieu, la disponibilité d’une école ou d’un programme, l’appartenance religieuse ou communautaire, le genre, le handicap, la pauvreté et la sécurité ; aucun service général ne met les personnes en relation pour créer une amitié. L’amitié elle-même n’a ni frais ni calendrier standard, mais la participation peut nécessiter du crédit téléphonique, des données, un appareil, du transport, des vêtements, une contribution scolaire ou aux activités, et du temps pris sur le travail ou les tâches domestiques. Le téléphone permet de garder le contact entre villages, districts ou personnes en migration, mais l’inégalité d’accès au réseau, aux appareils et à Internet limite sa portée. Les amitiés numériques exposent aussi à des risques liés à la vie privée, à l’usurpation d’identité, au harcèlement et au partage non désiré d’images ou de données personnelles. Le harcèlement, la mise à l’écart, la stigmatisation, la pression des pairs, l’influence liée à la consommation de substances, les normes préjudiciables en matière de violence sexuelle ou fondée sur le genre et les pressions en faveur du mariage d’enfants peuvent nuire à une amitié ou à un groupe. Un ami de confiance, un enseignant, un animateur jeunesse, un responsable religieux ou communautaire peut aider à résoudre un désaccord si tout le monde est en sécurité. Les menaces, abus, exploitation ou coercition exigent une orientation vers les services de protection de l’enfance, de santé, de soutien psychosocial ou de justice, et non une réconciliation imposée. La Commission des droits humains du Malawi et les services de justice ordinaires traitent les violations des droits, mais pas les déceptions ordinaires ni la fin d’une amitié. Une amitié peut prendre fin en raison de la distance, d’une migration, d’un conflit, de rumeurs, de limites qui changent, de la séparation d’un groupe ou d’une diminution des contacts. Le Malawi n’a ni divorce d’amitié, ni formulaire de préavis, ni procédure de départ obligatoire ; la fin d’une amitié ne transfère automatiquement ni dettes, ni biens, ni obligations d’entretien. Chacun peut réduire les contacts ou quitter un groupe tout en préservant sa vie privée et sa sécurité ; les preuves de menaces, d’exploitation ou d’abus doivent être conservées pour une orientation appropriée.
L’amitié au Malawi
Au Malawi, l’amitié est une relation personnelle non romantique, librement choisie et fondée sur des contacts réguliers, la confiance et le soutien mutuel. Les amitiés se nouent souvent à l’école, dans des groupes religieux, des quartiers, des activités agricoles ou génératrices de revenus, le sport, des événements culturels, des réunions communautaires et des échanges par téléphone. Le Malawi n’a ni enregistrement officiel de l’amitié ni service public chargé d’attribuer, d’entretenir ou de mettre fin à une amitié.
Conseil
Choisissez des amitiés et des groupes qui offrent des contacts réguliers, une confiance réciproque et un soutien réaliste pour votre situation. Gardez la participation volontaire, fixez des limites claires et traitez les menaces, abus ou actes de coercition comme des problèmes de sécurité plutôt que comme de simples conflits entre amis.

