Le marché du travail tadjik est couramment décrit au moyen des expressions locales « рынок труда », « занятость населения » et « трудовые ресурсы ». L’enquête tadjike sur la population active de 2025, « Тадқиқоти қувваи корӣ / Обследование рабочей силы » (ОРС), a dénombré 3 018 773 personnes de 15 à 75 ans dans la population active. Les hommes en représentaient 64,6 % et les femmes 35,4 %. Les zones rurales comptaient 2 152 231 personnes, soit 71,3 % du total. Les chiffres régionaux les plus élevés ont été enregistrés à Sogd, avec 1 077 647 personnes, et au Khatlon, avec plus de 1 000 000 ; les districts de subordination républicaine en comptaient 528 489, Douchanbé 320 835 et le GBAO 90 724. L’enquête recensait 1 604 641 personnes ayant achevé l’enseignement secondaire général, 576 485 ayant une formation professionnelle supérieure, 479 886 ayant achevé l’enseignement général de base et 195 094 ayant une formation professionnelle secondaire. En 2024, 2 747 800 personnes travaillaient dans l’économie. Le secteur non étatique en employait 2 234 200 et le secteur étatique 513 600. L’agriculture, la chasse et la sylviculture employaient 1 629 400 personnes, soit 59,5 % du total. Les services employaient 851 800 personnes, soit 31,0 %. La construction représentait 117 200 emplois, l’industrie manufacturière 103 400 et l’exploitation minière 17 100. Le commerce de gros et de détail et la réparation de véhicules employaient 173 300 personnes, l’éducation 270 100, la santé et les services sociaux 127 000, le transport et l’entreposage 68 700, et l’administration publique, la défense et la sécurité sociale 61 300. L’agriculture reste la principale source d’emploi, tandis que la part des services a augmenté de 29,4 % de l’emploi en 2023 à 31,0 % en 2024. Les salaires nominaux moyens, c’est-à-dire avant ajustement selon les variations de prix, différaient fortement selon l’activité. La moyenne de 2024 était de 2 310,21 TJS par mois. Les finances et l’assurance affichaient 6 199,30 TJS en moyenne, l’information et la communication 4 609,84 TJS et l’exploitation minière 4 139,03 TJS. La moyenne de l’agriculture était de 857,43 TJS et celle des hôtels et restaurants de 1 342,05 TJS. La moyenne nationale a atteint 2 665,9 TJS en juin 2025, en hausse de 24,2 % sur un an. Ce mois-là, les moyennes régionales étaient de 3 510,8 TJS à Douchanbé, de 2 529,4 TJS à Sogd, de 2 333,7 TJS au GBAO, de 2 282,8 TJS dans les districts de subordination républicaine et de 2 191,9 TJS au Khatlon. En décembre 2024, le salaire mensuel moyen était de 3 230,57 TJS pour les hommes et de 2 184,63 TJS pour les femmes. Depuis le 1er septembre 2026, le salaire minimum légal est de 1 300 TJS par mois. Les parcours de qualification officiels comprennent l’enseignement professionnel supérieur, secondaire et initial, les cours de courte durée et la reconnaissance et validation des compétences des adultes. En 2024-2025, les établissements professionnels supérieurs comptaient 45 729 diplômés, les établissements professionnels secondaires 22 985 et les établissements professionnels initiaux 8 400. Les employeurs ont signalé des lacunes de compétences de 45 % en compétences techniques, 20 % en compétences numériques, 15 % en compétences générales, 10 % en langues et 10 % en compétences administratives. La construction, l’agriculture, les technologies de l’information et de la communication et l’industrie manufacturière sont les domaines de demande prioritaires. Au premier semestre 2025, les formations et validations du MLMEP ont concerné 36 294 personnes, dont 9 179 dans des programmes financés par le budget, 7 828 en autofinancement, 7 104 dans le cadre de la reconnaissance ou validation des compétences et 24 111 dans des centres du ministère. Certains participants ont suivi des formations dans des centres externes, qui en ont accueilli 12 183. La mise en relation publique avec les emplois passe par l’Agence du travail et de l’emploi (ALE) et les bureaux locaux du travail et de l’emploi. L’inscription et les recommandations peuvent donner accès à des offres, des formations, des travaux publics rémunérés ou de petits prêts pour le travail indépendant. Le Programme public pour l’emploi 2023-2027 vise 294 000 postes vacants et 4 000 salons de l’emploi ; 58 800 postes étaient prévus pour 2025. Au premier semestre 2025, l’ALE a enregistré 79 870 demandeurs, 62 399 demandeurs d’emploi inscrits et 33 802 personnes officiellement reconnues comme chômeuses. Les mesures publiques ont placé 41 205 personnes dans un emploi ou une activité. Parmi les 509 salons de l’emploi, 10 771 personnes ont commencé une activité ; les quotas concernaient 4 640 personnes, les petits prêts ou les mesures de travail indépendant 1 199 et les travaux publics rémunérés 3 478. Au total, 9 550 personnes ont reçu des allocations chômage. La formation peut être financée par le budget ou par autofinancement ; aucun catalogue national fiable des frais ni portail unifié des offres et compétences n’a été établi. Un système d’information sur le marché du travail (LMIS) unique et opérationnel de manière constante n’est pas encore disponible dans tout le pays. Le Code du travail de 2016, y compris les modifications de 2024, établit le cadre formel des droits du travail. Le salaire ne peut être inférieur au minimum légal. La négociation collective et le partenariat social sont officiellement établis : au premier semestre 2025, 17 137 conventions collectives couvraient 18 952 organisations admissibles, soit 90,4 %, et 50 accords régionaux ou sectoriels s’appliquaient en 2024-2026. L’application des règles est inégale. Lors de 998 inspections, les autorités ont relevé 5 182 infractions, dont 3 853 infractions au travail, 1 056 infractions aux normes ou règles de sécurité au travail, 243 infractions liées à l’emploi et 30 infractions migratoires. La migration de travail à l’étranger constitue une part importante du marché du travail tadjik. Le Service des migrations, le MLMEP, les recruteurs agréés et l’Agence pour l’emploi à l’étranger organisent des parcours dans le cadre d’accords bilatéraux. Au premier semestre 2025, 29 organismes agréés ont organisé le départ de 8 827 personnes pour travailler à l’étranger, dont 5 648 par l’intermédiaire de l’Agence pour l’emploi à l’étranger. Le Tadjikistan comptait 13 accords de migration de travail parmi 37 accords internationaux conclus avec 15 États. La Russie demeurait la principale destination ; la construction, l’agriculture et les services étaient les principaux profils professionnels. La migration est généralement cyclique ou temporaire. Une étude de 2024 estimait que 10 % de la population travaillait à l’étranger, que 42 % des ménages comptaient un membre migrant et que les transferts de fonds représentaient 47,2 % du PIB en 2024. Parmi les personnes âgées de 20 à 39 ans travaillant à l’étranger, la proportion était d’environ 17 % pour les hommes et 2 % pour les femmes. La migration réduit la pression sur le marché du travail intérieur, mais expose les ménages aux règles d’entrée, aux salaires et aux changements de politique à l’étranger. Au premier semestre 2025, 3 890 personnes ont été empêchées de partir pour la Russie en raison de restrictions d’entrée, plus de 23 000 ont régularisé leur séjour et 63 685 ont été retirées de la liste des personnes surveillées. En 2023, les salaires mensuels en Russie étaient estimés à environ 810 USD dans la construction, 608 USD dans le commerce de détail et 612 USD dans les services communaux, contre respectivement environ 277 USD, 154 USD et 111 USD au Tadjikistan. L’emploi est passé de 2 625 300 personnes en 2023 à 2 747 800 en 2024, mais environ 150 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail, alors que seulement 30 000 à 40 000 trouvent un emploi. Le taux de sous-utilisation de la main-d’œuvre était de 43,2 % en 2023, hors étudiants. Les comparaisons entre années doivent être interprétées avec prudence, car le Tadjikistan n’avait réalisé que trois enquêtes sur la population active avant l’enquête ORS de 2025. Depuis 2024, un système d’information sur le marché du travail soutenu par la Banque mondiale est en cours de développement.
Marché du travail au Tadjikistan
Le marché du travail tadjik est marqué par une importante main-d’œuvre rurale, l’agriculture, de faibles salaires moyens et une forte migration de travail. L’enquête sur la population active de 2025 a dénombré 3 018 773 personnes de 15 à 75 ans dans la population active, dont 71,3 % vivaient en zone rurale. Les bureaux locaux de l’emploi proposent des services publics de mise en relation et de formation, mais les services et les informations sur le marché du travail restent fragmentés.
Conseil
Au Tadjikistan, envisagez le marché du travail selon quatre voies : emploi local, formation complémentaire, mesures de travail indépendant et emploi à l’étranger. Comparez la rémunération réelle, la région, les compétences, les protections formelles et les risques d’accès au lieu de vous fier aux écarts salariaux annoncés. Pour les options nationales, adressez-vous à l’ALE ou à un bureau local du travail et de l’emploi ; pour travailler à l’étranger, passez par l’Agence pour l’emploi à l’étranger ou un recruteur agréé.

