Le marché du travail tchadien est fortement marqué par l’agriculture, le travail informel et l’emploi rural. Les derniers chiffres d’enquête auprès des ménages disponibles dans ILOSTAT datent de 2018 : environ 76 % des emplois étaient ruraux, l’agriculture représentait environ 76 % de la population active, l’industrie 1,9 % et les services 21,2 %. Le secteur privé représentait plus de 3,8 millions d’emplois, contre environ 117 578 dans l’administration publique. Environ 98 % des emplois étaient classés comme informels et la part du salariat était d’environ 7,9 %. Ces chiffres constituent une référence historique, pas une prévision actuelle. La durée hebdomadaire moyenne déclarée était de 33 heures. Dans les mêmes données, la participation des femmes au marché du travail était inférieure à celle des hommes, environ 50 % contre 73 %, et les femmes occupaient plus souvent des emplois à temps partiel ou informels. Le service public de l’emploi est l’ONAPE, une institution nationale représentée par l’État, les travailleurs et les employeurs, avec des bureaux dans les provinces. Une personne peut s’inscrire gratuitement en ligne, activer son compte via un lien reçu par courriel, renseigner ses données personnelles, certificats, diplômes, compétences, expérience professionnelle ou de stage et préférences d’emploi, puis consulter les offres et postuler. L’ONAPE propose aussi le placement, le conseil professionnel, la reconversion, la mobilité et la réinsertion. Les candidatures directes auprès des employeurs et les bureaux privés de placement sont d’autres possibilités. La carte de demandeur d’emploi de l’ONAPE peut être utile pour certains programmes. Aucun délai fixe d’activation en ligne ou de traitement n’est établi. Un emploi formel dans le privé repose généralement sur un contrat de travail écrit. Un contrat à durée déterminée, ou CDD, précise sa date de fin ou sa durée et peut généralement aller jusqu’à deux ans avec un seul renouvellement. Un terme imprécis est limité à certaines situations, par exemple le remplacement d’un salarié absent, un travail saisonnier, une hausse temporaire de la charge de travail ou une tâche inhabituelle pour l’entreprise. Le Code du travail autorise une période d’essai maximale de six mois pour les cadres, trois mois pour les employés, techniciens et agents de maîtrise, et un mois pour les autres travailleurs. La Convention collective générale fixe des durées différentes : 15 jours pour les travailleurs payés à l’heure, un mois pour les salariés mensualisés et trois mois pour les cadres et agents de maîtrise de premier niveau. Il convient donc de vérifier ensemble les règles applicables au contrat et à la convention collective. Un stage n’est pas une période d’essai. Le Code du travail régit principalement l’emploi privé. Les magistrats, militaires et policiers, fonctionnaires permanents et salariés relevant de statuts particuliers de l’administration publique suivent des règles distinctes. Le recrutement dans la fonction publique relève du ministère compétent. Le mandat de l’ONAPE couvre aussi les autorisations d’emploi, les visas de contrats et les cartes de travailleurs nationaux ou étrangers. Les exigences applicables aux travailleurs étrangers dépendent de chaque cas et doivent être vérifiées auprès des organismes compétents. La rémunération et les conditions de travail varient fortement selon la profession, le secteur, l’employeur et le lieu. Les salaires sont généralement plus élevés en milieu urbain, particulièrement à N’Djamena, qu’en milieu rural. Un indicateur analytique de la Banque mondiale établi en 2018 considérait comme sous-emploi le fait de travailler moins de 35 heures par semaine ou de gagner moins de 60 000 FCFA par mois ; il s’agit d’un seuil analytique historique, et non d’un salaire minimum légal actuel confirmé. Le licenciement doit être notifié par écrit. Pour un contrat à durée indéterminée, le préavis par défaut est de 15 jours, passe à un mois après un an d’ancienneté et à deux mois après au moins trois ans. L’employeur peut verser une indemnité au lieu d’exécuter le préavis. L’indemnité de licenciement est généralement due à partir de deux ans d’ancienneté et se calcule sur le salaire brut mensuel moyen : 25 % par année pour les cinq premières années, 30 % pour les cinq suivantes et 35 % au-delà. Un licenciement économique exige une consultation des représentants du personnel et de l’inspecteur du travail, avec des négociations pouvant durer jusqu’à 30 jours. La priorité légale de réembauche dure un an si l’ancien salarié la demande dans le mois ; la Convention collective générale prévoit deux ans. Un litige individuel du travail doit d’abord faire l’objet d’une conciliation préalable devant l’inspecteur du travail, puis peut être porté devant le Tribunal du travail et de la sécurité sociale. Les questions d’emploi doivent être distinguées des prestations de chômage, qui relèvent d’un autre sujet. Le programme Auto-Emploi est également distinct du salariat : les éléments disponibles indiquent qu’il s’adresse aux ressortissants tchadiens de 18 à 45 ans, disponibles et sans emploi, titulaires d’une carte de demandeur d’emploi de l’ONAPE et présentant un projet créateur d’emplois avec un plan d’affaires ne dépassant pas 5 000 000 FCFA, un apport personnel d’au moins 20 %, un garant et un prêt remboursable à 0 % sur un à trois ans.
Emploi au Tchad
L’emploi au Tchad comprend les postes formels dans les entreprises et les institutions publiques, ainsi que le travail informel et indépendant, très répandu. L’ONAPE aide les personnes en recherche d’emploi à s’inscrire, consulter les offres, postuler et accéder à des services de conseil, de formation ou de réinsertion. Contrats écrits, rémunération, conditions de travail et règles de rupture dépendent du statut professionnel, du contrat et du cadre juridique applicable.
Conseil
Pour rechercher un emploi au Tchad, combinez l’inscription à l’ONAPE, les candidatures directes et les services de placement privé adaptés. Avant d’accepter un poste formel, vérifiez le contrat écrit, la période d’essai, la rémunération, le temps de travail et les conditions de rupture. Considérez le travail informel et Auto-Emploi comme des voies différentes, avec leurs propres risques et revenus, et non comme des équivalents du salariat.

