Les dettes privées au Sénégal peuvent provenir d’un prêt bancaire, d’un système financier décentralisé (SFD), d’une institution de microfinance (IMF), d’un financement public ou d’un accord informel entre proches ou membres d’un groupe. En 2024, le Sénégal comptait 128 IMF, 1 011 points de service et 4 467 772 comptes ; 20,3 % des adultes y avaient accès. Le portefeuille de prêts des IMF s’élevait à 772,6 milliards de FCFA et sa qualité s’est dégradée, passant de 4,7 % à 8,4 %, contre une norme communautaire de 3 %. Ces chiffres montrent pourquoi il faut examiner les modalités de remboursement et de recouvrement du prêteur avant d’emprunter. Parmi les dispositifs de financement public figure la Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ), qui cible les femmes, les jeunes et l’entrepreneuriat. Ses conditions documentées comprennent un taux effectif global (TEG) de 5 % et un cofinancement pouvant atteindre 8 % ; les demandes et décaissements peuvent se faire par voie numérique selon le programme. Le Fonds de garantie des investissements prioritaires (FONGIP) peut garantir des financements aux très petites, petites et moyennes entreprises ou grandes entreprises établies au Sénégal. Il exige un plan d’affaires et des fonds propres d’au moins 15 % pour une PME, 20 % pour une grande entreprise et 20 % pour une jeune entreprise. Le financement garanti peut atteindre 500 millions de FCFA pour une durée maximale de 60 mois, avec une garantie jusqu’à 80 %, un taux d’intérêt inférieur à 10 % par an et une commission de garantie de 1 % à 2 % par an. Un contrat de crédit doit préciser le principal, le TEG, les frais, les échéances, la durée, les garanties réelles et toute obligation de caution. Depuis le 1er juin 2026, le plafond d’usure de l’UMOA est de 14 % par an pour les banques et de 24 % pour les établissements de crédit, les IMF et les autres agents économiques. Un impayé peut entraîner des intérêts et frais de recouvrement, affecter le dossier de l’emprunteur au Bureau d’information sur le crédit (BIC) de l’UMOA et mener à l’exécution sur des biens donnés en garantie ou d’autres sûretés. Les banques, établissements financiers et IMF transmettent des données au BIC après consentement écrit ; une personne ou une entreprise peut demander leur rectification au BIC ou au créancier en joignant des justificatifs. Dans le cadre de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), les sûretés peuvent comprendre le cautionnement personnel, la garantie autonome ou la contre-garantie, le droit de rétention, une sûreté fondée sur la propriété, le nantissement, le privilège, l’hypothèque ou une sûreté portant sur des actifs d’entreprise. Un agent des sûretés peut administrer les garanties pour le compte des créanciers. Une caution peut engager la responsabilité d’une autre personne même si celle-ci n’a pas reçu le prêt ; il faut donc en vérifier la portée et le montant maximal avant de signer. En cas de difficultés de remboursement, le débiteur devrait contacter rapidement le prêteur pour négocier un échéancier ou un réaménagement écrit. Des arrangements familiaux ou collectifs sont possibles localement, mais leur force exécutoire, leur preuve et les garanties dépendent de l’accord. Une réclamation débute généralement par le service interne de la banque, du SFD, de l’IMF ou de l’émetteur de monnaie électronique, conformément à la circulaire applicable de la Commission bancaire. L’Observatoire de la qualité des services financiers du Sénégal (OQSF-Sénégal) propose une médiation financière gratuite et consensuelle aux personnes physiques et morales qui ont un différend avec une banque, un établissement financier, une IMF, La Poste ou un émetteur de monnaie électronique. L’OQSF rend une décision de recevabilité sous une semaine et vise à traiter la médiation en deux mois ; cette procédure n’annule pas automatiquement la dette. Les autres recours possibles comprennent le service de réclamations en ligne de la Commission bancaire ou le tribunal. L’Acte uniforme OHADA portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution (AUVE), en vigueur depuis le 16 février 2024, prévoit des procédures judiciaires telles que l’injonction de payer et les ordonnances de délivrance ou de restitution de biens. Les tribunaux peuvent autoriser des saisies conservatoires ou exécutoires portant sur des créances, biens meubles, salaires ou biens immobiliers. Le Sénégal dispose donc d’un système judiciaire de recouvrement et d’exécution, et non d’une procédure administrative générale de remise de dettes. Les difficultés d’une entreprise relèvent d’une procédure différente de celle des dettes ordinaires des particuliers. Avant la cessation des paiements, les entreprises admissibles peuvent recourir à la conciliation ou au règlement préventif. Après la cessation des paiements, un redressement judiciaire ou une liquidation des biens peut s’appliquer. L’Acte uniforme OHADA portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif (AUPC) s’applique aux commerçants, personnes physiques exerçant une activité commerciale et sociétés, entrepreneurs, certaines personnes morales de droit privé non commerçantes et entreprises publiques régies par le droit privé. Des procédures simplifiées existent pour les petites entités ; un syndic ou mandataire judiciaire désigné par le tribunal gère les étapes concernées, les créanciers déclarent leurs créances et les priorités et sanctions peuvent influer sur le résultat. La faillite personnelle, la banqueroute et le rétablissement sont des notions juridiques distinctes. Ces procédures d’entreprise ne créent pas de dispositif général d’insolvabilité pour les consommateurs. La dette publique du Sénégal est distincte des emprunts d’un ménage ou d’une entreprise. Les projections de 2025 faisaient état d’un encours de dette publique de 25 368,3 milliards de FCFA, équivalant à 117,3 % du PIB, et d’un service de la dette extérieure égal à 46,1 % des recettes publiques, contre un plafond communautaire de 22 %. Depuis 2026, la Stratégie de gestion de la dette publique et de la trésorerie (PTDS) vise à gérer activement la dette sur le marché régional des capitaux de l’UEMOA, à rétablir le profil de la dette et à protéger les normes de service de la dette et les marges budgétaires. Ces mesures concernent l’État souverain et ne donnent pas à un emprunteur individuel le droit d’obtenir une annulation de dette.
L’endettement au Sénégal
Au Sénégal, une dette correspond à une somme d’argent ou à une autre prestation due par une personne, un ménage, une entreprise ou une entité publique. Elle comprend les emprunts, échéances impayées, arriérés, garanties, recouvrements et mesures d’exécution. Le crédit formel provient surtout des banques, des établissements financiers et des systèmes financiers décentralisés, tandis que les prêts familiaux ou collectifs existent aussi de façon informelle. Aucun dispositif général d’insolvabilité des particuliers ni aucune annulation automatique des dettes n’est établi ; le contrat, le créancier et la procédure juridique déterminent les recours possibles.
Conseil
Au Sénégal, considérez tout emprunt comme un engagement qui doit correspondre à votre capacité réelle de remboursement et à son coût contractuel complet. Ne choisissez un crédit formel ou public qu’après avoir vérifié les échéances, les frais, les garanties et le risque assumé par une caution ; documentez tout aussi soigneusement un prêt informel. Si le remboursement risque de poser problème, contactez le créancier avant de manquer une échéance et conservez les preuves écrites nécessaires à un réaménagement, une réclamation ou une correction du dossier de crédit.

