La Syrie dispose de systèmes publics formels, de services municipaux et de solutions de remplacement humanitaires ou communautaires, mais leur couverture est fragmentée. Les services d’eau, d’assainissement et d’hygiène, souvent désignés par l’acronyme WASH, peuvent dépendre du réseau de canalisations, de puits forés, de stations d’eau, de réservoirs, de stations de pompage, de camions-citernes, du stockage domestique ou de l’eau en bouteille. L’approvisionnement en eau reste environ 40 % inférieur aux niveaux d’avant-guerre. Plus de la moitié de l’eau distribuée n’est pas traitée de manière sûre, les pertes d’eau non facturées atteignent environ 44 % au niveau national et peuvent atteindre 80 % localement, et environ 70 % des eaux usées ne sont pas traitées. À Damas, l’eau est généralement distribuée environ 6 à 8 heures par jour. Le débit de la source de Fijeh est tombé à environ 2 mètres cubes par seconde, soit près de 12 % de son niveau historique. La sécheresse a également asséché 552 puits forés et 27 sources dans les zones concernées. Les pénuries d’électricité perturbent directement le pompage, la réfrigération, l’éclairage, le chauffage et les communications. Dans certaines zones, l’électricité peut être limitée à environ 2 à 4 heures par jour, et les systèmes d’approvisionnement en eau peuvent fonctionner à environ 22 % de leur capacité de production pendant les coupures. Les familles et les prestataires de services peuvent donc recourir à des réservoirs, au transport d’eau par camion, à la chloration, à l’hypochlorite de sodium, aux stations d’osmose inverse ou à des générateurs solaires et d’urgence. Les systèmes tarifaires sont obsolètes, la révision des tarifs de l’électricité influe sur les coûts de pompage et il n’existe pas de prix fiables pour les ménages à l’échelle nationale. Les projets relatifs à l’eau et à l’électricité financés par des programmes publics et internationaux devraient se poursuivre en 2025–2026, mais l’accès reste lié au lieu. Les routes, les réseaux d’égouts et la collecte des déchets solides sont particulièrement peu fiables dans les quartiers informels, les camps, les abris collectifs et les zones de retour. Les unités administratives municipales, les autorités locales, le ministère de l’Administration locale et de l’Environnement, le ministère de l’Énergie, l’Établissement syrien des eaux et l’Établissement public de transport et de distribution de l’électricité se partagent les responsabilités relatives aux différents services. ONU-Habitat, le PNUD, l’UNICEF et d’autres organisations soutiennent souvent les réparations ou les services temporaires. La loi n° 50/2002 établit des règles de protection de l’environnement, d’inspection, d’évaluation de l’impact environnemental et de responsabilité, mais elle ne crée pas un droit national démontré à un cadre de vie de qualité égale. Les risques liés à la pollution de l’air proviennent de la poussière, du brûlage des déchets, du diesel et de l’utilisation de générateurs, ainsi que des infrastructures endommagées. La loi n° 50 et la résolution n° 67 prévoient des limites d’émission, la surveillance environnementale, des inspections et des sanctions, mais les éléments disponibles ne démontrent pas l’existence actuelle d’un réseau national de stations de surveillance, de séries chronologiques publiques ou de voies de réclamation fiables. La loi prévoit également des protections contre le bruit, avec des limites maximales, des mesures d’atténuation et des sanctions, mais les données locales de mesure et d’application restent limitées. Les espaces publics, jardins et parcs ont souvent été endommagés dans les villes touchées par le conflit. Des projets à Alep, Homs et Deir ez-Zor ont utilisé des consultations communautaires, l’amélioration de la sécurité et de l’accès, l’éclairage, le pavage et la suppression d’obstacles. La participation peut impliquer les municipalités, les conseils locaux, les comités de quartier ou de village, les organisations de la société civile et les représentants communautaires. Elle est généralement liée à un projet précis de reconstruction ou d’espace public, plutôt qu’à une plateforme nationale garantie. Les femmes, les enfants, les jeunes, les personnes âgées, les déplacés internes et les personnes handicapées peuvent participer aux consultations, mais l’accès réel varie selon les lieux. Les munitions non explosées — notamment les engins non explosés, les mines, les armes à sous-munitions et les engins explosifs improvisés — touchent les zones urbaines, rurales, agricoles et de pâturage. Le Centre national d’action contre les mines, le Service de la lutte antimines des Nations unies (UNMAS), les organisations humanitaires et les autorités locales proposent, lorsque l’accès le permet, une sensibilisation aux risques, des relevés, du déminage et une aide aux victimes. Entre le 8 décembre 2024 et le 31 décembre 2025, plus de 920 incidents ont causé 607 décès et 1 070 blessures, selon les recherches fournies ; Deir ez-Zor, Alep et Idlib figuraient parmi les régions les plus touchées. Il faut éviter les zones suspectes et suivre les avertissements locaux ; les habitants ne sont pas tenus de déminer eux-mêmes les terrains contaminés. Le relèvement passe de l’aide d’urgence au relèvement précoce, à la résilience et à la reconstruction, mais les progrès restent inégaux. Le cadre de relèvement 2026 comprend l’intégration dans les communautés d’accueil et les zones de retour, tandis qu’ONU-Habitat fournit des profils de villes, des plans de relèvement et des projets territorialisés. Un retour sûr et durable dépend du bon fonctionnement de l’eau, de l’électricité, de l’assainissement, des routes, de la collecte des déchets et des espaces publics, ainsi que du déminage. Les besoins de reconstruction sont estimés à plus de 200 milliards de dollars américains ; les déficits de financement et la dépendance aux projets continueront donc d’influer sur la qualité et le calendrier des améliorations locales.
Environnement quotidien en Syrie
Le cadre de vie quotidien en Syrie dépend de l’accès à l’eau, à l’électricité, à l’assainissement, aux routes, à la collecte des déchets, aux espaces publics, à un air sain et à la sécurité. Les services varient fortement selon le gouvernorat, le quartier, les revenus, les conditions de sécurité et le contrôle de la zone. Les dégâts du conflit, les munitions non explosées, la sécheresse et l’irrégularité de l’électricité fragilisent les services de base, tandis que les autorités locales et les projets humanitaires offrent des réparations et des solutions de remplacement inégales.
Conseil
En Syrie, considérez le cadre de vie comme une question de services et de sécurité propres à chaque lieu, et non comme une situation nationale uniforme. Pour un logement, un retour ou un trajet quotidien, vérifiez l’eau, l’électricité, l’assainissement, la collecte des déchets, l’accès routier et le risque de munitions non explosées dans le quartier précis. Prévoyez des solutions de remplacement pour l’eau et l’électricité et reportez un retour ou l’utilisation d’un terrain si les services essentiels ou le déminage ne peuvent pas être confirmés.

