Le Timor-Leste ne dispose pas d’un service public unique ni d’un registre des tranches d’âge couvrant l’ensemble du parcours de vie. Les responsabilités sont réparties entre le ministère de la Justice et sa Direction nationale de l’état civil et du notariat, le ministère de l’Éducation, le ministère de la Solidarité sociale et de l’Inclusion (MSSI), l’Institut national de sécurité sociale, le ministère de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture, les municipalités, les sucos, les écoles, les employeurs, la police, les tribunaux, les organisations communautaires et les familles. Un suco est une unité administrative locale et communautaire qui peut confirmer une résidence et aider les ménages à accéder aux services publics. Des formes de soutien formelles, non formelles et informelles coexistent ; l’organisme responsable dépend donc de l’âge, du statut juridique, de l’historique professionnel, du lieu de résidence, du handicap et du besoin immédiat de la personne. La population est jeune. Les données nationales disponibles indiquent que 41,8 % des personnes ont moins de 18 ans, 21,6 % ont entre 15 et 24 ans et 32,6 % entre 10 et 24 ans. Environ 71,4 % de la population vit en zone rurale. Ces chiffres font de l’identité à la naissance, de l’accès à l’école, du passage de l’école au travail, de la protection contre la violence et de l’accès pratique hors de Dili des enjeux centraux. Les personnes âgées de 60 ans et plus sont également confrontées à une combinaison particulière d’insécurité de revenu, de handicap et de besoins de soins. Les catégories d’âge ne sont pas uniformes dans la loi et les politiques : l’adolescence peut désigner les 10–19 ans ou les 15–19 ans, les jeunes sont généralement âgés de 15 à 24 ans, et le Code civil fixe la majorité à 17 ans. Une règle sectorielle peut donc prévoir une limite d’âge différente. Le parcours habituel commence par l’enregistrement de la naissance et l’obtention d’un acte de naissance ou d’un autre document d’identité. L’enregistrement est généralement gratuit, mais un enregistrement tardif peut entraîner des frais et des obstacles documentaires supplémentaires. Selon l’année et la source, seuls environ 60,0 % à 89,5 % des enfants de moins de cinq ans auraient été enregistrés ; la couverture historique des actes de naissance est inférieure. L’éloignement rural, les frais de transport, les retards, l’incertitude sur les noms et les différences entre les registres civils et de baptême peuvent retarder l’enregistrement. Le Lisio Book peut contribuer à documenter l’identité ou les informations familiales d’un enfant avant la délivrance d’un acte de naissance officiel, mais il ne dispense pas de régulariser l’état civil. Le développement de la petite enfance et le préscolaire suivent l’étape de l’identité lorsque l’accès est possible. L’enseignement de base est public, universel, obligatoire et gratuit pendant neuf ans. Les enfants entrent généralement à l’Ensino Básico à l’âge de six ans. Une période d’admission particulière, de janvier à mars, peut s’appliquer si des places restent disponibles. Dans le cadre établi pour l’enseignement de base, aucun frais n’est facturé pour l’inscription et la certification ni pour les livres, le matériel pédagogique, le transport, les repas et l’hébergement couverts par la prestation publique concernée. L’obligation scolaire prend fin à la fin de l’année scolaire au cours de laquelle l’enfant atteint 17 ans. Les options suivantes comprennent l’enseignement secondaire, l’enseignement technique et professionnel ainsi que l’éducation récurrente. Les enfants, appelés labarik en tetum, ont droit à un nom et à une identité, à l’éducation et à la protection contre la violence, les abus, la négligence et l’exploitation. La loi de 2023 sur la protection de l’enfance établit un cadre national de protection. Les travailleurs sociaux du MSSI peuvent traiter les dossiers et orienter les personnes vers la Polícia Nacional de Timor-Leste, les tribunaux, les procureurs, les écoles ou les structures communautaires. La protection de l’enfance reste difficile à mesurer, car les violences sont largement sous-déclarées. Selon l’ancienne enquête utilisée pour ces résultats, le travail des enfants concernait environ 12,5 % des enfants de 5 à 17 ans, soit quelque 52 651 enfants. Les enfants handicapés connaissent un écart particulièrement important en matière d’éducation : le taux net de fréquentation déclaré pour les 6–11 ans était de 20,5 %, contre 75,4 % pour les enfants sans handicap ; pour les 15–17 ans, il était de 5,9 %, contre 40,3 %. Le soutien aux jeunes est fragmenté et ne prend pas la forme d’une prestation universelle unique ni d’une institution compétente pour toutes les questions les concernant. Le ministère de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture, le ministère de l’Éducation, le MSSI, le Conseil national de la jeunesse du Timor-Leste, le Parlement national des jeunes, les écoles, les prestataires de formation technique et professionnelle, les organisations de la société civile et les organisations de personnes handicapées contribuent chacun à différents aspects. La politique nationale de la jeunesse de 2016 et le plan d’action national pour la jeunesse 2023–2027 orientent les politiques. L’éducation fondée sur les compétences de vie, souvent abrégée LSBE, développe les connaissances pratiques nécessaires aux décisions personnelles, sociales et civiques. La participation des jeunes, l’éducation, les modes de vie sains, l’emploi et l’employabilité, la prévention de la violence et celle de la criminalité sont des priorités politiques ; l’accès dépend toutefois fortement de la municipalité, de la fréquentation scolaire, du revenu du ménage, du genre et du handicap. Le passage de l’école au travail peut comprendre l’enseignement secondaire, la formation technique et professionnelle, l’éducation récurrente, des programmes de compétences et l’entrée dans un emploi formel ou informel. Le décrochage scolaire, le nombre limité de possibilités de formation, le chômage, le mariage précoce, les grossesses précoces, la consommation de substances, les accidents de la route, la violence et l’accès limité à l’information sur la santé sexuelle et reproductive peuvent interrompre cette transition. Des données plus anciennes indiquent que 19 % des femmes étaient mariées avant 18 ans et que 24 % étaient déjà mères à 20 ans. Les filles et les jeunes handicapés rencontrent des obstacles supplémentaires à la poursuite des études, à la participation et à l’emploi. Le travail et la parentalité relient les étapes de la vie à la sécurité sociale. Le régime contributif, appelé Regime Contributivo, couvre les travailleurs assurés admissibles et non l’ensemble de la population. Les employeurs et les travailleurs ouvrent des droits grâce aux cotisations ; le travail informel peut donc laisser une lacune dans la protection du revenu. Les prestations de maternité, de paternité et d’adoption exigent le statut d’assuré correspondant et généralement au moins six mois de cotisations au cours des douze mois précédents. La demande doit normalement être déposée au plus tard six mois après le début du congé. Les justificatifs peuvent comprendre un acte de naissance ou d’adoption, une déclaration de l’employeur et, lorsque l’acte n’est pas encore disponible, le Lisio Book. Selon les règles du travail recensées pour ce lieu, le congé de maternité est d’au moins 12 semaines ou 84 jours, dont au moins 10 jours après l’accouchement. Le versement de l’INSS peut couvrir jusqu’à 90 jours. Les agents publics ont droit à 65 jours ouvrables, dont 40 après l’accouchement, selon les règles de la fonction publique. Le congé de paternité est de cinq jours ouvrables en vertu du droit du travail et de trois jours ouvrables dans la fonction publique. L’adoption d’un enfant de moins de 15 ans peut donner droit à au moins 12 semaines ou 65 jours ouvrables, selon le régime professionnel applicable. Ces prestations sont liées au revenu et ne sont pas des paiements universels accordés du seul fait d’une naissance ou d’une adoption. Les demandes peuvent être déposées à Dili, dans une municipalité, dans la Região Administrativa Especial de Oe-Cusse Ambeno ou par courriel ; le traitement en ligne est encore en développement. Le MSSI administre également des aides liées à la famille qui comptent lors du passage à la parentalité, sans que cet aperçu des étapes de la vie devienne un guide général de politique familiale. Bolsa da Mãe et Bolsa da Mãe–Jerasaun Foun sont des programmes d’aide conditionnelle destinés aux ménages vulnérables ayant des enfants. Les conditions recensées comprennent la fréquentation de l’enseignement de base et l’accès aux services de santé primaires. Les montants, la couverture et les conditions détaillées peuvent changer par voie législative ou selon les décisions du programme ; aucune prestation universelle pour enfant, déclenchée automatiquement par sa naissance, n’est établie. La présence administrative locale influe sur la possibilité pour un ménage de déposer une demande et de respecter les conditions requises. Le grand âge associe soutien au revenu, parcours professionnel et besoins de soins. La pension non contributive Pensão Social de Velhice est généralement accessible aux citoyens timorais de 60 ans ou plus vivant au Timor-Leste et n’ayant pas cotisé ou ayant cotisé insuffisamment, sous réserve des règles applicables. Les montants mensuels recensés sont de 60 USD de 60 à 69 ans, 80 USD de 70 à 79 ans et 100 USD à partir de 80 ans, versés douze fois par an. Aucun délai maximal de dépôt n’est indiqué, et le versement commence le mois où une demande complète est reçue. Un certificat de résidence délivré par le suco fait partie des justificatifs habituels. La demande peut être déposée à Dili, dans les municipalités, dans la Região Administrativa Especial de Oe-Cusse Ambeno ou par courriel ; l’accès en ligne est en cours de développement. La pension de vieillesse non contributive ne peut normalement pas être cumulée avec un emploi ou une autre prestation permanente en espèces. De fausses informations, une résidence hors du Timor-Leste, la reprise d’un emploi ou le non-respect d’une obligation exigée pendant plus de 120 jours peuvent interrompre le versement. La pension de vieillesse contributive suit d’autres règles. Elle dépend du Regime Contributivo, de l’historique des cotisations et du délai d’attente applicable ; les règles de transition et d’intégration de 2026 recensées dans cette recherche font état d’au moins 84 mois. Elle donne lieu à treize versements par an. Le travail est généralement compatible avec la pension contributive, même si un emploi dans le secteur public peut suspendre le versement. Il n’existe pas de système national de soins de longue durée équivalent à un régime public complet d’assurance dépendance. Une incapacité permanente de travail peut ouvrir droit à une pension d’invalidité après l’évaluation requise. La pension d’invalidité non contributive Pensão Social de Invalidez s’adresse, selon les règles applicables, aux citoyens nationaux vivant au Timor-Leste atteints d’une incapacité absolue permanente et verse 60 USD par mois, douze fois par an. Elle peut prendre fin lorsque le bénéficiaire atteint 60 ans, reprend le travail, change de résidence ou ne remplit plus la condition d’incapacité ; elle ne se cumule normalement pas avec un emploi. Une aide contributive en cas d’invalidité peut couvrir une incapacité partielle ou absolue lorsque les conditions de cotisation et d’évaluation sont remplies. La plupart des soins quotidiens aux personnes âgées et aux personnes handicapées restent assurés par les familles élargies et les communautés. Les services publics et non gouvernementaux de soins à domicile et de solidarité sociale sont limités ; selon les informations disponibles, aucun réseau national de structures résidentielles ni aucune orientation nationale sur la formation gériatrique n’a été établi. Le MSSI, les services de santé et communautaires, les organisations de personnes handicapées et les ONG peuvent apporter une aide, mais sa disponibilité varie fortement selon le lieu. Les données sur le handicap sont probablement incomplètes : le recensement de 2022 a dénombré 17 061 personnes handicapées, soit 1,6 % de la population, ce qui pourrait sous-estimer les besoins réels. Les transitions de la vie comprennent aussi le handicap, l’adoption, le décès, la migration, la perte d’emploi et les changements de résidence. Un acte de naissance, un dossier scolaire, une déclaration d’employeur, un historique de cotisations, une évaluation médicale ou une attestation de résidence du suco peut déterminer l’accès à un service ultérieur. L’admissibilité dépend souvent de la nationalité, de la résidence, des cotisations, de l’âge, de la vulnérabilité du ménage ou d’une évaluation de l’incapacité. Il ne faut pas présumer que le bénéfice d’une prestation ouvre automatiquement droit à une autre. Les crises peuvent interrompre plusieurs transitions simultanément. Les actes de violence, d’abus, de négligence ou d’exploitation visant des enfants peuvent être signalés aux travailleurs sociaux du MSSI, qui peuvent orienter les personnes vers la police, les procureurs, les tribunaux, les écoles ou des structures communautaires. Les inondations, sécheresses, glissements de terrain, chaleurs extrêmes et tempêtes peuvent perturber l’éducation, l’alimentation, l’eau, le logement, la protection et les revenus des ménages. En 2025, le programme Climate Action for the Last Mile couvrait Dili, Lautém et Viqueque et a touché plus de 30 000 enfants et membres de leur famille, mais la protection sociale adaptée aux chocs reste incomplète. Aucun service de crise national confirmé accessible par un seul numéro ou guichet, aucun paiement de crise universel fixe ni aucun délai unique applicable à tous les événements n’a été établi. La réponse disponible dépend de l’accès local, du type d’urgence et de l’institution responsable.
Les étapes de la vie au Timor-Leste
Au Timor-Leste, les étapes de la vie vont de l’enregistrement de la naissance et de l’apprentissage précoce à la scolarité, la participation des jeunes, le travail, la parentalité et le grand âge. Le soutien relève de différentes autorités publiques, municipalités, sucos, écoles, employeurs, groupes communautaires et familles, et non d’un service national unique couvrant toutes les étapes. Les règles d’âge varient selon le secteur : la majorité légale au sens du Code civil est fixée à 17 ans, les jeunes sont généralement définis comme ayant de 15 à 24 ans, et l’accès à la pension de vieillesse commence généralement à 60 ans. L’éloignement rural, la pauvreté, le handicap, un enregistrement incomplet et les chocs climatiques peuvent modifier l’accès à chaque transition.
Conseil
Au Timor-Leste, considérez chaque transition de la vie comme une succession de documents, d’institutions responsables et de conditions d’admissibilité. Obtenez d’abord les justificatifs d’identité et de résidence, puis faites correspondre l’éducation, le travail, le soutien parental, la pension ou les soins à l’âge, au lieu de résidence, à l’historique des cotisations et aux besoins de la personne. Ne supposez pas qu’un enregistrement, une prestation ou un bureau public couvre automatiquement l’étape suivante.

