Toute personne qui entre au Paraguay ou en sort doit enregistrer son passage à un poste de contrôle de la DNM. Cet enregistrement est gratuit et nécessite un passeport valide ou, pour les ressortissants du MERCOSUR qui y sont admissibles, une pièce d’identité nationale valide. Selon sa nationalité, la personne peut devoir obtenir un visa du MRE avant le voyage ou à l’arrivée. Un visa ne garantit pas l’entrée, car la décision finale à la frontière revient à la DNM. Le séjour temporaire, appelé Estadía Transitoria, couvre le tourisme, le transit, les déplacements frontaliers, les soins médicaux et certaines situations particulières. Il dure normalement jusqu’à 90 jours et peut être prolongé une fois pour une période qui ne dépasse pas la durée initialement accordée. Depuis le 1er juillet 2026, les frais de cette prolongation sont de 585 385 Gs. Le dépassement de la durée autorisée ou le défaut d’enregistrement d’une entrée peut entraîner une amende ; l’amende actuelle de six unités est de 702 462 Gs. Une personne qui exerce une activité occasionnelle licite peut demander une Residencia Espontánea u Ocasional. Celle-ci autorise un séjour allant jusqu’à 90 jours et peut être prolongée une fois au cours de la même année. Elle ne constitue pas une étape admissible vers la résidence permanente. Les frais actuels de huit unités s’élèvent à 936 616 Gs. La demande exige une preuve d’identité, un visa le cas échéant, une preuve d’entrée et une déclaration sous serment décrivant l’activité et le domicile. La demande de résidence habituellement utilisée pour s’établir et exercer une activité licite est celle de la Residencia Temporal. Elle est accordée pour une durée maximale de deux ans et peut généralement être prolongée pour deux années supplémentaires. La personne doit présenter sa demande en personne à la DNM et fournit normalement ses documents d’identité et son passeport, un visa si nécessaire, une preuve d’entrée, un acte de naissance, des justificatifs d’état civil, des extraits de casier judiciaire du pays d’origine ou des pays de résidence au cours des trois dernières années, une attestation d’INTERPOL, une attestation paraguayenne relative aux antécédents de l’étranger et une déclaration sous serment de respect des lois et de la Constitution paraguayennes. Les documents de casier judiciaire délivrés à l’étranger doivent être apostillés ou légalisés par voie consulaire et par le MRE, puis traduits en espagnol par un traducteur agréé ; selon la pratique applicable, les documents en portugais du Brésil sont exemptés de traduction. Pendant l’instruction d’une demande complète de résidence, la DNM peut délivrer une Residencia Precaria pour 90 jours, renouvelable une fois. Elle permet de résider, de sortir du pays et d’y revenir, de travailler et d’étudier pendant la procédure, mais ne garantit pas l’approbation. Les frais combinés actuels pour la résidence temporaire, le certificat temporaire et un changement de catégorie sont de 2 926 925 Gs. La carte d’identité a normalement la même durée de validité que le document de résidence. La DNM peut demander des pièces supplémentaires même après avoir accepté le dossier initial ; la réception du dossier ne vaut pas approbation. Les ressortissants du MERCOSUR en provenance d’Argentine, du Brésil, d’Uruguay, de Bolivie, du Chili, du Pérou, de Colombie et d’Équateur peuvent demander une Residencia Temporaria MERCOSUR. Les pièces habituelles comprennent une pièce d’identité, un acte de naissance ou d’état civil, une preuve d’entrée et une déclaration sous serment attestant l’absence de condamnations pénales internationales. Les frais actuels de résidence temporaire MERCOSUR sont de 2 341 540 Gs. La demande de résidence permanente se fait normalement au moins 90 jours avant l’expiration du certificat temporaire ; à défaut, la personne peut devoir changer de statut en vertu de la loi générale sur l’immigration. En application de la loi 6774/2021, les ressortissants uruguayens disposent d’une autre base d’accès direct à la résidence permanente, sans étape temporaire préalable et sans frais au titre de cette disposition. La Residencia Permanente est à durée indéterminée, mais la carte de résidence et la carte d’identité paraguayenne doivent être renouvelées tous les dix ans. Une personne titulaire d’une résidence temporaire doit présenter sa demande à partir de 90 jours avant l’expiration et jusqu’à 30 jours après celle-ci. Une demande plus tardive peut entraîner une amende ; passé 30 jours, la personne doit généralement prolonger sa résidence temporaire à la place, jusqu’à six mois après l’expiration. Depuis le 6 juillet 2026, la résolution DNM 407/2026 fixe des conditions de solvabilité pour la résidence permanente relevant du droit général et pour les demandeurs du MERCOSUR. Les douze groupes comprennent les professionnels, les techniciens, les salariés, les travailleurs indépendants et les entreprises, les travailleurs à distance et nomades numériques, les propriétaires immobiliers, les actionnaires et associés, les agriculteurs et éleveurs, les religieux, les retraités et pensionnés, les personnes à charge et les étudiants. La personne doit prouver ses revenus réels ou ses moyens de subsistance ; les études seules ne suffisent pas. Les enfants et les adolescents âgés de 0 à 17 ans n’ont pas à justifier leur solvabilité. Certains membres de la famille peuvent demander directement la résidence permanente. Une personne paraguayenne rapatriée peut parrainer son conjoint, ses enfants, ses petits-enfants âgés de 18 ans au plus et le conjoint de son enfant. La procédure prévoit un Certificado de Repatriación délivré par le SEDERREC, une carte d’identité de la Policía Nacional et une demande auprès de la DNM ; le certificat peut supprimer les frais applicables. Le conjoint étranger ou l’enfant étranger d’un ressortissant paraguayen peut aussi obtenir la résidence permanente en application de la loi 2193/2003 après avoir demandé une carte d’identité en vue de s’établir définitivement. Si la personne dispose d’un certificat de rapatriement, la demande doit généralement parvenir à la DNM dans les 90 jours suivant l’obtention de la carte d’identité. Les personnes qui investissent peuvent recourir à la procédure du MIC et de SUACE. Le Ministerio de Industria y Comercio, par l’intermédiaire de SUACE, délivre une Constancia de Inversionista Extranjero. Ce certificat peut ouvrir l’accès à la résidence permanente directe au moyen d’une demande personnelle auprès de SUACE et de la DNM. En vertu du programme Investor Pass prévu par la résolution MIC 0283/2026, un investissement dans une entreprise exige au moins 70 000 USD et la création d’au moins cinq emplois formels, avec une mise en œuvre dans les 24 mois. Un investissement dans des instruments financiers exige au moins 200 000 USD conservés pendant au moins deux ans et n’impose aucune création d’emploi. Un investissement dans le tourisme exige au moins 150 000 USD, un plan d’affaires et un soutien technique. La liste actuelle des documents du MIC et son évaluation déterminent les pièces nécessaires. Les demandes pour des enfants et des adolescents doivent comprendre un acte de naissance et le consentement d’un parent ou d’un tuteur. Si l’un des parents est indisponible, un consentement notarié ou une autorisation judiciaire peut être nécessaire. Si aucun parent n’est disponible, le Juzgado de la Niñez y Adolescencia nomme ou reconnaît un tuteur. L’adulte responsable doit être paraguayen ou titulaire d’un permis de résidence valide. En principe, les migrants en situation régulière ont un accès égal à l’emploi, à la sécurité sociale, aux soins de santé, à l’éducation, à la justice, à la culture et aux loisirs. Ils doivent maintenir la validité de leur carte de résidence et de leur carte d’identité, enregistrer leurs entrées et sorties, déclarer tout changement d’adresse ou des renseignements fournis sous serment, et respecter les limites d’absence du territoire. Une absence de plus d’un an peut annuler la résidence temporaire, sauf autorisation de la DNM. Une absence injustifiée de plus de trois ans peut entraîner la perte de la résidence permanente. La résolution DNM 376/2026 régit les questions d’annulation et d’autorisation. Les personnes qui demandent une protection s’adressent à la CONARE, la Commission nationale pour les réfugiés, en application de la loi 1938/2002. La demande peut être déposée à la frontière ou au Paraguay, mais pas auprès d’une ambassade. Elle est personnelle et gratuite et comprend un formulaire, des renseignements d’identité, un entretien ainsi qu’une adresse réelle et légale. Le premier entretien peut donner lieu à une Constancia de Solicitud de Refugio, qui atteste la régularité du séjour et facilite l’accès au travail, aux déplacements à l’intérieur du pays ainsi qu’aux soins de santé et à l’éducation de base. Le certificat doit être renouvelé avant son expiration et ne permet ni de voyager ni de revenir au Paraguay. La procédure est confidentielle ; la décision de première instance peut prendre jusqu’à 90 jours. Les réfugiés reconnus obtiennent un titre de résidence de la DNM, puis une carte d’identité de la Policía Nacional. Les protections contre le refoulement et les garanties de réunification familiale s’appliquent. La naturalisation est distincte de la résidence permanente. En vertu de l’article 148 de la Constitution, un adulte doit généralement justifier d’au moins trois ans de résidence permanente, exercer une profession, un métier, une activité scientifique ou artistique ou une industrie, et présenter des garanties de bonne conduite. La demande est déposée personnellement auprès de la Cour suprême de justice avec l’assistance d’un avocat. Les pièces habituellement demandées comprennent la carte de résidence permanente, un certificat de résidence, la carte d’identité, le passeport ou l’acte de naissance, les extraits de casier judiciaire paraguayens et étrangers, une preuve d’emploi, d’études ou de profession, un curriculum vitæ, des déclarations sous serment et les frais applicables. Les exigences applicables ne font état d’aucun examen linguistique général. La pluralité de nationalités dépend d’un traité ou de la réciprocité constitutionnelle. Une personne naturalisée peut perdre sa nationalité à l’issue d’une procédure judiciaire après plus de trois ans d’absence injustifiée ou en acquérant volontairement une autre nationalité. La DNM peut rejeter une demande pour pièces manquantes ou fausses, interdiction d’entrée, mandat international, signalement ou vice de forme. La résidence permanente peut également être refusée pour des infractions intentionnelles passibles, selon le droit paraguayen, de plus de deux ans d’emprisonnement ou pour des actes délictueux répétés. Une annulation peut faire suite à une fraude, à des documents falsifiés, à une simulation, à une absence non autorisée, à des violations de la loi ou à une demande volontaire. Elle peut entraîner un délai de départ, une expulsion et une interdiction d’entrée d’au moins cinq ans ; un réexamen particulier est prévu lorsque la personne est mariée à un ressortissant paraguayen, a des enfants paraguayens ou détient la résidence permanente depuis plus de dix ans. Une personne peut contester un acte administratif individuel susceptible de recours en application de la loi 6715/2021. Le recours en réexamen doit normalement être déposé dans les dix jours suivant la notification ; une décision doit être rendue dans les 20 jours. Un recours hiérarchique peut être déposé directement ou après le recours en réexamen, également dans les dix jours ; une décision doit être rendue dans les 20 jours. Une fois les recours administratifs épuisés, une action contentieuse-administrative doit normalement être intentée dans un délai de 18 jours ouvrables. Un recours ne suspend pas automatiquement la décision. La DNM ou l’autorité décisionnaire peut ordonner une suspension si un risque de préjudice grave et irréparable, un vice important ou l’intérêt public le justifie. Une personne menacée d’expulsion ou de perte de statut devrait obtenir immédiatement un avis juridique spécialisé et vérifier la date et le mode de notification.
Droit de l’immigration au Paraguay
Le droit paraguayen de l’immigration régit l’entrée, les visas, le séjour, le travail et les études, la protection, la résidence permanente, la citoyenneté et l’éloignement. La Dirección Nacional de Migraciones (DNM) statue sur les demandes de résidence, le Ministerio de Relaciones Exteriores (MRE) traite les visas et la CONARE les demandes de protection. Le statut approprié dépend de la nationalité, du motif du séjour, des liens familiaux, des revenus ou investissements et de la durée prévue.
Conseil
Choisissez le fondement de résidence qui correspond à votre objectif réel, à votre nationalité, à votre situation familiale ou à votre investissement, au lieu d’entrer pour un court séjour en espérant régulariser votre situation par la suite. Respectez tous les délais, conservez les preuves d’entrée et de résidence et traitez les règles de travail, d’études, d’absence et de documents d’identité comme des obligations continues. En cas de refus, d’annulation ou d’expulsion, agissez immédiatement : les délais de recours sont courts et le recours ne suspend pas automatiquement la décision.

