Le cadre juridique principal comprend le Code du Statut Personnel (CSP, loi 2001-052), le Code de l’état civil (loi 2011-003), le Code général de protection de l’enfant (loi 2018-024) et l’ordonnance 2005-015. La khitba, ou proposition de mariage, n’a pas en soi d’effet juridique. Le mariage est un contrat officiel. Les exigences habituelles sont les suivantes : deux époux, leur consentement, un weli, un SADAQ convenu, deux témoins et la procédure d’état civil requise. La capacité de se marier commence à 18 ans. Une femme majeure donne son propre consentement et a également un weli. Le contrat de mariage peut comporter des conditions, notamment une clause de monogamie. La polygamie est autorisée sous réserve d’un traitement équitable et du respect des obligations préalables d’information. Le mariage officiel doit être enregistré auprès du système d’état civil dans un délai de trois mois. En règle générale, un mariage non enregistré ne peut être prouvé que par un jugement définitif. Le mariage crée des obligations concernant le logement, la NEFAQA, la fidélité et l’assistance mutuelle. La NEFAQA couvre la nourriture, les vêtements, le logement et les besoins essentiels ; les tribunaux l’évaluent en fonction des ressources, des besoins et du coût de la vie. Le CSP attribue au mari la responsabilité familiale et à l’épouse la participation à la vie de famille ; une épouse conserve généralement le contrôle de ses biens. La filiation juridique suit les règles applicables au mariage, à la reconnaissance et aux preuves. Dans ce cadre, l’adoption ne crée pas de filiation juridique. Lorsqu’un enfant a été abandonné ou laissé sans soins, les institutions responsables déterminent les dispositions relatives à sa garde et à son entretien. La HADHANA concerne les soins quotidiens et la protection de l’enfant, et se distingue de la tutelle. Après une séparation, la mère a généralement la priorité pour la HADHANA, suivie par l’ordre défini des membres de la famille, sous réserve de l’intérêt de l’enfant et de l’aptitude de la personne qui en a la charge. L’autre parent conserve ses droits de visite et d’information. La HADHANA n’est normalement pas rémunérée. Le défaut de paiement d’une NEFAQA fixée par décision de justice pendant plus de deux mois peut entraîner des conséquences pénales. La répudiation par un homme se déroule devant un juge ou un MOUSLIH et comprend une conciliation. Le divorce est judiciaire. Une épouse peut demander le divorce pour préjudice prouvé après l’échec de la conciliation, pour absence de cohabitation depuis plus d’un an ou pour d’autres motifs prévus par le CSP. La Direction de la Famille, de la Promotion Féminine et du Genre (DFPFG) traite les conflits familiaux, les demandes de conseils sociaux et juridiques, la médiation et l’aide pour les demandes de pension alimentaire. Le Ministère de l’Action Sociale, de l’Enfance et de la Famille (MASEF) dirige les politiques relatives à la famille, aux femmes et à la protection de l’enfance et dispose de structures régionales pour les dossiers hors de Nouakchott. Les Tribunaux des Moughataa, les chambres civiles, le Parquet et les MOUSLIH traitent les questions d’état civil, de pension alimentaire, de garde et de divorce. Une aide juridictionnelle est disponible auprès d’un bureau régional pour les personnes qui peuvent prouver leur besoin et présenter une demande ayant, à première vue, un fondement suffisant ; le service est gratuit et la décision est censée intervenir dans un délai de 15 jours à un mois au maximum. Les réclamations en matière de conflit familial auprès de la DFPFG sont déclarées gratuites, mais leur délai de traitement n’est pas défini. Le MASEF a pour mandat de lutter contre les violences familiales et domestiques. La loi sur la protection de l’enfance traite des violences, de l’exploitation et des pratiques préjudiciables, mais son application et le signalement des cas sont inégaux. Les familles, les responsables communautaires et les ONG restent des voies informelles importantes, en particulier lorsque les services officiels sont éloignés. Le CPSE offre une protection et un soutien psychologique, juridique et social, ainsi que des services de réinsertion ; des unités documentées se trouvent à El Mina et Dar Naim, avec une antenne à Sebkha. La Direction de l’Enfance soutient les droits de l’enfant, les soins de la petite enfance et la protection. La DASSN et la DPSSN fournissent une aide sociale et des services destinés aux personnes âgées, tandis que la DPSH soutient les personnes handicapées. Taazour et Tekavoul utilisent le registre social pour les transferts sociaux ; le registre national compte 353 272 ménages et Tekavoul couvre 133 510 ménages extrêmement pauvres. Les transferts de la DPSH aux familles d’enfants présentant plusieurs handicaps sont signalés comme en cours, les données de recherche indiquant un montant de 0 MRU. Les documents d’état civil influent sur l’identité, la scolarité, l’héritage, les prestations et l’accès aux services. Une naissance doit être déclarée dans les 60 jours. La déclaration peut être faite par un membre de la famille élargie ; un extrait délivré par l’établissement de santé et le certificat de mariage des parents justifient l’enregistrement. L’enregistrement est gratuit, mais les copies sont payantes. Un décès doit être déclaré dans les 30 jours par les héritiers ou un représentant légal, au moyen de l’extrait sanitaire ou de l’acte de décès pertinent, de l’acte de naissance, de l’autorisation d’inhumer et de deux témoins. Le certificat de décès facilite l’inhumation, la succession et l’aide sociale. Les certificats de mariage, de divorce et de décès attestent l’état civil. Les successions suivent le CSP et les parts successorales islamiques. Pour obtenir des services à la famille, il peut falloir une pièce d’identité, des documents d’état civil et une preuve de résidence ou de lien avec la commune, selon l’institution ou le tribunal. L’éloignement, les frais, les documents manquants, la faiblesse du réseau ou l’accès limité aux services, la langue et le manque d’information peuvent retarder l’assistance. Les services et les structures de protection sont concentrés à Nouakchott, bien qu’il existe des services régionaux du MASEF. Les statistiques disponibles de l’UNICEF indiquent que 45 % des enfants de moins de cinq ans ont été déclarés à la naissance, que 37 % des femmes de 20 à 24 ans ont été mariées avant 18 ans, que 80 % des enfants de 1 à 14 ans ont subi une discipline violente, et que l’excision concerne 64 % des femmes de 15 à 49 ans. Pour la petite enfance, les indicateurs signalent une stimulation par un adulte pour 44 % des enfants de 24 à 59 mois et une participation aux services de développement de la petite enfance pour 12 % des enfants de 36 à 59 mois.
Famille en Mauritanie
La vie familiale en Mauritanie est façonnée par le droit formel, l’état civil et les pratiques de la famille élargie ou de la communauté. Le mariage, la filiation, la garde des enfants, le soutien financier, la séparation, la protection et l’héritage sont principalement régis par le Code du Statut Personnel et les lois connexes sur l’état civil et la protection de l’enfance. L’accès aux services varie selon la région, les documents disponibles, les revenus et la distance des institutions.
Conseil
Considérez les documents d’état civil comme la base permettant de prouver les liens familiaux et d’accéder à la scolarité, à l’héritage, aux prestations et à la protection. Pour un différend gérable, choisissez la médiation ou l’aide communautaire uniquement si aucune décision officielle exécutoire n’est nécessaire ; adressez-vous à l’autorité ou au tribunal compétent lorsqu’une pension alimentaire, la garde, l’état civil, des violences ou la protection d’un enfant sont en jeu. Les documents manquants, la distance et la concentration des services à Nouakchott peuvent retarder toutes les démarches : préparez donc les justificatifs et les copies à l’avance.

