En Tanzanie, aucune institution nationale unique n’est responsable de toutes les questions liées à la vie quotidienne en collectivité. Les responsabilités sont réparties entre les autorités locales, les structures de quartier et de village, les tribunaux, la police, les organismes de défense des droits humains, les autorités de régulation des communications et les autorités chargées de la protection des données. La Tanzanie continentale et Zanzibar doivent être traités séparément, car leurs lois et institutions locales diffèrent. Dans les zones urbaines de la Tanzanie continentale, un mtaa est un quartier ou un secteur de rue. Pour les questions locales, les résidents s’adressent généralement au bureau exécutif du mtaa, au président du mtaa et à la structure du ward. Les résidents adultes élisent le président du mtaa. Les réunions du mtaa ont lieu au moins tous les deux mois et leurs procès-verbaux sont transmis au comité de développement du ward. Un comité de mtaa peut compter jusqu’à six résidents et conseiller les autorités sur le développement local, la paix, la sécurité et les registres des résidents. Dans les zones rurales, un village et son conseil remplissent des fonctions locales comparables. L’assemblée du village se réunit au moins une fois par trimestre et le conseil du village peut adopter des règlements et créer des comités. Un ward relie ces structures locales au conseil municipal, urbain, de ville ou de district compétent. À Zanzibar, le Shehia est l’unité administrative locale la plus basse. Le Sheha et les structures du Shehia soutiennent la participation locale et la planification. Les priorités du Shehia peuvent être intégrées à la planification du district par des processus participatifs. Il faut donc vérifier la procédure exacte et les règles applicables auprès du service compétent de l’administration locale ou du Shehia à Zanzibar, plutôt que de supposer que les pratiques de la Tanzanie continentale s’appliquent. La Constitution protège l’égalité et la dignité et interdit la discrimination. Cette protection porte notamment sur le sexe, le handicap, l’origine ethnique, la religion, l’âge et la situation économique. Selon l’institution et le cadre juridique, les enfants, les jeunes, les femmes, les personnes handicapées, les personnes âgées et les réfugiés peuvent avoir besoin de modalités d’accès ou de protection différentes. La Tanzanie continentale prévoit également l’enregistrement des associations religieuses et non religieuses auprès du ministère de l’Intérieur. Il n’existe pas de bureau local unique chargé de la diversité qui traite toutes les plaintes à l’échelle du pays. Les règlements locaux sont obligatoires dans la zone qui les a adoptés. Chacun doit respecter les droits d’autrui, les règles locales et l’ordre public. Le maintien de l’ordre communautaire est une fonction officielle de la police ; il n’autorise pas les résidents à punir eux-mêmes d’autres personnes. Un désaccord concernant le bruit, des limites de propriété, des installations partagées ou le comportement dans le quartier peut d’abord être soumis aux responsables locaux ou à une procédure de médiation. En cas d’infraction, de danger immédiat ou de menace grave, il faut s’adresser à la police ou aux tribunaux. Les litiges fonciers et les conflits de limites suivent une procédure précise. Une affaire peut passer du conseil foncier du village au tribunal du ward, puis au tribunal foncier et du logement du district, la Haute Cour constituant un niveau supplémentaire. Le tribunal du ward doit tenter une médiation. Le groupe chargé de la médiation doit compter au moins trois membres, dont au moins une femme. Si aucun accord n’est trouvé après 30 jours de médiation, le demandeur peut déposer une affaire sans attendre de certificat de médiation. Les tribunaux de première instance peuvent traiter des affaires civiles coutumières et islamiques relevant de leur compétence. CHRAGG, la Commission des droits humains et de la bonne gouvernance, peut recevoir des plaintes relatives aux droits humains et à la bonne gouvernance, enquêter et recourir à la médiation ou à la conciliation. Les plaintes peuvent aussi remonter les échelons de l’administration locale, du mtaa, du village, du ward, du conseil et de la région jusqu’au Bureau du président chargé de l’administration régionale et de l’administration locale, généralement appelé OR-TAMISEMI. NaLIS e-Mrejesho propose un canal électronique de plainte. L’institution compétente dépend de la question : administration locale, droits humains, communications, données personnelles, infraction pénale ou affaire judiciaire. L’autorité d’urbanisme compétente gère les espaces publics ouverts. Ceux-ci doivent être accessibles à tous à des horaires raisonnables. Une réunion ou un rassemblement public peut rester accessible même si l’espace est entouré d’une clôture. Une clôture à claire-voie ne peut pas dépasser 150 centimètres. L’attribution initiale d’un espace public ouvert dure cinq ans et peut être prolongée de cinq ans. Une autorité peut retirer l’attribution pour performance insuffisante après un préavis de 14 jours. La loi sur l’ordre public régit le bon déroulement des réunions publiques ; il convient de vérifier les exigences de permis et les conditions locales propres à l’événement. Il n’existe pas de régime national unique de vie en logement partagé. La loi sur les titres de propriété par lots peut prévoir des règles fonctionnelles, notamment une association de propriétaires, des responsabilités concernant les parties communes et des documents pour représenter les copropriétaires. Dans la procédure concernée, un avis de représentation peut devoir être délivré dans les 14 jours. Les exigences en matière de construction, de santé publique et d’assainissement relèvent des autorités locales. Les toilettes partagées et les installations communes sont reconnues comme des caractéristiques des ménages, mais les conditions de location et les règles de la maison dépendent de chaque cas et ne constituent pas une norme nationale unique de vie en collectivité. La cohabitation numérique est régie par des règles distinctes sur les communications et la protection des données. Les droits des consommateurs définis par la TCRA comprennent le droit à l’information, à la non-discrimination, à la vie privée et à la confidentialité, à la sécurité et à l’accès à des voies de plainte. En général, l’utilisateur commence par la procédure de plainte du fournisseur, peut ensuite saisir le comité des plaintes de la TCRA et peut faire appel devant le tribunal de la concurrence équitable dans un délai de 21 jours lorsque les règles d’appel s’appliquent. La loi de 2015 sur la cybercriminalité traite des contenus et activités illégaux et peut obliger les fournisseurs à supprimer des contenus pertinents, à les suspendre ou à les signaler. La TCRA recommande d’utiliser des mots de passe robustes, de protéger les codes PIN et les données personnelles ou de paiement mobile, de vérifier les sources et de signaler les escroqueries ou les fausses informations. La loi sur la protection des données personnelles, chapitre 44, est en vigueur depuis le 1er mai 2023. La Commission de protection des données personnelles, ou PDPC, peut enquêter sur les plaintes et les violations. Les droits relatifs aux données comprennent le droit à l’information, à l’accès, à la rectification, à l’effacement, à la limitation du traitement, à la portabilité, à l’opposition, aux garanties concernant les décisions automatisées, à la plainte, au retrait du consentement et à une indemnisation lorsque la loi le prévoit. Aucun tarif national uniforme n’est établi pour accéder aux services locaux liés à la vie en collectivité ou à la médiation courante. Les frais peuvent dépendre de l’instance, du permis, du tribunal, de l’aide juridique et des règles tarifaires locales. Les horaires et les modalités d’accès aux bureaux varient également. Le calendrier de la participation régulière est en partie prévisible : les réunions du mtaa ont lieu au moins tous les deux mois, les assemblées de village au moins chaque trimestre, la médiation foncière comporte une échéance de 30 jours, les appels en matière de communications peuvent être soumis à un délai de 21 jours et les attributions d’espaces publics sont fixées par périodes de cinq ans. Avant d’agir, confirmez le service compétent, la procédure, les frais et le délai en vigueur.
Vivre ensemble en Tanzanie
La vie quotidienne en Tanzanie s’organise autour des autorités locales, des règles communautaires, de la médiation, de la gestion des espaces publics et des protections numériques. La Tanzanie continentale et Zanzibar ont des systèmes juridiques et administratifs différents : le service compétent dépend donc du lieu et du sujet. Les résidents ont des droits égaux et doivent respecter les droits d’autrui, les règlements locaux et l’ordre public.
Conseil
Considérez l’institution locale comme une partie de la solution : déterminez d’abord si la question concerne l’administration locale, un litige foncier, les droits humains, l’espace public, les communications ou les données personnelles. Vérifiez si les règles de la Tanzanie continentale ou de Zanzibar s’appliquent, consignez les faits et choisissez la médiation uniquement si elle est sûre et adaptée ; en cas de danger, d’infraction ou de délai juridique, adressez-vous à la police, aux tribunaux ou à un canal officiel de plainte. Ne présumez pas qu’un service local est gratuit, qu’un accord informel est exécutoire ou qu’une procédure de la Tanzanie continentale s’applique à Zanzibar.

