L’emploi occupe une place majeure dans l’économie liechtensteinoise : 43 441 personnes y travaillaient en 2024 et 57 % des travailleurs faisaient la navette depuis l’étranger, principalement depuis la Suisse et l’Autriche. Le statut du travailleur influe donc sur les modalités pratiques d’accès à l’emploi, de séjour, de fiscalité et d’assurance. Les principaux organismes concernés comprennent l’Amt für Volkswirtschaft (AVW), AMS FL, le Migrations- und Passamt, AHV-IV-FAK, l’Amt für Gesundheit, la Steuerverwaltung, les tribunaux, LANV et ZPK. Avant de commencer à travailler, il faut généralement disposer d’une offre ou d’un contrat et, le cas échéant, vérifier que la profession peut être exercée. Pour une profession réglementée, la qualification correspondante doit être reconnue avant le début de l’activité. L’autorité compétente dépend de la profession. Parmi les professions énumérées, la carte professionnelle européenne, ou EPC, est disponible uniquement pour les pharmaciens, les guides de montagne, les agents immobiliers, les professionnels des soins infirmiers et les physiothérapeutes. L’EPC ne confère pas à elle seule le droit d’exercer. Une mesure d’aptitude, une preuve de compétences en allemand ou des documents professionnels supplémentaires peuvent rester nécessaires. Certains secteurs réglementés exigent des documents en allemand et peuvent imposer des pièces justificatives propres à la profession. Les modalités de séjour et de travail diffèrent selon la nationalité et le lieu de résidence quotidien. Lorsqu’un dossier complet de permis de séjour est déposé, une décision est généralement rendue sous environ quatre semaines pour les ressortissants de l’EEE ou de la Suisse et sous environ trois mois pour les ressortissants d’un pays tiers. Un permis de séjour B est destiné à un séjour de plus de douze mois. Pour les ressortissants de pays tiers, il est en règle générale réservé aux cadres, aux spécialistes et aux autres personnes qualifiées titulaires d’un apprentissage ou d’une expérience professionnelle approfondie. Après une décision favorable, le permis B pour un ressortissant d’un pays tiers coûte CHF 1 060 ; après une décision négative, les frais sont de CHF 80. Un permis L peut être valable au maximum douze mois et la demande doit normalement être déposée au moins 14 jours avant le début du travail. Les ressortissants de l’EEE qui travaillent au Liechtenstein mais vivent ailleurs peuvent relever du régime EEE des travailleurs frontaliers. Ils travaillent pour un employeur liechtensteinois, rentrent chez eux chaque jour et déclarent leur emploi dans les dix jours suivant le début du travail. Dans les soins ou l’hôtellerie, les personnes travaillant en horaires coupés peuvent toutefois rentrer chez elles au moins une fois par semaine. Les travailleurs frontaliers de pays tiers doivent en règle générale déposer leur demande au moins 14 jours avant de commencer et ne peuvent travailler qu’après la délivrance du permis. Les ressortissants de l’EEE peuvent aussi tenter d’obtenir l’un des 28 permis de travail attribués chaque année par deux tirages au sort. Le tirage préliminaire coûte CHF 100 et le tirage final CHF 500 ; les ressortissants suisses et britanniques ne peuvent pas participer. Un permis libéré après un départ, un départ à la retraite ou un décès peut être attribué en remplacement ; la demande doit alors être déposée dans les six mois. Le contrat de travail est un accord individuel régi par les dispositions du Liechtenstein relatives au travail dans l’Allgemeines Bürgerliches Gesetzbuch (ABGB). La loi n’impose généralement pas de forme particulière, mais un document écrit permet d’établir clairement l’identité de l’employeur, les tâches, la date de début, le salaire, le temps de travail et les modalités de fin du contrat. Le salaire est fixé par accord, selon les usages locaux ou sectoriels, ou par un contrat-type de travail contraignant (Normalarbeitsvertrag, NAV) ou une convention collective de travail (Gesamtarbeitsvertrag, GAV). Le Liechtenstein n’a pas de salaire minimum légal général. Des minima existent dans les secteurs couverts par une GAV déclarée de force obligatoire générale. L’employeur remet un bulletin de salaire écrit et paie généralement le salaire en fin de mois. Un travail égal ou équivalent ne peut être rémunéré différemment en raison du sexe. Les travailleurs à temps partiel ou sous contrat à durée déterminée ne peuvent être désavantagés sans motif objectif. Les heures supplémentaires donnent lieu à un congé équivalent ou à une majoration d’au moins 25 %, sauf disposition plus favorable. La durée maximale hebdomadaire est de 45 heures dans l’industrie, les bureaux, les activités techniques et le grand commerce de détail, et de 48 heures dans les autres secteurs. Pour les jeunes travailleurs, la limite est de 40 heures. La période quotidienne de travail, pauses et heures supplémentaires comprises, ne peut dépasser 13 heures. Le travail de nuit et du dimanche est généralement interdit, sauf dérogation ou autorisation. Le repos hebdomadaire est d’un jour et demi. Les congés annuels sont d’au moins quatre semaines par an et de cinq semaines jusqu’à la fin de l’année où le travailleur atteint 20 ans. Après une relation de travail de plus de trois mois, un travailleur au cours de sa première année de service bénéficie généralement de trois semaines de maintien du salaire en cas de maladie. Dans les conditions indiquées, les prestations d’assurance couvrent au moins quatre cinquièmes du salaire. Un congé parental de quatre mois est disponible après plus d’un an d’emploi, à condition de donner un préavis d’au moins trois mois. L’employeur évalue les risques professionnels. Le salarié suit les instructions licites, utilise l’équipement de protection individuelle requis et signale les défauts ou les dangers. Pour 2026, les cotisations sociales des salariés et des employeurs sont calculées séparément. La part salariale est de 4,025 % pour l’AHV, l’assurance vieillesse et survivants, de 0,675 % pour l’IV, l’assurance invalidité, et de 0,200 % pour la FAK, les allocations familiales, soit un total de 4,900 %. La part patronale est de 4,225 % pour l’AHV, 0,675 % pour l’IV et 1,900 % pour la FAK, soit un total de 7,385 % ; ensemble, les cotisations atteignent 12,285 %. L’assurance chômage est prélevée à hauteur de 0,5 % pour chaque partie jusqu’à une part salariale de CHF 126 000. L’assurance maladie devient obligatoire au début de l’emploi. En 2026, la contribution patronale s’élève à CHF 180,50 pour les adultes et CHF 90,25 pour les jeunes, au prorata en cas de travail à temps partiel. L’assurance accidents est obligatoire. Un salarié travaillant moins de huit heures par semaine n’est couvert que pour les accidents professionnels ; les autres bénéficient également d’une couverture contre les accidents non professionnels. L’assurance accidents maintient la couverture pendant 31 jours après la fin de l’emploi. Un contrat à durée déterminée prend fin à la date convenue sans préavis. La période d’essai normale est d’un mois, avec un préavis de sept jours prenant fin à la fin d’une semaine de travail. Après l’essai, le préavis est d’un mois pendant la première année de service, de deux mois de la deuxième à la neuvième année et de trois mois ensuite ; ces préavis prennent fin à la fin d’un mois. L’employeur ne peut donner congé pendant une maladie ou un accident pendant 30, 90 ou 180 jours selon l’ancienneté, ni pendant la grossesse et les 16 semaines suivant l’accouchement. Une résiliation immédiate exige un motif grave. Les litiges relevant du droit privé du travail sont traités par les tribunaux ordinaires. Un licenciement collectif concerne au moins 20 relations de travail sur une période de 90 jours. L’employeur consulte les représentants du personnel ou les salariés ainsi que l’AVW ; les licenciements prennent effet au plus tôt 30 jours après la notification. Le passage d’un emploi avec résidence sur place à un emploi frontalier, ou un changement de nationalité ou de statut de permis, peut modifier les conséquences en matière d’assurance et de permis. Il convient donc de vérifier le statut concerné auprès de l’autorité compétente avant que le changement prenne effet.
Emploi salarié au Liechtenstein
L’emploi salarié au Liechtenstein, appelé localement unselbständige Erwerbstätigkeit, est un travail rémunéré effectué sous la direction d’un employeur. L’accès dépend des qualifications, du statut de résident ou de travailleur frontalier et, dans certains cas, d’un permis de travail. La relation de travail couvre le contrat, le salaire, le temps de travail, les congés, l’assurance et les cotisations sociales ; elle prend fin à l’échéance, après un préavis ou pour un autre motif reconnu par la loi.
Conseil
Choisissez votre modalité d’emploi en vérifiant la nationalité, le lieu de résidence, les retours quotidiens et la réglementation éventuelle de la profession. Obtenez la reconnaissance ou le permis requis avant la date de début envisagée, puis vérifiez par écrit le salaire, le temps de travail, l’assurance et les modalités de résiliation au lieu de vous fier à une offre verbale. Gardez la preuve des délais, des cotisations et des changements de statut, car le passage d’un emploi avec résidence à un emploi frontalier peut modifier vos obligations et votre couverture.

