Le Soudan du Sud n’a pas de religion d’État et sépare formellement la religion de l’État. La Constitution de transition prévoit la liberté de religion et de croyance, de culte et de réunion, le droit aux lieux de culte, à l’enseignement religieux, aux publications et documents religieux, aux contributions volontaires, aux institutions caritatives confessionnelles et à la nomination ou à l’élection des responsables religieux. Elle protège également les fêtes, cérémonies et jours de repos religieux, et interdit la discrimination religieuse, y compris pendant l’état d’urgence. Selon des estimations pour 2023, les chrétiens représenteraient 60,5 % de la population, les adeptes des religions autochtones ou animistes 32,9 % et les musulmans 6,2 %. Il s’agit d’estimations, et non des résultats d’un recensement religieux récent ; les déplacements, la mobilité des communautés pastorales et les capacités statistiques limitées créent des incertitudes. Les communautés chrétiennes comprennent les Églises catholique romaine, épiscopale, presbytérienne, pentecôtiste, Sudan Interior, évangélique presbytérienne et Africa Inland, ainsi que de plus petites communautés orthodoxes érythréennes, éthiopiennes, coptes et grecques, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, les adventistes du septième jour et les témoins de Jéhovah. Les pratiques religieuses autochtones existent dans tout le pays et se poursuivent souvent parallèlement au christianisme ou à l’islam. Elles s’appuient généralement sur la communauté, les rituels et les anciens plutôt que sur un clergé central ou un enregistrement national formel. Des communautés musulmanes sont présentes dans tout le pays ; le Conseil islamique du Soudan du Sud est utilisé comme appellation générique locale, mais sa portée institutionnelle actuelle n’a pas été vérifiée de manière indépendante. Le Bureau ou la Direction des affaires religieuses, rattaché à la présidence, et les gouvernements des États interviennent dans les questions religieuses. Le ministère de l’Éducation générale et de l’Instruction et le Centre national de développement des programmes scolaires supervisent l’enseignement religieux formel. Le Conseil des Églises du Soudan du Sud est une organisation œcuménique regroupant dix Églises membres ou associées. L’application par les États reste inégale, et l’accès au culte et aux services religieux peut être limité par les conflits, les déplacements, les conditions de circulation et les risques locaux pour la sécurité. Les groupes religieux s’enregistrent généralement auprès du gouvernement de l’État où ils exercent leurs activités. Les pièces habituellement demandées comprennent les statuts, une déclaration de foi, les doctrines, les objectifs, les textes sacrés et une liste des membres du bureau exécutif. Une source de 2023 indiquait des frais d’enregistrement de 3 500 livres sud-soudanaises, soit environ 3 dollars américains à l’époque ; les frais et la procédure actuels n’ont pas été confirmés de façon indépendante. Les organisations confessionnelles qui mènent des activités de plaidoyer, d’aide humanitaire ou de développement peuvent aussi devoir s’enregistrer auprès de la Commission de secours et de réhabilitation. Les organisations internationales doivent généralement avoir été enregistrées au préalable dans leur pays d’origine et disposer d’une lettre de mission. Dans la pratique, de nombreuses organisations confessionnelles exercent sans être enregistrées ; les exigences formelles et leur application concrète ne correspondent donc pas toujours. Le Centre national de développement des programmes scolaires répertorie l’éducation religieuse chrétienne de la première à la huitième année du primaire et un catalogue officiel pour les classes de Senior 1 à Senior 4. Le catalogue examiné ne présentait pas de parcours distinct d’éducation religieuse islamique. Ce constat concerne uniquement le catalogue consulté ; il ne prouve pas qu’aucun enseignement islamique ou autre n’existe ailleurs. L’enseignement confessionnel et autochtone peut être dispensé dans le cadre d’arrangements locaux ou institutionnels qui ne figurent pas dans le programme national examiné. Noël, Pâques, l’Aïd el-Fitr et l’Aïd el-Adha sont régulièrement célébrés comme jours fériés religieux, aux dates fixées par les calendriers concernés. Les circulaires du ministère du Travail déterminent les fermetures des lieux de travail ; par exemple, l’Aïd el-Fitr a été célébré du 30 mars au 1er avril 2025 et Pâques du 3 au 6 avril 2026. Les détails des rituels locaux, les coûts de participation et l’organisation des mariages, baptêmes, cérémonies de nomination et funérailles sont généralement gérés par les membres du clergé, les imams, les communautés religieuses ou les anciens. Il n’existe ni procédure religieuse nationale unique ni tarif central pour ces événements de la vie, et les éléments disponibles ne permettent pas d’établir précisément l’effet juridique d’une cérémonie religieuse par rapport à l’enregistrement civil. Les articles 203 à 205 de la loi pénale no 9 de 2008 prévoient des sanctions pour la destruction ou la profanation délibérée d’un lieu ou objet de culte, la perturbation d’une réunion religieuse et l’atteinte à un lieu d’inhumation ou à des funérailles. La peine maximale peut atteindre trois ans d’emprisonnement, une amende, ou les deux. Dans la pratique, l’occupation d’églises, la détention d’un pasteur, les accusations contre des responsables religieux et l’incendie d’une église adventiste du septième jour montrent que la protection n’est pas appliquée de manière uniforme. Les violences contre les bâtiments ou les personnels religieux sont souvent liées plus largement aux conflits et aux conditions de sécurité ethnique ; elles ne doivent pas être automatiquement qualifiées de violences motivées uniquement par la religion. Les organisations religieuses apportent aussi des abris, de l’aide et du soutien aux personnes déplacées. Des responsables chrétiens et musulmans participent à la médiation, à la réconciliation, à la consolidation de la paix, à l’accès humanitaire et aux efforts visant à réduire les discours haineux. Le Conseil des Églises du Soudan du Sud, les initiatives de coordination entre chrétiens et musulmans et les comités interconfessionnels ont soutenu ces activités, notamment par des forums et des ateliers dans le Grand Jonglei, à Djouba, à Wau et à Maridi. Ces activités relèvent du dialogue religieux et de la médiation ; les relations sociales plus générales constituent un autre sujet. En pratique, l’accès au culte, à l’enseignement, à l’enregistrement et aux services religieux dépend donc de l’État, de l’institution, de la sécurité et du caractère formel, local ou communautaire de la pratique.
La religion au Soudan du Sud
La religion au Soudan du Sud comprend des Églises chrétiennes, des pratiques religieuses autochtones, des communautés musulmanes et des groupes confessionnels moins nombreux. La Constitution de transition protège la liberté de croyance, de culte, de réunion religieuse, d’enseignement, de propriété et les fêtes religieuses, mais son application varie selon les États et la situation sécuritaire. Les pratiques chrétiennes et autochtones sont répandues, les communautés musulmanes sont établies et les organisations religieuses apportent aussi une aide humanitaire et contribuent à la consolidation de la paix.
Conseil
Au Soudan du Sud, la voie religieuse la plus adaptée dépend de votre besoin : culte régulier, pratique autochtone, enseignement religieux, cérémonie marquant une étape de vie ou organisation confessionnelle. Considérez les garanties constitutionnelles comme un cadre de référence, puis vérifiez l’accès local, la sécurité et les pratiques institutionnelles, car l’application varie selon les États. Distinguez les cérémonies religieuses, l’enseignement scolaire, l’enregistrement des organisations et l’état civil, à moins que l’autorité compétente ne confirme leur lien juridique.

