Le TrinEC et le TobEC sont des variétés créoles à base lexicale anglaise, surtout utilisées dans la vie quotidienne, familiale et culturelle. Le TrinEC est associé à la Trinité et le TobEC à Tobago. Selon le contexte, les locuteurs peuvent se situer sur un continuum allant de l’anglais standard à des formes plus locales. Des expressions anciennes comme « anglais cassé » ou « anglais corrompu » ont stigmatisé ces variétés ; le programme scolaire reconnaît plutôt le créole et les variétés standard comme des ressources linguistiques. Le patois trinidadien, également appelé kwéyòl ou créole français des Antilles, l’hindoustani trinidadien ou bhojpuri des Caraïbes, le cantonais, le portugais, l’arabe levantin du Nord, le yoruba, l’espagnol et d’autres langues patrimoniales font toujours partie de l’histoire culturelle et de la vie communautaire du pays. Le hakka, le sindhi, le télougou, le tamoul, la langue des signes américaine et des langues autochtones historiques comme le warao, l’arawak et le caribe sont également documentés, mais l’usage quotidien actuel des langues autochtones à grande échelle n’est pas établi. Une étude de l’UWI a estimé le nombre de locuteurs du patois entre 1 000 et 2 000, tandis que de nombreuses langues patrimoniales pourraient être gravement menacées ; elles sont davantage documentées que normalisées par l’État. Les documents gouvernementaux, les portails publics, les écoles, les tribunaux et la plupart des services formels utilisent normalement l’anglais. L’espagnol bénéficie d’un soutien institutionnel formel par le programme du ministère de l’Éducation intitulé Spanish as a First Foreign Language, connu sous le sigle SAFFL, et par le programme Spanish in the Ministries, connu sous le sigle SIS. Depuis la directive du Cabinet de 2004 et le lancement du programme en 2005, le SIS propose des cours ministériels, la formation des enseignants, des services de traduction et un répertoire de prestataires. L’espagnol est également enseigné dans le primaire et le secondaire ; le français, le hindi, le chinois, le japonais, le portugais et l’allemand sont enseignés ou utilisés dans des programmes éducatifs et communautaires. La langue officielle d’enseignement est l’anglais ou l’anglais standard. Les arts du langage anglais et l’espagnol font partie du programme. Une approche d’apprentissage intégré du contenu et de la langue, généralement appelée CLIL, peut associer l’enseignement d’une matière à l’apprentissage linguistique dans les premières années du primaire. Les enseignants sont encouragés à respecter les variétés créoles et les premières langues des élèves comme des ressources d’apprentissage, plutôt qu’à les considérer comme un anglais déficient. Les tribunaux font appel à des interprètes agréés en vertu de l’Interpreters Act, chapitre 6:54. Le système est supervisé par le Chief Justice et le Registrar ; les règlements définissent les langues approuvées, et les interprètes doivent réussir un examen de compétence et renouveler leur licence chaque année. Une partie qui a besoin d’un interprète en fait la demande au Registrar. Les Court Interpreters Rules consolidées disponibles pour 2016 indiquaient un dépôt d’examen de 25 TT$, des frais de licence annuels de 10 TT$ et un dépôt de partie plafonné à 50 TT$ ; il faut vérifier les frais actuels avant de se fier à ces montants. Un avis du ministère du Développement social et des Services à la famille datant de 2021 donnait 150 TT$ de l’heure comme exemple de coût minimal pratique d’interprétation, et non comme tarif universel actuel. La langue des signes de Trinité-et-Tobago (TTSL) permet concrètement la participation des personnes sourdes, mais les sources gouvernementales consultées n’établissent pas de statut général de co-officialité. Le ministère du Développement social et des Services à la famille ainsi que l’UWI ont soutenu la formation en langue des signes du personnel en première ligne. La Tobago House of Assembly et le COSTAATT ont également soutenu un camp de langue des signes, ce qui montre que l’accès peut dépendre d’une institution ou d’un événement particulier plutôt que d’être disponible dans tout le pays. Les langues locales sont présentes dans le calypso ou kaiso, le chutney, le rapso, le Carnaval, la littérature et d’autres formes culturelles. Le calypso utilisait historiquement le patois avant que l’anglais ne devienne dominant. Le parang a des racines créoles françaises, mais il est aujourd’hui largement associé aux spectacles en espagnol. TTT soutient la radiodiffusion et la production locales, même si les recherches disponibles n’établissent aucun quota de diffusion propre à une langue. Les documents de la NALIS consignent des noms de lieux, des rituels et d’autres éléments patrimoniaux. L’anglais est donc la langue la plus utile en pratique pour l’école, le travail, les autorités publiques et les services numériques. L’espagnol a une utilité moyenne, car les institutions en font activement la promotion. La TTSL est très utile à la participation des personnes sourdes, mais sa disponibilité institutionnelle est fragmentée. L’accès aux langues patrimoniales est généralement communautaire ou informel, et aucune règle générale actuelle ne garantit l’accès à tous les services publics dans toutes les langues patrimoniales. Selon le recensement de 2011 du Central Statistical Office, la population de jure était de 1 328 019 habitants, mais le rapport démographique ne fournit pas de tableau sur les langues ou les langues maternelles. Le portail Redatam du CSO permet des requêtes personnalisées, tandis que l’audit linguistique de l’UWI ne portait que sur 196 participants. Ces sources ne permettent pas d’établir le pourcentage national actuel des locuteurs d’une langue donnée.
Les langues à Trinité-et-Tobago
L’anglais est la langue officielle de l’État de Trinité-et-Tobago. L’anglais standard, variété formelle utilisée dans l’administration, le droit, l’éducation et la vie publique, bénéficie de la plus grande autorité officielle. Dans la vie quotidienne, on parle aussi le créole anglais trinidadien (TrinEC) et le créole anglais tobagonien (TobEC), ainsi que l’espagnol, des langues patrimoniales et la langue des signes de Trinité-et-Tobago. Ces langues jouent des rôles différents dans l’administration, l’éducation, la culture, les médias et la participation publique.
Conseil
Utilisez l’anglais standard pour les documents officiels, l’école, le travail, les tribunaux et les services publics numériques, sauf si l’institution confirme qu’une autre langue convient. Le TrinEC, le TobEC, le patois ou une autre langue communautaire peuvent faciliter la compréhension et la participation culturelle ; prévoyez toutefois une version anglaise lorsqu’une autorité formelle ou une trace écrite permanente est nécessaire. Si vous avez besoin d’espagnol ou de TTSL, vérifiez les prestataires et la disponibilité concrète au lieu de supposer que le service existe partout dans le pays.

