En arabe, adad wa taqalid signifie coutumes et traditions. Les traditions syriennes sont des pratiques sociales vivantes, et non un service ou une qualification unique délivrée par l’État. Les familles, communautés locales, maîtres artisans et apprentis transmettent une grande partie des savoirs, tandis que le ministère de la Culture soutient la documentation et la sauvegarde par l’intermédiaire d’organismes comme la Direction du patrimoine populaire, la Direction des théâtres et de la musique et la Direction des instituts de musique arabe. Des directions locales de la culture et des comités du patrimoine culturel immatériel sont actifs dans les 14 gouvernorats ; le ministère du Tourisme, l’Union générale des artisans et l’Organisation syrienne de développement soutiennent également des activités culturelles. L’accès se fait généralement par les réseaux familiaux, les quartiers, les cérémonies, les festivals, les ateliers et les centres culturels. L’apprentissage du oud peut aussi passer par l’apprentissage auprès d’un maître, des centres de musique, des collèges ou des universités. Les rôles liés au genre diffèrent selon les pratiques et ne suivent pas une règle générale unique. Les traditions varient fortement selon les régions. Alep est associée aux Al-Qudoud al-Halabiya, au savon ghar, au Samah et au oud. Damas est associée au verre soufflé à la main, au théâtre d’ombres Karakoz et à la fabrication et au jeu du oud. À Al-Mrah, près de la campagne damascène, la rose de Damas est récoltée à partir de mai, triée et séchée collectivement, puis utilisée dans le thé, les sirops, les confitures, les pâtisseries et les produits distillés. Le savon ghar d’Alep utilise de l’huile d’olive et de l’huile de laurier ; le laurier est récolté en automne, la fabrication a généralement lieu en hiver et le savon sèche pendant environ six à neuf mois. La Badia possède des coutumes, des vêtements et des traditions distinctifs liés à la vie sociale, aux déplacements et à l’installation. Ces exemples montrent que les traditions ne présentent pas un profil uniforme dans toute la Syrie. Les pratiques familiales et celles qui marquent les étapes de la vie comprennent le oud lors des mariages et fêtes familiales, le bisht ou abaa, vêtement de dessus festif masculin porté lors des naissances, mariages, funérailles, cérémonies et festivals, et l’Arada damascène pendant les cortèges du marié et après les circoncisions. Le khôl arabe peut être une pratique cosmétique, sociale et parfois spirituelle ; les savoirs sont souvent transmis des femmes à leurs filles et petites-filles. Les Al-Qudoud al-Halabiya utilisent des mélodies établies avec des textes variables ou improvisés et peuvent être interprétés dans des contextes religieux ou de divertissement. Le Samah est traditionnellement une danse rituelle soufie. Lorsque le sujet principal porte sur la croyance ou la doctrine rituelle, il relève de la religion ; l’analyse historique relève de l’histoire, et les recettes ou les questions de restauration relèvent de l’alimentation. L’artisanat traditionnel comprend le soufflage du verre à Damas, la fabrication du oud, le brocart de soie, les récipients à khôl arabe appelés makhala et le travail des fibres végétales. Le brocart de soie traditionnel est devenu rare en raison de la mécanisation. Le soufflage du verre à Damas utilise du verre usagé, un four en briques fabriqué à la main et des techniques de façonnage manuel transmises dans les ateliers familiaux. Depuis 2023, il figure sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’UNESCO, car il reste peu d’artisans et la formation structurée est limitée. Un projet de sauvegarde approuvé par l’UNESCO en 2026 à Damas dure 36 mois et dispose d’un budget de 99 700 dollars américains ; il vise les jeunes femmes et hommes, les personnes économiquement défavorisées et les personnes handicapées. En 2026, les pratiques Al Saafiyat et liées aux fibres végétales faisaient l’objet d’une candidature à l’UNESCO ; la procédure n’avait pas encore abouti à une inscription définitive. La Syrie a ratifié le 11 mars 2005 la Convention de l’UNESCO de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. La Convention soutient les obligations de documentation et de sauvegarde de l’État, mais une inscription à l’UNESCO ne délivre aucune qualification professionnelle, ne garantit aucun prix et n’impose à personne de pratiquer une tradition. Le dernier rapport national disponible se fondait sur des données de 2017 ; la Syrie n’avait pas remis le rapport attendu en 2022 et la prochaine échéance de rapport est fixée au 15 décembre 2026. Il n’existe pas de frais officiels généraux de participation ni de prix standard pour les traditions ; les coûts dépendent du marché, de l’atelier, de la famille et de l’occasion. Les dates des festivals varient également selon la saison et la communauté. Les déplacements forcés, les migrations, la fragmentation sociale, la perte d’ateliers et de matériaux et l’interruption de la formation peuvent affaiblir la transmission. Le théâtre d’ombres Karakoz a décliné en partie parce que les divertissements numériques et les déplacements réduisent son public et sa continuité. Les déplacements peuvent aussi préserver le sentiment d’appartenance, renforcer la résilience sociale et économique et favoriser le dialogue avec les communautés d’accueil. Une description pratique d’une tradition syrienne devrait donc préciser la région, le cadre social, le mode de transmission et la situation actuelle, plutôt que de la présenter comme une coutume nationale fixe.
Traditions en Syrie
Les traditions en Syrie sont des pratiques, des symboles et des expressions hérités et répétés, partagés au sein des familles et des communautés. Elles comprennent les célébrations annuelles, les cérémonies marquant les étapes de la vie, la musique, les vêtements, l’artisanat et les coutumes régionales. On y accède généralement par la transmission familiale, la participation communautaire, les festivals, les ateliers ou les institutions culturelles, plutôt que par un système national d’inscription.
Conseil
Choisissez la voie de transmission adaptée à votre objectif : famille ou communauté pour les cérémonies et coutumes quotidiennes, maître artisan ou atelier pour l’artisanat, centre de musique, collège ou université pour un apprentissage structuré du oud. Avant de vous organiser, confirmez la région, la saison, le praticien, le coût et les possibilités d’accès, car il n’existe ni procédure nationale unique d’inscription ni prix standard des traditions en Syrie. Considérez le soutien culturel officiel comme une aide à la documentation ou à la sauvegarde, et non comme une qualification, un revenu garanti ou une autorisation obligatoire de pratiquer.

