Le Myanmar propose plusieurs voies d’investissement formelles, mais elles diffèrent fortement en matière d’accès, de liquidité, de documentation et de protection juridique. Les actions cotées sont négociées à la Yangon Stock Exchange (YSX). Le Main Board de la YSX compte huit sociétés cotées : FMI, MTSH, MCB, FPB, TMH, EFR, AMATA et MAEX. Le Pre-Listing Board comptait MADPL et ASPGB enregistrées au troisième trimestre de l’exercice 2025/26 ; il sert de tremplin aux sociétés publiques non cotées et ne constitue pas une cotation au Main Board. La capitalisation boursière cumulée des deux marchés était d’environ 955 017 millions de MMK, et la valeur quotidienne moyenne des échanges d’environ 49 millions de MMK sur 57 jours de bourse. Ces chiffres indiquent un marché peu profond et concentré. Des actions de gré à gré peuvent aussi exister, mais la formation de leurs prix, leur réglementation, leur liquidité et les possibilités de sortie doivent être vérifiées séparément. Les bons du Trésor et les obligations d’État constituent une deuxième voie formelle. La Banque centrale du Myanmar (Central Bank of Myanmar, CBM) organise les adjudications primaires, tandis que des sociétés de valeurs mobilières peuvent donner accès aux achats secondaires. Le guide du marché obligataire de la YSX limite les activités de la bourse elle-même aux actions. Les titres publics comportent des risques liés au crédit souverain, à la durée, à l’inflation, au kyat du Myanmar et à la liquidité ; il faut confirmer l’admissibilité des particuliers, le lot minimum, le règlement et la disponibilité de chaque instrument auprès du courtier ou de la société de valeurs mobilières en activité. L’investissement direct peut se faire par l’intermédiaire d’une société privée ou publique du Myanmar, d’une coentreprise, d’une société étrangère ou d’une succursale enregistrée auprès de la Direction de l’investissement et de l’administration des sociétés (Directorate of Investment and Company Administration, DICA) et de son système d’enregistrement MyCO. Les inscriptions MyCO et les extraits officiels permettent de vérifier la propriété, les administrateurs, les déclarations et la situation de l’entreprise. Les frais d’enregistrement publiés sont de 300 000 MMK pour une société privée et de 2 500 000 MMK pour une société publique. Le Myanmar n’impose généralement pas de capital minimum, mais les secteurs réglementés, comme les banques, les assurances et les valeurs mobilières, sont soumis à des règles distinctes. Une participation étrangère ne dépassant pas 35 % dans une société du Myanmar peut éviter le statut de société étrangère, mais les restrictions sectorielles, la loi sur l’investissement étranger et les conditions imposées par les autorités restent applicables. Une société publique doit également obtenir un certificat de commencement des activités avant d’exercer ou d’inviter le public à souscrire des actions. La Commission de l’investissement du Myanmar (Myanmar Investment Commission, MIC) peut délivrer un permis ou une approbation pour les projets touchant à la stratégie nationale, aux investissements importants, à l’environnement ou aux communautés, aux terrains appartenant à l’État ou aux secteurs soumis à restriction. Une approbation peut faciliter l’accès à des droits fonciers et à des allègements fiscaux pour les projets admissibles, tandis qu’un permis concerne les projets exigeant une procédure d’approbation plus approfondie. La DICA indique des délais cibles allant jusqu’à 15 jours pour l’acceptation d’une proposition et jusqu’à 60 jours pour une décision de la MIC ; les délais réels dépendent du projet, des ministères et des documents. Certains secteurs agréés autorisent l’investissement sans partenaire local, tandis que les activités soumises à restriction peuvent exiger une coentreprise avec une entreprise du Myanmar ou des conditions locales. Les licences sectorielles, les autorisations environnementales, les documents fonciers et les déclarations ultérieures restent des obligations distinctes. Les investissements portant sur des actifs réels concernent souvent des droits d’usage foncier plutôt que la propriété foncière sans restriction par des étrangers. Les sources examinées n’établissent aucun droit général des étrangers à acheter des terres. En vertu d’un permis ou d’une approbation accordé au titre de la loi sur l’investissement au Myanmar, un bail initial peut durer jusqu’à 50 ans, avec des prolongations possibles de 10 ans, puis de 10 ans supplémentaires. Le droit foncier applicable et les conditions du projet continuent de régir l’accord. Les investisseurs citoyens et étrangers doivent donc procéder à des vérifications différentes ; un projet foncier nécessite aussi un examen du titre, des droits au bail, de l’usage autorisé, des infrastructures, de l’exposition aux risques environnementaux et des modalités de sortie. La participation étrangère aux transactions de la YSX est autorisée depuis le 20 mars 2020 au titre de la notification 1/2019 et de l’instruction 1/2020 de la SECM. La Commission des valeurs mobilières du Myanmar (Securities and Exchange Commission of Myanmar, SECM) supervise le marché des capitaux, tandis que les sociétés de valeurs mobilières agréées fournissent des services de courtage, de négociation, de prise ferme, de conseil et de tenue de comptes-titres. Un investisseur étranger fait généralement une demande par l’intermédiaire d’une société de valeurs mobilières, se soumet aux vérifications d’identité du client et passe le contrôle de la YSX destiné à éviter les comptes en double. Chaque société cotée possède son propre plafond de participation étrangère. Lorsque cette participation atteint ou approche une limite indicative, les achats peuvent être suspendus alors que les ventes restent possibles. Un étranger résident utilise un compte R-KAS ; un étranger non-résident utilise un compte N-KAS avec un compte N-FAS. Ces comptes sont réservés aux transactions sur titres et restent soumis aux règles locales applicables aux banques et aux cambistes agréés. Les pièces requises pour ouvrir un compte de titres de particulier varient selon le prestataire. MSEC indique qu’une personne doit fournir une carte nationale d’enregistrement et détenir un compte bancaire privé. Une société peut devoir présenter ses documents d’enregistrement, ses statuts, les formulaires VI et XXVI et une résolution du conseil d’administration. Un compte de dépôt à terme n’est pas accepté à cette fin. MSEC indique que l’ouverture du compte peut prendre jusqu’à neuf jours ouvrables, permet les ordres en ligne ou sur mobile et attribue un compte-titres par client. Un ordre ne peut plus être annulé après son exécution, et les retraits d’espèces ne peuvent être versés que sur le compte bancaire désigné. Les rapports de négociation font état de transactions continues et par blocs, avec un règlement à T+3. Les dividendes, intérêts et remboursements sont généralement versés par l’intermédiaire du dépositaire ou de la société de valeurs mobilières. Les horaires de négociation, les jours fériés, les types d’ordres, les opérations sur marge, la vente à découvert et l’accès à des produits dérivés doivent être vérifiés, car les sources examinées n’établissent pas l’existence pour les particuliers d’opérations sur marge, de ventes à découvert, d’options ou de contrats à terme. Les commissions prévues par la notification 2/2019 de la SECM sont de 1,0 % pour les transactions jusqu’à 1 000 000 MMK, de 0,7 % entre 1 000 001 et 10 000 000 MMK, de 0,5 % entre 10 000 001 et 100 000 000 MMK, et de 0,4 % au-delà de 100 000 001 MMK. Ce barème s’applique aux achats comme aux ventes. MSEC publie les mêmes taux et un plafond de 400 000 MMK dans la tranche la plus élevée. Les frais de la YSX et des sociétés de valeurs mobilières, la conservation, les transferts, les envois de fonds, les documents, les frais bancaires, les droits de timbre et les impôts peuvent augmenter le coût de la transaction ; il faut donc obtenir le barème en vigueur avant de passer un ordre. Le Département des recettes internes (Internal Revenue Department, IRD) considère les actions, les obligations, les titres et les accords similaires comme des actifs financiers. La déclaration et le paiement de l’impôt sur les plus-values sont généralement dus dans les 30 jours suivant la transaction, tandis qu’une déclaration récapitulative est en général due dans les trois mois suivant la fin de l’année de revenus. Le taux et le traitement applicables dépendent du statut de l’investisseur, de la transaction et de la loi fiscale de l’Union en vigueur. Les citoyens résidents, les étrangers résidents et les entités nationales peuvent être soumis à un champ d’application mondial plus large, tandis que les étrangers non-résidents et les organisations économiques étrangères sont généralement imposés sur les gains de source birmane. L’apurement fiscal peut également affecter les transferts et les envois de fonds. Le droit de l’investissement au Myanmar prévoit une protection contre l’expropriation, sauf dans l’intérêt public, ainsi que la non-discrimination, le respect de la procédure régulière et une indemnisation prompte, juste et adéquate pour les investissements admissibles. Ces protections ne dispensent pas de respecter les permis, les règles foncières et environnementales ni les autorisations requises pour les transferts, les changements d’actionnariat ou les modifications d’activité. Le rapatriement de dividendes, de bénéfices ou de capitaux transférés peut nécessiter une demande auprès de la MIC, un audit, un relevé bancaire, le formulaire 13 et une recommandation d’apurement fiscal, puis un traitement par la Banque centrale du Myanmar et le Comité de surveillance des changes. Les opérations de change sont réservées aux opérateurs agréés. Les flux de capitaux, les comptes bancaires, les taux de change et les pièces justificatives sont contrôlés ; le bulletin de la MIC publié en 2026 indique que les dollars américains ou les yuans chinois peuvent être acceptés pour les propositions et approbations de capitaux étrangers par l’intermédiaire de banques agréées. Un décalage de devises peut modifier sensiblement le résultat : un actif ou un flux de trésorerie en MMK financé en dollars américains ou en yuans peut perdre de sa valeur si le kyat se déprécie ou si la conversion et le rapatriement sont retardés. Parmi les autres risques figurent l’inflation, les conflits, la reconstruction après le séisme, les chocs pétroliers, les pannes d’électricité, les perturbations du commerce et de la logistique, la faiblesse de la demande, les pénuries de main-d’œuvre, le défaut de l’émetteur, une gouvernance ou une communication financière insuffisante, les interruptions de conservation et de règlement, les écarts de cours, la fraude, le démarchage non autorisé, les problèmes fiscaux et de lutte contre le blanchiment, les catastrophes naturelles et l’évolution des politiques ou du droit. Les données de recherche font état d’une inflation sur un an de 24,6 % en avril 2026, d’une estimation de croissance réelle du PIB de −2,0 % pour l’exercice 2025/26 et d’une prévision de croissance de 2,0 % pour l’exercice 2026/27 par la Banque mondiale. La vérification des sanctions fait partie de toute évaluation d’investissement. Les mesures restrictives de l’UE ont été prolongées jusqu’au 30 avril 2027 ; au 27 avril 2026, 105 personnes et 22 entités étaient inscrites sur la liste. Les gels d’avoirs et l’interdiction de mettre des fonds ou des ressources économiques à disposition peuvent concerner les émetteurs, les propriétaires, les banques et les contreparties. Il faut vérifier ensemble les listes applicables de l’UE, des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’ONU, ainsi que les bénéficiaires effectifs et le circuit de paiement envisagé. Un portefeuille local peut rapidement devenir concentré, car le marché coté compte peu d’émetteurs et couvre un nombre limité de secteurs. La finance, l’immobilier et les zones économiques spéciales, les télécommunications, la logistique, le tourisme, le commerce de gros et l’agriculture y sont représentés, mais les produits locaux permettent difficilement une large diversification mondiale. Une évaluation prudente compare l’investissement aux engagements en MMK, conserve une réserve de liquidités distincte, teste la taille de la position en fonction d’une longue période de sortie et vérifie si l’horizon prévu est compatible avec le règlement à T+3 et la faiblesse de la demande sur le marché secondaire. Les stratégies à long terme fondées sur les actions et les dividendes, l’étude des émetteurs et une exposition choisie aux obligations d’État sont différentes de la négociation à court terme. Les augmentations de capital avec droits nécessitent d’examiner la dilution, le cours théorique ex-droit et toute approbation de la CBM. Les sources officielles examinées n’établissent pas que les fonds communs de placement, les fonds négociés en bourse, les produits dérivés cotés ou les cryptoactifs de détail réglementés soient des voies d’accès courantes pour les particuliers ; il ne faut donc pas supposer qu’ils sont disponibles au Myanmar.
Investir au Myanmar
Investir au Myanmar peut passer par les actions de la Yangon Stock Exchange, les titres publics, des investissements directs dans des sociétés, des projets agréés ou des droits d’usage foncier. L’accès formel existe, mais le marché est fragmenté, les échanges sont peu liquides et les contrôles des changes peuvent retarder les sorties ou les transferts de bénéfices. L’inflation, les perturbations politiques et opérationnelles, les sanctions, le risque lié aux émetteurs et l’évolution de la réglementation peuvent affecter sensiblement les rendements.
Conseil
Considérez l’investissement au Myanmar comme une activité spécialisée, concentrée et potentiellement difficile à liquider, plutôt que comme un simple substitut à un portefeuille diversifié. Les actions cotées peuvent convenir à une longue période de détention si vous acceptez des échanges peu liquides ; les titres publics, les sociétés privées et les projets agréés par la MIC exigent chacun des vérifications distinctes des devises, permis, liquidités et contrôles. Gardez les liquidités nécessaires hors de l’investissement, vérifiez les modalités de paiement et de rapatriement, et contrôlez toutes les parties avant d’engager des fonds.

