La Constitution du Mozambique confère au portugais le statut de langue officielle (língua oficial), c’est-à-dire la langue utilisée pour l’administration de l’État et les actes publics formels. Elle reconnaît également les langues nationales comme partie du patrimoine culturel et éducatif du pays et soutient leur développement et leur usage élargi comme langues identitaires. Elles n’ont pas le même statut officiel que le portugais. Le portail de l’État répertorie 20 langues nationales, notamment l’emakhuwa, le xichangana, le cinyanja, l’elomwe, le cisena, l’echuwabo, le cindau, le xitswa, le xironga, le cicopi, le gitonga, le kimwani, le makonde, le cinyungwe, le ciyao, le cisenga, le cishona, l’ekoti, le memane et le zoulou. Les noms et classifications peuvent varier selon les sources. La langue maternelle (língua materna) est la première langue d’une personne ; la langue seconde (língua segunda) est une autre langue apprise ultérieurement ; une langue véhiculaire (língua veicular) est une langue commune utilisée entre des personnes ayant des langues maternelles différentes. Le portugais est aussi parlé dans une variété nationale mozambicaine souvent appelée portugais mozambicain (Português Moçambicano). Les variétés locales peuvent être décrites comme variantes linguistiques (variantes linguísticas) ou dialectes (dialectos), mais ces appellations n’ont pas partout la même portée sociale. Les usages régionaux sont divers. Le nord et le nord-est utilisent notamment l’emakhuwa, le cinyanja, l’elomwe, le makonde et le kimwani. Au centre, on trouve notamment le cisena, le cindau, l’echuwabo et le cinyungwe. Au sud, on trouve notamment le xichangana, le xironga, le xitswa, le cicopi et le gitonga. Ces tendances varient selon la province et la communauté et ne suivent pas une carte linguistique nationale unique. Dans la province de Maputo, le recensement de 2017 a enregistré le portugais comme langue maternelle pour 49,5 % de la population et le xichangana pour 36,6 %. Le recensement de 2017 a relevé la langue maternelle des personnes âgées de cinq ans et plus, et non leur capacité générale à parler chaque langue. Les proportions déclarées étaient les suivantes : emakhuwa 26,1 %, portugais 16,6 %, xichangana 8,6 %, cinyanja 8,1 %, elomwe 7,1 %, cisena 7,1 %, echuwabo 4,7 %, cindau 3,6 %, xitswa 3,6 %, autres langues mozambicaines 11,8 %, langue inconnue 1,8 % et autres langues étrangères 0,5 %. Une analyse distincte indiquait qu’environ 57 % des personnes parlaient portugais, souvent comme deuxième langue acquise à l’école. Les communautés rurales et périurbaines ont particulièrement tendance à utiliser les langues locales au quotidien. L’administration formelle et la justice utilisent généralement le portugais pour les actes écrits et oraux de l’État. Les langues locales peuvent être déterminantes pour les explications, la médiation, l’information communautaire et l’accès pratique, mais elles ne sont pas automatiquement co-officielles dans une province ou une institution. Le Mozambique n’impose pas d’examen général de langue pour la participation à la vie quotidienne et aucun droit national général à une interprétation individuelle gratuite n’est établi. La traduction ou l’interprétation dépend de la situation et de l’institution. La Stratégie d’expansion de l’enseignement bilingue 2020–2029 (Estratégia de Expansão do Ensino Bilíngue 2020–2029) soutient la scolarisation bilingue. Dans le modèle prévu, une langue locale est utilisée pour enseigner de la 1re à la 3e année, parallèlement au portugais comme matière ; la transition a lieu en 4e et 5e années, puis le portugais devient la langue d’enseignement intégrale à partir de la 6e année. Les enseignants peuvent continuer à utiliser une langue locale pour expliquer les notions difficiles, et les examens utilisent le portugais et la langue locale concernée. La couverture n’est pas encore uniforme dans tout le pays. Il existe aussi un parcours parallèle en portugais, où les langues locales servent principalement d’appui. L’éducation des adultes utilise une langue locale au niveau 1 et le portugais au niveau 2 ; les programmes recensés associent le portugais à cinq langues locales, tandis qu’une standardisation écrite a été signalée pour 19 langues locales. Rádio Moçambique diffuse en portugais, en anglais et dans 19 langues bantoues mozambicaines. Les stations provinciales utilisent principalement des langues locales, mais le choix exact et la couverture dépendent de la station et de la région. Les langues locales soutiennent l’identité, la vie culturelle, l’information communautaire, la communication sur la santé, l’accès à l’administration et la participation politique. Le portugais reste le principal lien pour les échanges entre régions et la participation institutionnelle. Les chiffres les plus récents des recherches disponibles reposent principalement sur le recensement de 2017 ; ils ne doivent donc pas être considérés comme une estimation actuelle sans autre élément à l’appui.
Les langues au Mozambique
Le paysage linguistique du Mozambique associe le portugais, seule langue officielle, à de nombreuses langues nationales utilisées dans les foyers, les communautés, l’éducation, les médias et la culture. Le portugais relie les régions et domine l’administration formelle, la justice, les démarches écrites et l’enseignement supérieur, tandis que l’usage des langues locales varie fortement selon la province et la communauté. Au recensement de 2017, l’emakhuwa était la langue maternelle la plus souvent déclarée par les personnes âgées de cinq ans et plus (26,1 %), contre 16,6 % pour le portugais ; environ 57 % des personnes étaient déclarées parler portugais, souvent comme deuxième langue. L’accès à l’information publique peut donc dépendre à la fois du portugais et de la langue locale pertinente.
Conseil
Au Mozambique, choisissez la langue en fonction de la situation : privilégiez le portugais pour les documents formels, les échanges entre régions ou les études supérieures, et la langue locale pertinente lorsque la compréhension et la portée communautaire sont prioritaires. Une approche bilingue est raisonnable lorsque ces deux besoins coexistent, mais ne supposez ni qu’une langue locale est co-officielle ni que l’interprétation est gratuite. Vérifiez l’institution, la province et le moyen de communication réellement utilisé avant de transmettre des documents, de choisir un parcours scolaire ou de vous fier à une information publique.

