La structure économique et l’emploi n’évoluent pas en parallèle en République du Congo. Les hydrocarbures représentent environ 40 % du produit intérieur brut et près de 80 % des exportations, mais emploient relativement peu de personnes. Les services représentent environ 33 % du produit intérieur brut, l’agriculture, la sylviculture et la pêche environ 6 %, et l’industrie manufacturière environ 6,5 %. Le travail indépendant, le travail familial non rémunéré et les activités de services et agricoles à faible productivité restent donc particulièrement importants pour l’emploi et les revenus. Chez les jeunes, la part de l’informel était de 71,6 % selon une analyse fondée sur l’Enquête sur la transition de l’école au travail. Le marché du travail formel est fortement concentré à Brazzaville et Pointe-Noire. Parmi les demandeurs d’emploi inscrits auprès de l’ACPE, environ 46,7 % se trouvaient à Brazzaville en 2025, 46,1 % à Pointe-Noire et 7,1 % dans les autres villes. En dehors des grandes villes, l’agriculture et les activités informelles occupent une place plus importante dans l’offre d’emploi. Chez les jeunes, la part des personnes travaillant dans l’agriculture était de 45,5 % en zone rurale, contre 3,5 % en ville. Les emplois formalisés par l’ACPE en 2025 étaient surtout concentrés dans le conseil et les ressources humaines (28,4 %), l’agriculture et l’agro-industrie (22,7 %), le transport et la logistique (11,1 %), le commerce (6,5 %), la construction (5,4 %) et le pétrole et le gaz (4,2 %). L’industrie et la maintenance, la sylviculture et le bois, ainsi que d’autres services complétaient ces domaines. Les services privés constituent un point d’entrée important pour de nombreux jeunes travailleurs, tandis que les postes techniques dans le pétrole, le gaz et l’industrie exigent des qualifications plus élevées et souvent une expérience documentée. Parmi les 41 298 demandeurs d’emploi inscrits auprès de l’ACPE, plus de 55,5 % avaient le baccalauréat (Bac) ou une qualification supérieure en 2025 ; 15 354 avaient une qualification de niveau Bac+3 (Bac+3) ou supérieur. Les candidatures étaient notamment concentrées dans le transport et la logistique, l’industrie et la maintenance, ainsi que la construction. Dans le groupe des candidats de l’industrie, les techniciens de maintenance représentaient 48,1 % ; dans la construction, les ouvriers du gros œuvre et des travaux généraux de chantier représentaient 64,9 %. La formation professionnelle et technique et la formation continue qualifiante devraient donc être davantage liées à la demande réelle. Le Fonds National d’Appui à l’Employabilité et à l’Apprentissage (FONEA) soutient les mesures d’employabilité et de formation. L’ACPE est un établissement public administratif qui a remplacé l’ancienne structure de l’Office National de l’Emploi (ONEMO) en vertu de la Loi n° 7-2019. Elle inscrit les demandeurs d’emploi, reçoit les offres d’emploi, conseille et oriente, organise des placements directs ou indirects, valide les contrats de travail et délivre des cartes de travail. En 2025, elle a inscrit 33 653 demandeurs d’emploi, 6 788 candidats à un stage et 857 candidats à une formation. Elle a indiqué 3 172 placements directs, dont 2 207 occasionnels et 965 permanents. De janvier à juin, plus de 90 % des placements directs ont été réalisés par la voie directe. La plateforme numérique joue un rôle croissant pour les inscriptions et les offres d’emploi ; aucun frais d’utilisation public ni délai uniforme de placement n’a été documenté. Le Code du travail s’applique au secteur formel. À qualifications égales, l’accès aux emplois du secteur privé peut être priorisé en faveur des ressortissants congolais. L’ACPE valide les contrats des travailleurs congolais et étrangers et délivre les cartes de travail. À l’inverse, le travail informel se déroule souvent sans contrat enregistré et sans la protection du droit formel du travail. Le SMIG de 70 400 XAF par mois s’applique à l’échelle nationale et à tous les secteurs comme plancher salarial formel ; il ne renseigne pas sur les revenus réels des activités informelles. Environ 84 % des emplois formalisés en 2025 étaient des contrats à durée déterminée (CDD), ce qui indique une faible stabilité contractuelle. La croissance économique était d’environ 2,6 % en 2024. Le chiffre d’affaires des entreprises non pétrolières a augmenté de 11 %, mais leur emploi n’a progressé que de 3 %. L’approvisionnement électrique peu fiable, l’accès limité au financement et un environnement des affaires difficile freinent les retombées de la croissance sur l’emploi. La baisse attendue de la production pétrolière et la transition vers une économie moins émettrice renforcent la nécessité de diversifier l’économie dans l’agro-industrie et la production alimentaire, la sylviculture, l’industrie manufacturière, la logistique, la construction, l’énergie, l’économie numérique et l’économie verte. En 2025, 27 023 emplois ont été formalisés pour des ressortissants congolais et 1 743 pour des travailleurs étrangers. Les ressortissants congolais représentaient donc 94,1 % de ces emplois ; le nombre d’emplois formalisés pour eux a augmenté de 82,4 % par rapport à l’année précédente, tandis que celui des travailleurs étrangers a diminué de 40,9 %. Les travailleurs étrangers étaient employés presque exclusivement dans le secteur privé et surtout dans le pétrole et le gaz, ainsi que dans l’industrie et la maintenance. Plusieurs catégories d’autorisation existent pour les travailleurs étrangers, notamment des permis de travail à durée déterminée ou provisoires et des permis pour les cadres expatriés. La République du Congo a ratifié en 2023 les conventions C097 et C143 de l’OIT sur la migration de main-d’œuvre. Pour les postes techniques supérieurs, des certificats internationaux et une expérience pertinente, notamment en ingénierie, dans le pétrole et le gaz et dans les opérations, restent des facteurs déterminants d’accès.
Marché du travail en République du Congo
Le marché du travail en République du Congo associe une main-d’œuvre informelle importante à des emplois formels concentrés surtout dans les villes, les services, l’agriculture, la construction, la logistique, l’industrie et le secteur pétrolier et gazier. Environ 75 % des travailleurs exercent dans l’informel, tandis que l’accès formel passe souvent par l’Agence Congolaise Pour l’Emploi (ACPE). Depuis janvier 2025, le salaire minimum légal (SMIG) est de 70 400 XAF par mois à l’échelle nationale, mais il ne constitue pas une référence pour les revenus informels.
Conseil
Prenez l’ACPE comme premier point de contact lorsque vous avez besoin d’un emploi documenté, d’un placement ou d’un examen de contrat. Comparez chaque offre au plancher salarial formel de 70 400 XAF et vérifiez si le contrat est temporaire ; le travail informel offre souvent moins de protection contractuelle. Orientez votre formation et vos recherches d’emploi notamment vers la logistique, la maintenance, la construction, l’agro-industrie, les services et d’autres secteurs en croissance.

