L’apprentissage des langues au Soudan du Sud se fait dans les écoles formelles, l’éducation non formelle, la pratique communautaire et des programmes numériques ou radiophoniques. Le dinka, le nuer, le bari, le zande et de nombreuses autres langues autochtones soutiennent les premiers apprentissages, la communication familiale et la participation communautaire. L’arabe de Djouba sert largement de langue véhiculaire, c’est-à-dire de langue commune entre des personnes ayant des langues premières différentes. L’anglais est utilisé au gouvernement, dans l’enseignement formel et dans le travail professionnel. Dans l’éducation de la petite enfance et les classes 1 à 3 du primaire, une langue autochtone est censée servir de langue d’enseignement, tandis que l’anglais est enseigné parallèlement. Des classes 4 à 8 du primaire, l’anglais devient la langue d’enseignement et la langue autochtone demeure une matière. L’enseignement secondaire et celui des adultes se font en anglais. L’arabe, le français et le kiswahili peuvent être enseignés comme langues étrangères de la classe 5 du primaire à la classe 2 du secondaire, et peuvent continuer en classes 3 et 4 du secondaire. Les écoles publiques sont aussi censées proposer la langue des signes universelle et le braille selon les besoins. Les enfants et les jeunes déscolarisés, trop âgés pour leur niveau ou déplacés peuvent suivre le système d’éducation alternative, appelé AES. Son programme d’apprentissage accéléré condense huit années de programme primaire en quatre ans et peut mener à l’examen de fin d’études primaires puis à l’enseignement secondaire. Le programme d’éducation pastorale utilise des lieux d’apprentissage mobiles ou saisonniers, souvent pendant environ trois à quatre mois selon les déplacements liés aux pâturages. Les adultes peuvent suivre le programme de base d’alphabétisation des adultes et d’apprentissage tout au long de la vie, généralement d’environ quatre ans, ou le programme fonctionnel d’alphabétisation des adultes, axé sur la lecture, l’écriture, le calcul et les besoins communautaires pratiques. Des cours intensifs d’anglais de courte durée s’adressent aux jeunes, aux adultes, aux enseignants, aux fonctionnaires, aux personnes non anglophones et à certains rapatriés du Soudan. Le ministère de l’Éducation générale et de l’Instruction, ou MoGEI, définit les politiques nationales, les normes et les exigences d’enregistrement et d’inspection. Les ministères de l’Éducation des États les mettent en œuvre, tandis que les administrations de comté, de payam et de boma contribuent au suivi local. La Direction du système d’éducation alternative, la Direction des langues nationales et étrangères, le Centre national de développement des programmes et des manuels scolaires et le Centre national des langues étrangères élaborent des parcours, des programmes, des orthographes et des supports. Une extension du Centre national des langues nationales et étrangères à Maridi est prévue. Des ONG, des organisations communautaires, des églises et des partenaires privés assurent environ un tiers des activités AES en coordination avec la Direction AES. L’enseignement primaire et l’éducation de base des adultes sont légalement gratuits ; les frais de scolarité et les supports pédagogiques AES sont gratuits, et l’AES n’exige pas d’uniforme. Les frais et horaires des cours intensifs d’anglais varient selon le prestataire et aucun chiffre national n’est disponible. British Council English Online propose des cours sur le Web et mobile, notamment des cours collectifs ou individuels de 55 minutes, deux cours collectifs d’essai gratuits ou un cours individuel gratuit, puis un abonnement payant. L’accès à Internet, à l’électricité, aux appareils et aux données limite la portée du numérique. South Sudan Interactive Radio Instruction utilise la radio, des fichiers MP3 et des stations locales pour l’apprentissage au primaire inférieur, des jeunes et des adultes, ainsi que pour le perfectionnement des enseignants. Radio Based Education for All apporte un soutien supplémentaire à l’apprentissage des jeunes et des adultes. Le Soudan du Sud organise des examens de fin de cycle scolaire administrés par le Conseil national des examens, notamment l’examen de fin d’études primaires et le certificat unifié sud-soudanais de fin d’études secondaires. Les éléments disponibles ne montrent pas d’examen national standardisé et indépendant de compétence linguistique donnant un certificat de type CECR. British Council English Online peut délivrer un certificat de réussite en anglais, mais il s’agit d’un certificat de prestataire. L’examen IELTS n’est pas administré par le bureau du British Council au Soudan du Sud ; l’inscription exige de se rendre dans un centre d’examen extérieur, en Ouganda, au Kenya ou au Soudan, avec des frais de déplacement et d’examen. La mise en œuvre reste inégale. Les enseignants maîtrisant l’anglais sont rares, les programmes et supports pour les langues nationales, l’AES et l’éducation de la petite enfance sont incomplets, et l’arabe reste dominant dans certaines parties des États du nord malgré l’orientation nationale. Dans le cadre du plan d’éducation 2023-2027, des supports pour sept langues supplémentaires sont prévus, avec cinq traducteurs ou rédacteurs affectés à chacune, mais les coûts d’impression et de distribution n’ont pas été établis. Dans la pratique, les choix linguistiques dépendent de l’État, de la sécurité, des déplacements, de la disponibilité des enseignants et des supports, des besoins linguistiques locaux et du recours à un centre fixe ou mobile. L’anglais est le plus utile pour l’éducation formelle et le travail gouvernemental, tandis que l’arabe de Djouba et les langues locales restent centrales pour les communautés et les services quotidiens.
Apprentissage des langues au Soudan du Sud
Le Soudan du Sud reconnaît plus de 60 langues autochtones comme langues nationales, tandis que l’anglais est la langue officielle de travail. L’arabe de Djouba est largement utilisé dans les communautés, les marchés, les médias et les services. L’apprentissage des langues associe donc des bases en langues locales à l’anglais, et l’accès varie fortement selon les États, les zones urbaines et rurales, les lieux de déplacement et les communautés pastorales.
Conseil
Choisissez le parcours d’apprentissage selon le résultat recherché : l’anglais pour l’éducation formelle et le travail professionnel, les langues locales ou l’arabe de Djouba pour la communication communautaire, ou une combinaison des deux. Adaptez le parcours au lieu de résidence, à l’âge, à l’emploi du temps, à la mobilité et à l’accès aux enseignants, aux supports, à l’électricité et à Internet. Vérifiez attentivement les certificats, car aucun certificat national indépendant de compétence linguistique n’est attesté au Soudan du Sud.

