Le cadre du droit civil au Niger est établi, mais fragmenté. Une étude officielle de 2019 indiquait que le Code civil français de 1804 était toujours appliqué et le décrivait comme obsolète. Il faut donc considérer ensemble les lois nationales, les règles coutumières, les usages locaux et les textes spéciaux. La règle applicable peut également dépendre de l’ordre public, d’une convention ratifiée, du statut des parties, du type de bien ou de contrat et de l’autorité compétente. Les textes adoptés et les autres règles qui prévalent en vertu de la loi l’emportent sur les usages incompatibles. OHADA signifie Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires. Ses règles s’appliquent directement et de manière contraignante au Niger depuis la ratification en 1995. Le cadre OHADA couvre le droit commercial général, les sociétés, les sûretés, l’arbitrage, la médiation, l’insolvabilité et les transports. Il ne constitue pas un code général des contrats civils applicable à tout accord privé ; un contrat non commercial peut plutôt relever du Code civil hérité, d’une loi spéciale, des règles coutumières et du libellé de l’accord. Dans certains cas appropriés, la capacité contractuelle peut aussi dépendre de la coutume des parties. L’état civil est régi notamment par la Loi n°2019-29 relative à l’état civil. Les actes de naissance, de mariage, de divorce ou de répudiation, et de décès sont établis auprès des centres principaux ou secondaires d’état civil, des centres de déclaration et des postes diplomatiques ou consulaires. Les officiers et agents d’état civil travaillent avec les communes et le ministère de l’Intérieur. Le registre national informatisé de l’état civil était signalé comme opérationnel dans 102 communes au 22 avril 2026. La démarche commence généralement auprès du centre d’état civil local compétent ; une rectification peut nécessiter l’intervention de l’autorité compétente en matière d’état civil ou d’un tribunal. Les frais et délais varient et aucun tarif universel n’a été vérifié. Les droits fonciers présentent une importance pratique majeure. L’Ordonnance n°2026-24 relative au régime foncier national a remplacé l’Ordonnance n°93-15. Les droits écrits et coutumiers coexistent, tandis que l’État reste propriétaire exclusif des ressources naturelles et seul législateur en matière foncière. Un droit coutumier peut être confirmé par une enquête publique contradictoire. En l’absence d’opposition, l’attestation qui en résulte peut tenir lieu de titre. Les services de conservation foncière sont décentralisés dans le ressort du Tribunal de grande instance (TGI) compétent. Des règles particulières peuvent aussi s’appliquer aux terres urbaines, pastorales, forestières, minières, gazières, routières et agricoles ; la commune, le service de conservation, le tribunal ou l’autorité coutumière compétents dépendent donc de la terre et de la démarche concernées. Le droit de la famille reste fragmenté, car les sources officielles consultées n’ont pas établi l’existence d’un code de la famille unifié. Les règles coutumières régissent couramment le statut personnel, le mariage, le divorce et la filiation. En cas de conflit de coutumes, celle de l’épouse s’applique au mariage, au divorce, à la garde des enfants et aux conséquences pour les époux lorsqu’elle est nigérienne ; sinon, celle du mari s’applique. Un mariage ou un divorce relevant du Code civil se traite devant un TGI. Un divorce coutumier peut être prononcé par un juge de commune ou un tribunal d’instance. La répudiation relève du régime coutumier, confère au mari un pouvoir unilatéral et doit être constatée par le juge de commune ou le tribunal d’instance. Le juge détermine séparément la garde, la pension alimentaire, la scolarité et les modalités de transport. L’enregistrement à l’état civil reste requis pour les événements familiaux concernés. En matière de succession et de testament, la coutume du défunt régit généralement les litiges. La loi ou les usages locaux peuvent s’appliquer lorsque les parties les demandent conjointement, lorsqu’aucune coutume applicable n’existe, lorsqu’une partie a clairement renoncé à la coutume applicable ou lorsque celle-ci est silencieuse. Des assesseurs coutumiers peuvent prêter assistance aux tribunaux et disposent d’une voix consultative. Les donations sont généralement examinées selon la coutume du donateur. Des autorités coutumières, des tribunaux civils, des assesseurs coutumiers et des notaires peuvent intervenir selon la transaction et le litige. Les preuves, les frais et les délais dépendent de l’affaire. Les actions en responsabilité civile reposent sur le Code civil hérité et sur des lois spéciales. Les recherches n’ont pas identifié de code actuel complet de responsabilité civile ni de barème standard d’indemnisation au Niger. Le demandeur doit donc établir devant le tribunal civil compétent les faits ou le comportement pertinents, le lien de causalité et le préjudice. Un tribunal, un avocat, le greffe et un huissier de justice, chargé notamment de la signification ou de l’exécution, peuvent intervenir. Les coûts et les délais ne sont pas uniformes. Les procédures civiles, commerciales et sociales relèvent du Code de procédure civile, Loi n°2015-23. Le système judiciaire comprend des tribunaux communaux, des tribunaux d’instance, des tribunaux d’arrondissement communaux, des TGI, des juridictions spécialisées en matière foncière rurale et commerciale, des cours d’appel et la Cour de cassation. Une procédure ordinaire commence généralement par une démarche au greffe ou par une assignation. La représentation personnelle est autorisée, sauf lorsqu’une procédure précise exige une représentation. Le référé est une procédure urgente, provisoire et contradictoire qui peut permettre d’obtenir une mesure provisoire immédiatement exécutoire. L’ordonnance sur requête est une décision écrite et non contradictoire qui peut être retirée ou contestée. Les délais identifiés sont de 15 jours pour l’appel d’une décision de référé et d’un mois pour un pourvoi en cassation contre une décision de la cour d’appel, sous réserve de la procédure applicable. Les règles d’exécution sont le plus clairement établies pour les affaires commerciales OHADA. L’AUVE de 2023, Acte uniforme OHADA portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution, s’applique directement aux États membres de l’OHADA, dont le Niger. Il prévoit notamment l’injonction de payer, l’injonction de délivrer ou de restituer un bien, les saisies conservatoires et les mesures d’exécution. Un huissier local, un juge ou un greffe met en œuvre la mesure applicable. Les affaires commerciales portées en cassation relèvent de la CCJA, Cour commune de justice et d’arbitrage de l’OHADA, tandis que les pourvois civils non commerciaux relèvent de la Cour de cassation du Niger. Pour les demandes civiles purement nationales qui échappent au cadre OHADA, la procédure d’exécution, les frais et les délais doivent être vérifiés pour chaque affaire.
Droit civil au Niger
Au Niger, le droit civil régit les relations privées entre personnes et organisations, notamment les contrats, les biens, la famille, les successions, la responsabilité, les procédures judiciaires et l’exécution. Ses sources comprennent les lois nationales, le Code civil français de 1804 hérité, les règles coutumières et les usages locaux. Les règles d’ordre public, les conventions ratifiées et les textes adoptés prévalent lorsqu’ils s’appliquent. Les affaires commerciales relèvent aussi des règles OHADA ; les questions purement civiles nécessitent souvent une analyse au cas par cas, car le Niger ne dispose pas d’un code civil moderne unique et complet.
Conseil
Commencez par classer le problème : affaire commerciale, foncière, familiale, successorale, responsabilité civile ou procédure civile ordinaire. Identifiez ensuite la règle écrite ou coutumière applicable, l’autorité compétente et les pièces nécessaires : une procédure commerciale OHADA diffère d’une procédure civile non commerciale, et les coûts, délais et résultats varient. Pour un litige foncier, familial, successoral, de responsabilité ou d’exécution, demandez un avis adapté à l’affaire avant d’engager des fonds ou de céder des droits.

