La Guinée dispose d’un système de droit civil formel et codifié, principalement fondé sur le Code civil L/2019/035/AN, qui compte 1 635 articles répartis en cinq livres. Ceux-ci traitent des personnes et de l’état civil, des régimes matrimoniaux et des successions, des droits réels, des obligations, ainsi que des contrats et actes juridiques connexes. Le Code de procédure civile, économique et administrative D/98/100/PRG/SGG établit les règles de procédure dans 1 310 articles. Le Code foncier et domanial O/92/019 régit les questions foncières et immobilières, tandis que la loi sur l’état civil L/2023/020/CNT encadre l’enregistrement de l’état civil. Les registres d’état civil documentent les naissances, les mariages et les décès par l’intermédiaire de centres principaux et secondaires. L’officier de l’état civil, généralement le maire ou son représentant, effectue l’enregistrement ; à l’étranger, cette tâche revient aux agents diplomatiques ou consulaires. Le procureur peut superviser les registres. Une rectification peut être demandée au président du Tribunal de première instance ou au procureur, et le président de ce tribunal peut délivrer un certificat de nationalité. La majorité légale est fixée à 18 ans. La tutelle, la curatelle et la sauvegarde de justice offrent des formes différentes de protection aux adultes qui ne peuvent gérer leurs affaires, selon les exigences légales et les preuves applicables. Un contrat crée des obligations, c’est-à-dire le devoir de donner, de faire ou de ne pas faire quelque chose. Une vente peut être verbale, sous seing privé ou authentique, selon la transaction et les exigences de preuve applicables. Les litiges peuvent concerner la livraison, le transfert de propriété, le paiement, les preuves, la mise en demeure et les conséquences de l’inexécution. Les questions commerciales peuvent relever des règles de l’OHADA ou d’une section commerciale ; la qualification du litige peut donc influer sur l’organisme compétent et la procédure. Le droit des biens porte sur la propriété, les fruits, les servitudes et l’usufruit. La propriété peut résulter d’une succession, d’une donation ou d’un testament, d’une obligation, de l’accession ou de la prescription. Pour les terrains, le cadre officiel repose sur le plan foncier, l’immatriculation, le Livre foncier et l’inscription des droits réels. Les actes notariés et la publicité au registre foncier sont essentiels en pratique, mais leur mise en œuvre peut varier d’une commune ou d’un bureau foncier à l’autre. Les commissions foncières peuvent également jouer un rôle. L’expropriation pour cause d’utilité publique ouvre droit à une juste indemnisation préalable conformément aux règles applicables. Le mariage est un acte civil public. L’âge minimum est de 18 ans, bien qu’une dispense puisse être accordée pour un motif grave. Le régime matrimonial relève généralement de la communauté de biens ou de la séparation de biens. Le divorce peut être fondé sur le consentement mutuel, la rupture de la vie commune ou une faute. Le juge aux affaires familiales traite les questions pertinentes de droit de la famille, notamment la séparation, l’autorité parentale, la garde, l’entretien et les pensions alimentaires. La filiation établie conformément à la loi crée des droits et devoirs égaux pour l’enfant. L’adoption relève également du droit civil. La succession s’ouvre au décès d’une personne, généralement au dernier domicile du défunt. Les héritiers légaux reçoivent les biens, droits et actions en justice du défunt, ainsi que les dettes successorales, sous réserve des règles applicables aux successions. En l’absence d’héritiers, la succession revient à l’État. Les donations, testaments, liquidations et partages de succession peuvent nécessiter des actes notariés, tandis que les litiges relèvent du Tribunal de première instance. Les conflits familiaux et fonciers rendent les procédures successorales particulièrement importantes en pratique. La responsabilité civile peut découler d’un contrat ou d’un comportement extérieur au contrat. Les règles peuvent porter sur le fait personnel, les choses, les animaux, les bâtiments et les actes d’autrui, notamment la responsabilité impliquant les parents, tuteurs ou employeurs. La force majeure, le comportement d’un tiers ou la faute de la victime peuvent exclure ou réduire la responsabilité si les conditions légales sont réunies. L’indemnisation peut couvrir le préjudice prouvé, et le cadre juridique reconnaît également la responsabilité du fait des produits et le préjudice écologique. Une action civile ouvre une instance devant le tribunal compétent. Le demandeur doit identifier la compétence matérielle et territoriale appropriée et présenter des documents recevables ainsi que d’autres preuves. La saisine se fait généralement par assignation ; une requête est utilisée lorsque la loi l’autorise. Le tribunal peut favoriser la conciliation. Une urgence peut conduire à une procédure de référé ou à une ordonnance sur requête, et un juge de la mise en état peut organiser la préparation du dossier. La voie ordinaire passe par le Tribunal de première instance, puis la chambre civile et administrative de la Cour d’appel, et enfin la Cour suprême pour un contrôle de droit, plutôt qu’un nouvel examen de l’ensemble des faits. Les effets de l’appel, l’exécution provisoire, les délais et les coûts dépendent de l’affaire et du ressort judiciaire ; aucune durée nationale ni aucun coût forfaitaire fiable n’est établi. Un jugement définitif ou un autre titre exécutoire peut être remis à un huissier de justice pour son exécution. Les mesures disponibles comprennent la saisie conservatoire, la saisie de biens mobiliers ou immobiliers, la restitution d’un bien, la vente judiciaire et la répartition du produit de la vente. Une astreinte peut inciter une partie à s’exécuter. Les actes d’exécution ont généralement lieu entre 6 h et 21 h, à l’exclusion des dimanches et jours fériés, sauf autorisation spéciale. Un jugement ou acte étranger doit d’abord satisfaire aux conditions de son exécution en droit guinéen. La loi L/2022/012/CNT prévoit une aide juridictionnelle pour les personnes qui ne peuvent assumer les frais de procédure. Une demande peut être déposée avant, pendant ou après une instance, y compris pendant l’exécution. Les personnes admissibles comprennent les citoyens guinéens, les étrangers bénéficiant de la réciprocité, les mineurs sans condition de réciprocité, les réfugiés et les apatrides. Le demandeur doit normalement prouver que ses ressources sont inférieures au SMIG annuel ou faire l’objet d’une enquête sociale. L’aide peut être totale ou partielle et couvrir un avocat ainsi que les officiers publics ou ministériels requis, sous réserve du budget disponible et de tout barème spécial fixé par le ministre de la Justice. Les frais ordinaires de greffe, de signification, de notariat, d’huissier et d’expertise varient ; les frais fonciers relèvent de barèmes distincts dont les montants actuels doivent être vérifiés avant paiement.
Le droit civil en Guinée
En Guinée, le droit civil régit les relations juridiques entre particuliers et organisations, notamment les contrats, les biens, la famille, les successions, la responsabilité et les procédures civiles. Ses principales sources sont le Code civil, le Code de procédure civile, économique et administrative et le Code foncier et domanial. Les litiges civils sont généralement portés d’abord devant un Tribunal de première instance, puis peuvent être examinés par la Cour d’appel et, pour les questions de droit, par la Cour suprême.
Conseil
Traitez le litige, la transaction ou l’affaire familiale comme un problème de documents et de juridiction dès le départ. Identifiez le tribunal ou le professionnel compétent, réunissez les dossiers et preuves pertinents, et vérifiez les pratiques locales avant de vous fier à un délai, à des frais, à une formalité d’immatriculation foncière ou à une mesure d’exécution.

