Au Cameroun, on emprunte auprès des banques, des établissements de microfinance communément appelés EMF, des coopératives de crédit, de la famille et des amis, ainsi que de groupes informels d’épargne et de crédit. Les tontines sont particulièrement répandues dans les régions francophones, tandis que les njangis le sont dans les régions anglophones. Ces groupes peuvent fonctionner comme des associations rotatives d’épargne et de crédit, l’accès et les remboursements étant principalement régis par l’adhésion et les règles internes. Un diagnostic de la Banque mondiale de 2017 relevait que les emprunts auprès de la famille et des amis étaient plus fréquents que ceux auprès des institutions financières, mais ce chiffre historique ne permet pas d’établir la prévalence nationale actuelle. Un prêteur formel évalue normalement l’identité, le revenu, les garanties et d’autres conditions propres au contrat. L’accord doit préciser le principal, les dates de remboursement, les intérêts, les frais et les charges applicables. Le taux effectif global (TEG) et les autres conditions de crédit sont régis par les règles de la CEMAC, notamment le règlement N°04/19/CEMAC/UMAC/CM, et les prêteurs doivent publier leurs conditions. Les bureaux d’information sur le crédit (BIC) peuvent partager des données sur les emprunteurs conformément aux règles de la BEAC relatives au consentement et aux réclamations. Le remboursement couvre normalement le principal, les intérêts et les frais convenus aux échéances contractuelles. Les emprunts informels peuvent être plus rapides ou plus accessibles, mais leur coût, leur calendrier et leur exécution dépendent du groupe ou de la relation. Ils n’offrent généralement pas la même protection des consommateurs qu’un prêteur réglementé. L’emprunteur devrait conserver le contrat ou le registre du groupe, les preuves de paiement, les détails des garanties et les documents relatifs aux sûretés, puis contacter rapidement le créancier en cas de difficulté de remboursement. Un rééchelonnement ou un règlement peut être possible, selon le créancier, le contrat et les circonstances. Dans le cadre examiné, aucune instance nationale publique de conseil en matière d’endettement ni aucune procédure normalisée d’allègement des dettes des ménages n’a été établie au Cameroun. Après un défaut de paiement, un créancier peut engager un recouvrement et, si les exigences juridiques sont satisfaites, une exécution judiciaire. En vertu de l’Acte uniforme OHADA portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution, dit AUPSRVE et en vigueur dans sa version de 2023 depuis le 16 février 2024, les mesures peuvent comprendre une injonction de payer pour une créance certaine, liquide et exigible, une saisie conservatoire, une saisie de fonds, la vente de biens, la saisie des rémunérations et la saisie immobilière. Un huissier de justice et le tribunal national compétent prennent en charge les étapes pertinentes. Les frais, délais et possibilités de contestation ou de règlement varient selon la créance, le contrat et la procédure. Les difficultés d’une entreprise relèvent d’un cadre différent de l’endettement ordinaire des ménages. L’Acte uniforme OHADA portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif, dit AUPC et en vigueur depuis le 24 décembre 2015, concerne les entreprises commerciales, les entrepreneurs et certaines personnes morales de droit privé qui remplissent les conditions. Il prévoit la conciliation, le règlement préventif, le redressement judiciaire et la liquidation des biens ; un syndic ou un mandataire de justice nommé par le tribunal intervient lorsqu’il y a lieu. L’ouverture d’une procédure peut suspendre les poursuites individuelles, mais ces règles ne créent pas de procédure générale d’insolvabilité pour les salariés consommateurs ni d’effacement automatique de toutes les dettes. La dette publique est gérée séparément des emprunts des ménages et des entreprises privées. Le ministère des Finances, la Caisse autonome d’amortissement et le Comité national de la dette publique coordonnent la gestion et les rapports sur la dette publique. Le dernier chiffre extrait pour le service de la dette en 2024 était d’environ 1 378,1 milliards de FCFA, dont 84,2 % de principal et 15,8 % d’intérêts, avec 68,4 % de dette extérieure et 31,6 % de dette intérieure. Ce chiffre est lié à une date et concerne l’État, non les dettes des ménages. Les instruments publics comprennent la dette extérieure multilatérale, bilatérale et commerciale, les titres du Trésor, la dette intérieure structurée et non structurée et les arriérés.
Dettes au Cameroun
L’endettement au Cameroun comprend les crédits bancaires et de microfinance, les emprunts auprès de la famille ou d’amis, les tontines et njangis, les dettes des entreprises et la dette publique. Les prêts formels fixent par contrat les remboursements, les intérêts et les frais, tandis que les groupes informels appliquent leurs propres règles d’adhésion et exercent une pression sociale. Les impayés peuvent entraîner des arriérés, un recouvrement et une exécution judiciaire ; les entreprises en difficulté peuvent recourir aux procédures OHADA de restructuration ou de liquidation.
Conseil
Considérez toute dette au Cameroun comme une obligation contraignante assortie de coûts, d’échéances et de risques propres. Comparez les contrats de crédit formels et les accords informels non seulement selon leur rapidité, mais aussi selon leur vérifiabilité, les protections offertes et les conséquences d’un retard de paiement. Si un paiement devient difficile, contactez rapidement le créancier et rassemblez tous les documents avant que la situation ne s’aggrave.

