Le Sénégal dispose d’un système médiatique établi, mais fragmenté. La Constitution protège la liberté d’expression et permet la création de médias sans autorisation préalable ; le Code de la presse de 2017 couvre la presse écrite, les services audiovisuels et la presse en ligne. Les services professionnels de presse en ligne doivent respecter des exigences formelles : au moins 51 % de propriété sénégalaise, au plus 20 % de propriété étrangère, au moins trois journalistes et une direction éditoriale expérimentée. L’enregistrement et les déclarations peuvent relever du ministère de la Communication, du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) et du portail administratif numérique compétent. Le CNRA supervise les contenus audiovisuels, le pluralisme, l’éthique, les normes professionnelles, les obligations des diffuseurs et les sanctions. La Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) offre des services publics de télévision et de radio par voie terrestre, une application et les réseaux sociaux. Télédiffusion du Sénégal (TDS-SA) exploite la diffusion terrestre nationale. La télévision numérique terrestre, ou TNT, utilise les technologies DVB-T2 et MPEG-4. Deux de ses quatre multiplex sont gratuits et deux sont payants. TDS annonce une couverture d’environ 70 % de la population, 17 chaînes nationales gratuites et deux chaînes locales. Pour la réception gratuite, il faut une antenne et, selon l’équipement, un décodeur compatible DVB-T2. La couverture et la réception restent moins fiables dans certaines zones rurales. Les radios communautaires diffusent de l’information régionale, des programmes en langues locales et des espaces de débat public. L’Agence de Presse Sénégalaise (APS) fournit des nouvelles nationales et produit des contenus Web, audio et visuels. Les partis politiques, syndicats et organisations de la société civile peuvent accéder à la radio et à la télévision au titre des règles de pluralisme et de participation, notamment pendant les élections et les émissions d’information politique. L’accès à Internet, aux appareils et aux langues, ainsi que les inégalités régionales, limitent encore la participation concrète. L’offre de diffusion en continu est plus fragmentée. La RTS propose des émissions en direct et en rattrapage, tandis que TDS développe des services de catalogue, de vidéo à la demande, d’abonnement et de rattrapage. Les plateformes mondiales sont également disponibles : Netflix Sénégal affiche des abonnements de 2,99 à 9,99 USD par mois. Le coût total du visionnage en continu dépend de la plateforme, du forfait Internet et de la couverture réseau. L’accès à Internet est généralement payé au moyen d’un forfait mobile ou fixe, plutôt que par une redevance médiatique unique. En décembre 2025, le CNRA a ordonné à Canal+ Sénégal de supprimer l’intégration de Netflix des offres Canal+ avant le 26 décembre 2025 ; cela n’a pas supprimé l’accès autonome à Netflix par son site ou son application. La disponibilité des programmes télévisés et sportifs dépend des droits de diffusion. L’usage des réseaux sociaux se fait principalement sur mobile. Au quatrième trimestre 2024, l’ARTP a recensé environ 20,8 millions d’accès à Internet liés à des cartes SIM ou à des lignes, principalement mobiles. L’identification des abonnés est légalement obligatoire pour les services mobiles, fixes et Internet. Le Code de la presse s’applique aux médias professionnels en ligne et aux services audiovisuels diffusés sur Internet ; il ne classe pas automatiquement chaque publication d’un utilisateur privé comme un média professionnel. Les utilisateurs des réseaux sociaux restent soumis au droit sénégalais, aux règles des plateformes et aux exigences de protection des données. La diffamation, la désinformation et les actes portant atteinte à l’ordre public peuvent entraîner des risques juridiques. La Commission de Protection des Données personnelles (CDP) traite les droits liés à la protection des données, notamment l’information, l’accès, la rectification, l’opposition, l’effacement et les réclamations. La loi 2008-09 sur le droit d’auteur signifie que les films, la musique, les photographies et les retransmissions sportives ne peuvent généralement pas être copiés ou redistribués librement. Le Bureau Sénégalais du Droit d’Auteur (BSDA) a un rôle lié au droit d’auteur ; le CNRA traite les plaintes portant sur les contenus audiovisuels et l’ARTP celles concernant l’accès aux télécommunications, les fréquences et la qualité de service. Les enfants et les adolescents bénéficient de garanties particulières pour la diffusion audiovisuelle. Les règles du CNRA et les obligations des diffuseurs portent sur la classification des contenus, la diffusion de contenus sensibles ou violents en dehors des principaux horaires d’écoute des enfants et un délai minimal de trois secondes pour les émissions interactives en direct. Les décodeurs TDS peuvent proposer un contrôle parental et des profils ; Netflix offre des profils enfants et des réglages de maturité. La protection en ligne est moins uniformément encadrée au niveau national : la supervision parentale et l’éducation aux médias restent donc des mesures pratiques. En 2024, l’accès à Internet concernait 40,7 % des enfants de 10 à 14 ans. Les journalistes peuvent demander une carte nationale de presse à la Commission de la Carte Nationale de Presse. Le dossier peut exiger un quitus du CORED, des pièces d’identité ou de naissance, un extrait de casier judiciaire de moins de trois mois, un diplôme de journalisme ou une équivalence reconnue, trois photos, des frais de 10 000 FCFA et un engagement relatif à la perte du statut. Des voies fondées sur l’expérience professionnelle peuvent s’appliquer aux personnes sans diplôme de journalisme. La carte atteste le statut professionnel et facilite l’accès aux événements publics, sauf en cas de secret-défense, de secret de l’enquête ou de règles d’accès particulières. Les journalistes sont tenus de rechercher la vérité, d’agir avec honnêteté et impartialité, de respecter le droit du public à l’information et de préserver leur indépendance. Les réponses dans la presse écrite ont généralement un délai maximal de trois jours, ou de 24 heures en période électorale ; un refus peut être porté devant le CORED ou un tribunal compétent. Une entreprise de médias ou un service de presse en ligne est donc soumis à des exigences différentes de celles qui s’appliquent à un utilisateur individuel des réseaux sociaux. Pour choisir une source, comparez la responsabilité éditoriale, la langue, la couverture géographique, le coût d’accès, l’utilisation des données et le caractère direct, enregistré ou généré par les utilisateurs du contenu. Les personnes disposant de peu d’accès Internet à domicile peuvent privilégier la radio, les données mobiles ou la télévision terrestre gratuite, tandis que la fibre reste concentrée dans les zones mieux desservies : son taux de pénétration était de 4,2 % au total et de 0,2 % en milieu rural selon l’étude citée.
Les médias au Sénégal
Au Sénégal, les médias comprennent la presse écrite, la radio, la télévision, le journalisme en ligne, les services de diffusion en continu et les réseaux sociaux. L’accès diffère fortement entre zones urbaines et rurales : en 2024, 62,3 % des personnes de 10 ans ou plus utilisaient Internet, contre 79,4 % en zone urbaine et 41,3 % en zone rurale. La radio, la télévision terrestre gratuite et l’Internet mobile restent des moyens essentiels d’information et de participation.
Conseil
Choisissez vos moyens d’accès aux médias selon votre connexion, votre budget, vos besoins linguistiques et le type d’information recherché. Lorsque l’accès à Internet est limité, appuyez-vous sur la radio ou la télévision terrestre gratuite ; ajoutez les services mobiles ou de diffusion en continu si les coûts de données, la couverture et les droits de contenu vous conviennent. Vérifiez les sources et les autorisations, surtout pour les réseaux sociaux, les contenus destinés aux enfants et les contenus copiés.

