Le territoire aujourd’hui appelé Togo n’a pas constitué une unité politique unique tout au long de son histoire. Des sociétés, migrations, réseaux commerciaux et autorités politiques antérieurs occupaient des espaces régionaux changeants qui ne correspondaient pas aux frontières actuelles. Les récits historiques confrontent donc les données archéologiques, l’histoire des langues, les traditions orales, les archives coloniales, les documents constitutionnels et les vestiges matériels. Les récits de fondation et de migration peuvent diverger ; aucun groupe ethnique ne doit être considéré comme une unité historique fermée ou immuable. L’archéologie documente les premiers peuplements et activités techniques. La production de fer à Bassar a commencé au Ve siècle avant notre ère et comprenait une chaîne complète, de l’extraction minière à la réduction et au forgeage. Les scories, fours, mines, ateliers et objets en fer montrent comment cette production alimentait les échanges régionaux ; elle s’est poursuivie jusqu’au milieu du XXe siècle. Les greniers et grottes de Nok, Mamproug, Kouba et Bagou font également partie des données archéologiques. Pour les périodes plus anciennes, la chronologie reste en partie incomplète : les traditions orales, l’archéologie et les données linguistiques doivent donc être étudiées ensemble. Les contacts côtiers avec les commerçants portugais ont commencé au XVe siècle. Porto Seguro et Agbodrafo, ainsi qu’Aného et Glidji, sont devenus des lieux associés au commerce atlantique. Du XVIIe au XIXe siècle, la traite des esclaves a impliqué des échanges, des violences et des acteurs locaux comme étrangers. La Wood Home d’Agbodrafo date de 1835 et une mesure régionale d’abolition a suivi le 27 janvier 1852. Ces lieux et événements sont commémorés par des musées, des actions mémorielles et le site patrimonial d’Agbodrafo, inscrit sur la Liste indicative de l’UNESCO depuis 2002. Un traité de protectorat a été signé à Baguida le 5 juillet 1884 avec Mlapa III. La domination allemande et les accords frontaliers de 1885 à 1912 ont été suivis par l’occupation des forces britanniques et françaises en 1914. Après le traité de Versailles, le territoire a été divisé entre le Togoland britannique et un mandat français. La partie britannique a rejoint la Gold Coast, aujourd’hui le Ghana, en 1956. Le territoire restant, d’environ 56 600 kilomètres carrés, est devenu indépendant le 27 avril 1960 et a rejoint les Nations unies le 20 septembre 1960. L’histoire postérieure à l’indépendance comprend la Première République en 1961, le coup d’État et l’assassinat de Sylvanus Olympio le 13 janvier 1963, la présidence de Nicolas Grunitzky et le coup d’État mené par Gnassingbé Eyadéma le 13 janvier 1967. Le RPT est devenu le parti unique au pouvoir en 1969, puis la Troisième République a été instaurée en 1979 et 1980. Le multipartisme et la démocratisation se sont développés à partir de 1990, notamment avec la Conférence nationale souveraine du 8 au 28 août 1991, puis la Quatrième République et le système multipartite en 1992. La mort d’Eyadéma en 2005 a été suivie d’une crise électorale et de violences. L’Accord politique global de 2006, la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR), chargée des violences politiques de 1958 à 2005, son rapport du 3 avril 2012 assorti de 68 recommandations et la création du Haut-Commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) en 2014 font partie de la réponse institutionnelle aux violences politiques, aux réparations et à la réparation collective. Une modification constitutionnelle en 2024 a établi la Cinquième République et un régime parlementaire. Le 3 mai 2025, Faure Gnassingbé est devenu Président du Conseil et Jean-Lucien Savi de Tové Président de la République ; cette évolution institutionnelle et sa continuité avec les structures politiques antérieures restent contestées. La recherche et la préservation de l’histoire au Togo reposent sur plusieurs institutions, et non sur une seule autorité nationale de l’histoire. L’Université de Lomé, notamment la FSHS et son Département d’histoire et d’archéologie, propose des formations de Licence, Master et Doctorat et mène des recherches sur les périodes antérieures au XVIe siècle, l’archéologie, l’Afrique du VIIe au XVIe siècle, l’histoire coloniale et l’histoire politique. Le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, sa Direction du Patrimoine Culturel, le Musée national du Togo, les musées régionaux d’Aného, Sokodé, Kara et Dapaong, le Journal Officiel et l’UNESCO constituent d’autres cadres institutionnels pour les archives, les collections et la protection du patrimoine. Le Musée national fonctionne depuis 1974 et conserve 1 354 objets, mais la documentation des collections et leur état restent incomplets. Un diagnostic de l’inventaire du patrimoine a été réalisé du 15 au 18 mai 2024. Le Koutammakou est un paysage culturel vivant et transfrontalier associé aux Batammariba, aux maisons takienta ou sikien, aux pratiques rituelles, aux espaces sacrés et au paysage environnant. L’UNESCO l’a inscrit au patrimoine mondial en 2004 et a étendu le site en 2023. Le Togo compte un site du patrimoine mondial et quatre sites sur la Liste indicative, dont Aného-Glidji, les greniers et grottes, la production de fer à Bassar et Fazao-Malfakassa. La protection du patrimoine relève du droit national et des exigences de l’UNESCO ; elle concerne à la fois les objets matériels et les savoirs vivants. Musées, archives, travaux d’histoire orale, sites archéologiques, monuments et institutions mémorielles préservent chacun des éléments différents ; aucune source unique ne fournit un récit complet.
Histoire au Togo
L’histoire du Togo retrace l’évolution des sociétés, des technologies, des systèmes politiques et des relations internationales dans le cadre du territoire actuel. Les connaissances reposent sur l’archéologie, les traditions orales, les archives coloniales, les documents juridiques, les musées et le patrimoine matériel. Elles comprennent la production de fer à Bassar, le commerce côtier et la traite des esclaves, les périodes de domination allemande, puis britannique et française, l’indépendance en 1960, les crises politiques, la démocratisation et les débats actuels sur la mémoire.
Conseil
Commencez par définir une question, une période et un lieu précis au lieu de considérer l’histoire du Togo comme un récit national continu. Reliez chaque affirmation aux sources les plus adaptées, confrontez les sources archéologiques, orales et écrites, et indiquez les interprétations encore contestées. Pour visiter ou préserver un site patrimonial, vérifiez les conditions d’accès et de protection locales : les musées et les sites ne relèvent pas d’un système national unique.

