Monaco n’a pas de bassin d’emploi interne comparable à celui d’un grand pays. Le principal bassin d’emploi est Monaco même, mais la main-d’œuvre vient surtout des Alpes-Maritimes, du reste de la France et de l’Italie. Environ 75 % de l’ensemble des travailleurs viennent des Alpes-Maritimes, 14 % de Monaco et 8 % d’Italie. En 2022, quelque 89 % des salariés du secteur privé faisaient la navette, dont environ 80 % résidaient en France. Environ 33 200 résidents de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur travaillaient à Monaco en 2021, soit environ 30 % de plus qu’en 2010. Nice fournissait environ 25,5 % des salariés du secteur privé, Menton 12,2 % et les résidents de Monaco environ 5 987 travailleurs. En 2024, les emplois du secteur privé se concentraient dans les activités scientifiques et techniques et les services administratifs et de soutien, avec 18 176 emplois ; l’hébergement et la restauration, avec 9 047 ; la construction, avec 7 058 ; les autres services, avec 7 737 ; l’administration publique, l’éducation, la santé et l’action sociale, avec 4 611 ; ainsi que la finance et l’assurance, avec 4 587. Le commerce de détail représentait 3 231 emplois, le commerce de gros 2 775, l’industrie 2 734, le transport et l’entreposage 2 084, l’immobilier 1 881 et l’information et la communication 1 678. Les services administratifs et de soutien comprennent le travail temporaire, tandis que les autres services comptent environ 3 695 salariés à domicile. L’hôtellerie et la restauration constituent le deuxième secteur privé de Monaco. Les emplois du secteur privé ont augmenté de 5,5 % en 2024 et le temps de travail enregistré a dépassé 107 millions d’heures, soit une hausse de 4,5 %. La construction a dépassé 7 000 emplois. En 2025, le secteur privé comptait environ 64 770 emplois à la mesure de décembre, soit 829 de moins qu’en décembre 2024, mais toujours le deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré. Le temps de travail est tombé à 105,7 millions d’heures, en baisse de 1,9 %. Les services administratifs et de soutien ont diminué de 10,7 %, le travail temporaire de 14,8 %, la construction hors travail temporaire de 5,2 % et l’industrie de 7,5 %. L’hôtellerie et la restauration ont progressé de 3,3 %, les arts, le sport et les loisirs de 7,2 %, et les activités scientifiques et techniques de 5,3 %. Le travail temporaire constitue un volant d’ajustement saisonnier et lié aux projets et peut servir de voie d’accès à l’emploi. En 2025, Monaco comptait 18 agences de travail temporaire, environ 47 000 missions, 269 millions d’euros de chiffre d’affaires, 6 458 travailleurs et 8,5 millions d’heures de travail. La construction représentait 40,3 % des missions et 69,6 % des journées travaillées. Le recul fait suite à l’achèvement de grands chantiers ; les chiffres du travail temporaire ne doivent donc pas être interprétés comme une mesure permanente de la demande. Pour travailler dans le secteur privé, un ressortissant étranger doit obtenir un permis de travail, quelle que soit la durée du contrat, la rémunération ou le type de contrat. Le permis est lié à l’employeur et à la profession. Un changement d’employeur, de profession ou de modalité de télétravail exige une nouvelle demande ou une modification du permis. Avant le début du travail, l’employeur doit obtenir une autorisation d’embauche écrite. Si les candidats ont des qualifications suffisantes, Monaco applique un ordre de priorité : les conjoints, enfants ou enfants adoptés de Monégasques et les personnes d’ascendance monégasque viennent en premier ; puis les personnes liées par un partenariat domestique enregistré avec une personne monégasque, les parents d’un enfant monégasque, les résidents de Monaco et les résidents admissibles des communes limitrophes ayant déjà travaillé à Monaco. Les autres candidats étrangers viennent ensuite. Pour accéder à la fonction publique, les ressortissants monégasques sont également prioritaires, sous réserve des conditions de nationalité et de poste vacant. Le Service de l’Emploi et la Direction du Travail fournissent information, accompagnement, mise en relation professionnelle, traitement des dossiers employeurs, services relatifs aux permis de travail et autorisations d’embauche, contrôle de l’application de la loi n° 629 et statistiques du marché du travail. MonGuichet permet aux employeurs et demandeurs d’emploi de gérer leurs comptes et les offres en temps réel ; plus de 2 900 comptes employeurs et 300 comptes demandeurs d’emploi ont été recensés en 2024. Les postes publics sont publiés sur MonServicePublic. JobMonaco et MonacoPlatform offrent des services privés supplémentaires de mise en relation commerciale et de gestion de CV. Les candidatures peuvent aussi être envoyées directement aux employeurs et concerner des contrats permanents, à durée déterminée, saisonniers ou temporaires, des stages ou des contrats d’alternance. Les offres officielles exigent fréquemment le français. L’anglais et l’italien peuvent être utiles selon le secteur. L’alternance est ouverte de 16 à 29 ans et permet d’obtenir des qualifications allant du CAP au Bac+5 dans tous les secteurs. La Cellule Emploi-Jeunes accompagne le placement et le suivi. L’accès s’adresse particulièrement aux ressortissants monégasques, aux résidents de Monaco et aux résidents admissibles des communes limitrophes ayant suivi une formation à Monaco. Les filières bancaires comprennent le Bachelor in Business Administration Monaco Banking & Financial Services au niveau Bac+3 et le MSc Finance Corporate Banking & Financial Institutions au niveau Bac+5. Le recrutement concerne aussi l’hôtellerie-restauration, le luxe, la finance et l’assurance, la banque, la comptabilité et le droit, la construction, l’industrie, le commerce, la santé, l’énergie, les services numériques, le yachting, la logistique et l’éducation. En 2024, la rémunération brute mensuelle équivalent temps plein du secteur privé présentait une médiane de 3 339 € et une moyenne de 4 931 €. Le dixième inférieur gagnait moins de 2 302 € et le dixième supérieur plus de 7 505 €. La médiane atteignait 6 613 € dans la finance et l’assurance, 4 244 € dans l’information et la communication et 3 914 € dans le commerce de gros. Les médianes sectorielles plus basses comprenaient 2 943 € dans les activités scientifiques et techniques, 3 030 € dans l’immobilier et 3 049 € dans le commerce de détail. Au 1er juin 2026, le salaire minimum légal à Monaco était de 12,31 € par heure ou 2 080,39 € par mois pour 39 heures par semaine et 169 heures par mois, avec une indemnité exceptionnelle légale supplémentaire de 5 % sur les salaires minimaux. La rémunération des apprentis varie selon l’âge et l’année du contrat, en pourcentage du SMIC. Le télétravail relève d’un cadre formel défini par la Direction du Travail et ne peut représenter plus des deux tiers du temps de travail hebdomadaire. L’employeur prend en charge les frais nécessaires, et les télétravailleurs conservent les mêmes possibilités d’évolution de carrière et de formation. Le permis de travail doit mentionner le télétravail ou être modifié. Les employeurs accomplissent les formalités d’embauche et d’inscription, tandis que les salariés sont affiliés aux Caisses Sociales de Monaco, notamment à la CCSS, à la CAR et à la CMRC. Les travailleurs indépendants relèvent de la CAMTI et de la CARTI. Les frais standard exacts et les délais de traitement n’ont pas pu être vérifiés de façon fiable ; un processus entièrement numérique comprenant des formulaires, des signatures électroniques, un paiement en ligne et une base de données de CV a été annoncé pour 2026, mais son fonctionnement intégral n’avait pas été confirmé séparément. Un taux conventionnel d’emploi ou de chômage ne donne pas une image fiable de Monaco, car la main-d’œuvre est composée en majorité de travailleurs faisant la navette et la population résidente est faible par rapport au nombre d’emplois. Il est préférable d’évaluer le marché du travail à partir des emplois par secteur, des flux de travailleurs, des offres, des salaires, des permis et de la demande des employeurs.
Marché du travail à Monaco
Le marché du travail monégasque est transfrontalier, axé sur les services et emploie de nombreux travailleurs qui font la navette depuis la France et l’Italie. En 2024, il comptait 60 454 salariés annuels du secteur privé, 5 226 agents de l’État, 6 092 travailleurs indépendants et 6 355 employeurs privés. La finance, l’hôtellerie, la construction, les services aux entreprises, le commerce de détail et les services publics figurent parmi ses principaux secteurs d’activité.
Conseil
Considérez Monaco comme un marché du travail transfrontalier : choisissez le canal d’accès adapté, vérifiez votre admissibilité au permis de travail et comparez l’ensemble de la rémunération et des trajets avant d’accepter une offre. Un poste permanent offre plus de continuité, tandis qu’un travail temporaire ou saisonnier et l’alternance peuvent faciliter l’accès à l’emploi lorsque votre expérience ou vos disponibilités sont limitées. Ne commencez pas le travail avant que l’employeur ait obtenu l’autorisation écrite requise et que votre permis corresponde à l’employeur, à la profession et au télétravail prévu.

