Le cadre central est le Code Général des Impôts, complété par les lois de finances annuelles. Le Tchad utilise le franc CFA d’Afrique centrale (XAF) ; le français et l’arabe sont les langues officielles utilisées dans l’administration publique. Les impôts intérieurs sont administrés par la DGI ; la DGDDI gère les douanes et les droits indirects. Les autorités municipales administrent aussi l’impôt foncier et la taxe d’habitation, dont les taux peuvent différer entre N’Djamena et les autres régions. Une personne physique peut être considérée comme résidente fiscale si elle dispose d’un foyer au Tchad pendant au moins un an, y séjourne plus de 183 jours ou y a le centre de ses intérêts économiques. Les résidents déclarent généralement leurs revenus mondiaux, tandis que les non-résidents sont généralement imposés sur leurs revenus de source tchadienne. Les revenus d’emploi sont assujettis à l’IRPP, l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Le barème publié est de 0 % jusqu’à XAF 800 000, 10,5 % de XAF 800 001 à 6 000 000, 15 % de XAF 6 000 001 à 7 500 000, 20 % de XAF 7 500 001 à 9 000 000, 25 % de XAF 9 000 001 à 12 000 000 et 30 % au-delà de XAF 12 000 000. Ces tranches s’appliquent après les déductions pertinentes. Les employeurs retiennent l’IRPP sur les salaires chaque mois, et les particuliers déposent généralement une déclaration annuelle de revenus. Les couples mariés déclarent généralement conjointement ; un paiement complémentaire peut être dû si la retenue sur salaire ne couvre pas l’impôt final. Les autres revenus des particuliers suivent des règles distinctes. Les plus-values sont généralement imposées à 20 %. Les revenus locatifs sont généralement imposés à 15 % pour les résidents et à 20 % pour les non-résidents. La retenue sur les dividendes peut être de 5 %, 10 % ou 20 %, selon le paiement et la règle applicable. Les intérêts sur créances ou dépôts peuvent être soumis à une retenue de 5 % ou de 25 %. Il faut classer un paiement avant de le verser, car le taux peut dépendre de la résidence, du type de revenu et de l’application d’une règle spéciale. Les entreprises relèvent généralement d’un régime fondé sur le chiffre d’affaires. Le régime réel normal s’applique généralement au-delà de XAF 500 000 000 de chiffre d’affaires annuel ; le régime simplifié couvre généralement de XAF 50 000 000 à XAF 500 000 000 ; et l’Impôt Général Libératoire (IGL) s’applique généralement à XAF 50 000 000 ou moins. L’impôt sur les sociétés (IS) est généralement de 35 %. Un impôt minimum de 1,5 % du chiffre d’affaires peut s’appliquer, avec un montant minimum déclaré de XAF 1 000 000. Le régime normal exige généralement des paiements mensuels de l’impôt minimum ; le régime simplifié prévoit généralement des paiements trimestriels. Le revenu d’entreprise est fondé sur les activités ou transactions effectuées au Tchad ; les revenus étrangers ainsi que les coûts ou pertes associés sont généralement exclus du calcul fondé sur la source locale. Les entreprises déposent généralement leur déclaration d’IS avant le 30 avril, avec une prolongation exceptionnelle au 15 mai. Les acomptes d’IS sont généralement exigibles les 15 mai, 15 août et 15 novembre. L’exercice financier se termine généralement le 31 décembre. La première période comptable d’une entreprise nouvellement créée peut durer de 12 à 18 mois. La patente annuelle est généralement de 0,35 % du chiffre d’affaires de l’année N-2 et payable avant le 31 décembre ; une entreprise nouvellement créée en est généralement exonérée pendant sa première année. La TVA est la taxe sur la valeur ajoutée du Tchad. Le taux normal est de 18 %, et un taux réduit de 9 % s’applique à certains produits locaux, comme le ciment, le sucre, l’huile, le savon, les textiles, le béton et le fer. Les exportations, y compris le transport international et certains ravitaillements en carburant d’aéronefs, peuvent être détaxées au taux de 0 %. Des exonérations spécifiques couvrent certaines ventes directes de producteurs primaires, les journaux, la location, les produits de la raffinerie de N’Djamena et les énergies renouvelables. Une opération économique effectuée contre rémunération au Tchad peut entraîner la TVA même si le fournisseur est établi à l’étranger. Depuis le 1er janvier 2025, les plateformes locales et étrangères de commerce électronique, y compris leurs commissions, relèvent du régime de TVA. Elles peuvent devoir obtenir un NIF, s’inscrire sur E-Tax, respecter la FEN et fournir chaque mois des annexes de TVA présentant factures, documents douaniers, opérations exonérées et attestations d’exonération. La FEN est le système tchadien de facturation électronique. Depuis le 1er janvier 2023, elle s’applique aux transactions assujetties à l’IS, à l’IGL ou à la TVA. Une facture doit généralement comporter le NIF, une description réelle des biens ou services et les taux d’imposition applicables. Une panne du système doit généralement être signalée dans les six heures. Une facture de remplacement manuscrite peut être utilisée dans les circonstances prévues, mais les documents doivent être conservés au moins dix ans et le système électronique de remplacement généralement rétabli dans les huit jours ouvrables. Une pénalité FEN typique est de XAF 100 000 ; elle peut s’ajouter au double de la TVA dissimulée ou à 10 % de la valeur de la transaction. Les infractions répétées peuvent entraîner une fermeture d’un mois. Un assujetti résident à la TVA peut demander le crédit de TVA dans les 24 mois suivant son apparition. Un remboursement peut être accordé pour un crédit accepté, mais la demande peut échouer si les justificatifs manquent, si le délai est dépassé ou si des impôts restent impayés. Quinze pour cent des recettes de TVA sont placées sur un compte séquestre de la BEAC ; il convient de vérifier la procédure pratique de remboursement au regard des pratiques administratives en vigueur. La retenue à la source s’applique à plusieurs paiements. Le commerce de gros et de détail de biens peut entraîner une retenue de 4 %. Les dividendes peuvent être imposés à 20 % pour les résidents et non-résidents. Les paiements à des non-résidents hors CEMAC peuvent généralement être soumis à 25 % sur les intérêts, redevances ou revenus ; des taux différents peuvent s’appliquer aux entreprises et aux particuliers de la CEMAC. La retenue sur les loyers est généralement de 15 % pour les résidents et de 20 % pour les non-résidents. Les marchés publics financés depuis l’étranger et les redevances pétrolières peuvent relever d’un taux spécial de 12,5 %. Il faut vérifier l’application d’un allègement conventionnel ou de la CEMAC avant d’utiliser le taux national. Les autres prélèvements intérieurs comprennent des droits d’accise d’environ 5 % à 25 %. L’eau peut être taxée à 5 %, la bière et le vin à 25 %, et le tabac à 25 %. Un taux de 20 % peut s’appliquer aux parfums, bijoux, certains appareils électroniques, voitures particulières de plus de 1 600 cm³ et armes. Le chiffre d’affaires de la téléphonie mobile est assujetti à une charge de 18 %, et la Taxe Spéciale Produits Pétroliers peut imposer XAF 50 par litre d’essence, de gazole et de Jet A1. La DGDDI administre les droits de douane, qui utilisent de plus en plus le système SYDONIA World et les paiements électroniques. La valeur en douane comprend généralement la valeur des marchandises, la livraison, l’assurance et le transport. Les taux courants sont de 5 % pour les biens de première nécessité, 10 % pour les matières premières et l’équipement, 20 % pour les biens intermédiaires et autres, et 30 % pour les biens de consommation. Le classement réel, les exonérations et les documents d’évaluation déterminent le montant final. L’impôt foncier est dû là où se trouve le bien. Pour les immeubles bâtis, le taux est généralement de 10 % à N’Djamena et de 8 % ailleurs ; pour les terrains non bâtis, il est généralement de 21 % à N’Djamena et de 20 % ailleurs. La base imposable représente généralement 80 % de la valeur locative, elle-même généralement évaluée à 10 % de la valeur marchande. Pour les terrains ruraux non bâtis, une base de valeur marchande de XAF 50 000 par hectare peut s’appliquer. La taxe d’habitation annuelle varie selon le type de construction et le lieu : les montants habituels vont de XAF 5 000 à XAF 10 000 pour les constructions locales et de XAF 15 000 à XAF 25 000 pour les constructions en dur ou semi-dures. Ils sont plus élevés pour les immeubles en dur à plusieurs étages, avec un supplément par étage. Les droits d’enregistrement varient de 0,25 % à 15 %. Ils sont, par exemple, de 3 % pour la cession de parts sociales ou d’obligations, d’environ 10 % pour les fonds de commerce, les baux ou les terrains et de 6 % pour les biens meubles. L’enregistrement est généralement dû dans les trois mois. Le droit de timbre est souvent de XAF 1 000 par page et de XAF 2 000 pour certaines autres demandes. Les employeurs déclarent généralement chaque mois une taxe sur les salaires de 7,5 % des salaires et avantages des employés permanents, ainsi que la contribution de formation FONAP de 1,2 % des salaires et avantages des employés permanents et temporaires. Les cotisations sociales déclarées comprennent 16,5 % à la charge de l’employeur, plafonnées à XAF 82 500 par mois, et 3,5 % à la charge du salarié, plafonnées à XAF 17 500 par mois. Le NIF est l’identifiant fiscal unique. E-Tax permet l’inscription, les déclarations, les instructions de paiement, les paiements, les reçus et l’archivage. Dans le régime normal, le paiement électronique par banque ou service mobile est de plus en plus souvent obligatoire. Une inscription tardive peut entraîner XAF 50 000 par mois ; une déclaration en ligne tardive peut entraîner une pénalité de 5 % par mois pour l’impôt concerné. Une déclaration rectificative peut généralement être déposée dans un délai de deux mois. La DGI peut effectuer un contrôle sur pièces sans préavis, une vérification ponctuelle ou un contrôle général. Un avis formel accorde généralement au moins huit jours avant le contrôle et permet au contribuable de désigner un conseil fiscal. Un contrôle personnel peut porter sur les biens, les liquidités et le train de vie. La procédure prévoit un échange d’observations. Le report du paiement d’un impôt contesté exige une demande expresse, le paiement de l’impôt non contesté et de 15 % du montant contesté, des justificatifs et une garantie bancaire au Tchad. Le délai normal de reprise peut aller jusqu’à la fin de la troisième année suivante. Les factures et comptes relevant du régime simplifié ou normal nécessitent généralement l’examen d’un expert-comptable agréé par la CEMAC. Les sujets auxquels la DGI accorde une attention particulière comprennent les honoraires d’assistance technique étrangère, la retenue sur les bénéfices non commerciaux, la TVA sur les services étrangers, les dépenses non déductibles et la documentation sur les prix de transfert des transactions entre parties liées. Les opérations transfrontalières nécessitent une analyse du pays d’origine, de l’établissement stable et des prix de transfert. Le Tchad applique le cadre de la CEMAC et la convention révisée visant à éviter la double imposition et l’évasion fiscale, en vigueur depuis le 1er janvier 2021. Cette analyse est particulièrement pertinente pour les activités pétrolières, les services transfrontaliers, les importations et exportations ainsi que les plateformes numériques. Un allègement conventionnel ou de la CEMAC ne peut réduire une retenue nationale que si ses conditions et justificatifs sont réunis. La loi de finances de 2026 insiste davantage sur E-Tax, le paiement électronique par les banques et services mobiles, la FEN dans le secteur public, la facturation électronique de la TVA, l’élargissement des bases imposables, les contrôles fiscaux numériques, un registre des incitations, une interface DGI-Douane-Mobile et un projet pilote de services en ligne de la DGI à N’Djamena. Avant toute déclaration, tout paiement ou toute transaction, vérifiez les taux, exonérations et procédures numériques dans la version en vigueur du Code Général des Impôts et la loi de finances annuelle.
Impôts au Tchad
Le système fiscal tchadien couvre les revenus des particuliers et des entreprises, la taxe sur la valeur ajoutée, les droits de douane, les charges foncières, les obligations sur les salaires et les taxes sur les transactions. La Direction Générale des Impôts (DGI) administre les impôts intérieurs, tandis que la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects (DGDDI) gère les douanes et les droits indirects. Les déclarations et paiements utilisent de plus en plus l’identifiant fiscal NIF et la plateforme E-Tax ; les obligations dépendent de la résidence, du chiffre d’affaires, de l’activité et du lieu.
Conseil
Au Tchad, gérez les impôts tout au long de l’année : déterminez votre résidence ou régime d’entreprise, inscrivez-vous correctement et suivez chaque obligation de déclaration, de paiement et de facturation. Les principaux risques sont de choisir le mauvais régime de chiffre d’affaires, d’appliquer un taux erroné de retenue ou de TVA, de manquer une obligation électronique ou de se fier à des règles périmées. Conservez les justificatifs de chaque position fiscale et demandez un examen professionnel en cas de paiements transfrontaliers, de sociétés liées, de remboursement ou de contrôle.

