Le Soudan du Sud dispose d’un système décentralisé comprenant des niveaux national, étatique et local. Dans les zones rurales, la chaîne administrative locale passe généralement par les autorités du county, du payam et du boma ; les questions urbaines peuvent relever d’un conseil municipal, d’une municipalité ou d’un conseil de ville. En vertu de la loi de 2009 sur les collectivités locales (Local Government Act 2009), les autorités locales soutiennent le maintien de l’ordre et de la loi, l’éducation civique, le dialogue communautaire, le développement social et économique, l’intégration de la dimension de genre ainsi qu’un environnement sûr et sain. Elles peuvent également prélever des taxes ou des redevances locales autorisées par la loi. Les autorités traditionnelles sont reconnues par la Constitution et contribuent souvent à la gestion des affaires communautaires. Le droit coutumier désigne les règles et pratiques établies localement et utilisées dans la gouvernance ou les tribunaux coutumiers. Il peut aider à résoudre les différends locaux, mais reste soumis à la Constitution, à la législation et aux droits humains fondamentaux. Les chefs, les anciens et les comités locaux travaillent souvent avec des représentants du county, des responsables des femmes et des responsables des jeunes pour suivre les accords, organiser le dialogue et soutenir la réconciliation. La gestion des conflits est au cœur du vivre-ensemble au quotidien. Les différends portent couramment sur les terres, l’eau, les pâturages, l’agriculture et l’élevage, les razzias de bétail, les déplacements, les attaques de représailles et la mobilisation de jeunes armés. Le dialogue communautaire, la médiation, les systèmes d’alerte précoce, les comités mixtes, les accords de paix locaux et la réconciliation sont largement utilisés. Les crimes graves relèvent de la police et des systèmes judiciaires officiels. Il n’existe pas de délai national uniforme ni de résultat garanti pour la médiation : une réponse peut intervenir rapidement au niveau communautaire ou se poursuivre pendant des mois. Le Soudan du Sud est multiethnique, multilingue et multiconfessionnel. Les communautés sud-soudanaises, les réfugiés, les demandeurs d’asile, les personnes de retour, les personnes déplacées à l’intérieur du pays et les communautés d’accueil peuvent interagir par l’intermédiaire des autorités locales, des responsables communautaires, des partenaires humanitaires et des organisations de la société civile. Les femmes et les filles, les enfants, les jeunes, les personnes âgées et les personnes handicapées peuvent avoir un accès inégal aux décisions et à la protection. La violence fondée sur le genre, le mariage d’enfants, le mariage forcé, les pratiques patriarcales et les conflits entre pratiques coutumières et protections des droits humains restent des risques graves. Les personnes peuvent participer par la gouvernance locale, l’éducation civique, les consultations constitutionnelles et électorales, les organisations communautaires, les groupes confessionnels, les groupes de femmes et de jeunes, les groupes de personnes handicapées, les représentants des marchés et les représentants des communautés déplacées. Les clubs de paix, les échanges sportifs et culturels, les dialogues citoyens (Citizens’ Talks), la médiation menée par des femmes et les ambassadeurs de la paix issus de la jeunesse offrent d’autres possibilités de participation. L’accès concret dépend de la sécurité, des transports, de l’alphabétisation, des normes de genre et des capacités de l’institution locale. La MINUSS (UNMISS), le HCR (UNHCR) et le PNUD (UNDP) peuvent soutenir ces activités, mais ne remplacent pas les autorités sud-soudanaises. La Constitution protège les libertés de réunion pacifique et d’association, d’expression, d’accès à l’information, de participation, de circulation et de résidence, de religion, ainsi que les langues et coutumes ethniques et culturelles. Elle protège également la non-discrimination et l’accès aux documents officiels, y compris électroniques. Chacun a le devoir de respecter les droits et libertés d’autrui, de coopérer au maintien de l’ordre et de la loi, et de protéger l’environnement et les ressources naturelles. Les conflits, la censure, le blocage de sites web, les menaces, les restrictions de sécurité et la faiblesse des institutions peuvent limiter ces droits dans la pratique. Les espaces publics partagés comprennent les marchés, les points d’eau, les écoles, les églises, les mosquées, les installations sportives, les routes et les lieux d’échange. Les points d’eau peuvent favoriser les contacts entre les communautés d’accueil et les personnes déplacées ou réfugiées, l’entretien collectif et le règlement de différends mineurs, mais l’accès et la sécurité dépendent des ressources et des relations locales. Le Soudan du Sud ne dispose d’aucun service national d’espaces publics régi par des règles uniformes. Il n’existe pas non plus de système national établi équivalent à un dispositif formel de logement partagé ; les arrangements d’hébergement chez l’habitant, les sites pour réfugiés ou personnes déplacées à l’intérieur du pays, les centres de transit et les arrangements relatifs aux terres communautaires sont traités au cas par cas. La coexistence numérique repose principalement sur les appels mobiles, les SMS et les réseaux sociaux. L’accès reste inégal : en 2024, le Soudan du Sud comptait environ 760 000 abonnements actifs au haut débit mobile et une couverture d’au moins la 3G pour environ 18 % de la population. Le coût du crédit téléphonique, la couverture réseau et les restrictions de sécurité influent sur l’utilisation ; les canaux numériques ne remplacent donc pas les mécanismes communautaires en personne. Il n’existe pas non plus de coûts, d’étapes d’inscription ou de délais de réponse normalisés à l’échelle nationale pour la participation, le dialogue ou la médiation coutumière ; des frais peuvent s’appliquer lorsque le droit local les autorise, tandis que de nombreux services de protection et de coexistence dépendent de projets ou de financements humanitaires.
Vivre ensemble au Soudan du Sud
Au Soudan du Sud, le vivre-ensemble est façonné par les autorités locales, les autorités traditionnelles, les groupes communautaires et les accords informels. Ces structures traitent de la participation du public, de la diversité, des conflits, des ressources partagées et de la coopération au quotidien, mais l’accès et la protection varient fortement selon les lieux et les conditions de sécurité. Il n’existe pas d’association de quartier nationale unique ni de service normalisé dédié au vivre-ensemble.
Conseil
Choisissez la voie locale adaptée au problème, à sa gravité et aux personnes concernées. Pour les différends locaux qui s’y prêtent, recourez au dialogue communautaire ou à la médiation coutumière, associez les groupes qui risqueraient autrement d’être exclus et utilisez les voies officielles de la police et de la justice en cas de crime grave ou de menace portant atteinte à des droits protégés. Considérez les communications numériques comme un complément, car la couverture, le coût et les conditions de sécurité varient.

