La Déclaration constitutionnelle de 2011, amendée huit fois jusqu’en 2014, reste le fondement constitutionnel provisoire. Le projet de constitution de 2017 n’est pas devenu la constitution en vigueur et il n’existe pas de calendrier national fiable pour achever un règlement constitutionnel permanent. Le cadre garantit formellement les droits et libertés, le respect de la légalité, l’accès à la justice et l’indépendance de la justice, mais les différends politiques et institutionnels limitent leur application cohérente. Le Conseil présidentiel (CP) agit comme chef collectif de l’État dans le cadre transitoire. Le Gouvernement d’unité nationale (GNU) exerce les fonctions exécutives depuis Tripoli et l’ouest, tandis qu’un gouvernement nommé par la Chambre des représentants opère dans certaines parties de l’est et du sud. La Chambre des représentants (HoR) est l’institution législative, bien que son mandat politique soit contesté. Le Haut Conseil d’État (HCS) joue un rôle politique et consultatif. Parmi les autres institutions nationales figurent la Banque centrale de Libye (CBL), la Compagnie nationale de pétrole (NOC), les ministères, les tribunaux, le Conseil supérieur de la magistrature, le procureur général et la Cour des comptes. Ces organes existent formellement dans tout le pays, mais les autorités concurrentes et les différences d’application affaiblissent une chaîne unique de décision étatique. La loi no 59 de 2012 organise le territoire en provinces, municipalités et localités. Une municipalité possède une personnalité juridique et une responsabilité financière propres et est censée fournir directement des services par l’intermédiaire d’un conseil municipal et d’un maire. Une localité peut avoir un mukhtar. Le ministère de l’Administration locale et les municipalités partagent la responsabilité de l’administration locale. L’accès aux services municipaux et leur prestation varient selon la région, les conditions de sécurité et l’administration qui la contrôle. Les candidats aux conseils municipaux doivent être citoyens libyens, jouir de tous leurs droits civils, avoir au moins 25 ans, ne pas occuper une fonction incompatible et être disposés à produire une déclaration de patrimoine ; le mandat d’un conseil dure quatre ans. Les résidents et les entreprises s’adressent généralement au ministère, à l’autorité, au bureau local ou à l’antenne compétents pour les registres d’état civil, les passeports, les services de police et les services publics. Les frais, les délais de traitement et la disponibilité pratique dépendent du service et de l’autorité, et non d’un calendrier national fiable. Un document ou une décision délivré par une administration peut avoir une portée pratique limitée dans une autre région. Cette fragmentation touche également les tribunaux : les voies judiciaires et de recours existent formellement, mais les décisions contradictoires et l’application inégale réduisent la cohérence juridique. Les finances publiques dépendent fortement des recettes pétrolières. La Banque centrale de Libye a fait état de recettes de 136,5241 milliards de LYD et de dépenses de 136,8384 milliards de LYD en 2025, dont 99,6 milliards de recettes pétrolières, 73,3 milliards de salaires et 34,5 milliards de subventions. Le 11 avril 2026, la CBL a indiqué que les autorités avaient conclu le premier budget unifié depuis plus de 13 ans et qu’un accord unifié sur les dépenses financières devait être mis en œuvre à partir du 15 mai 2026. Ces dispositifs comportent encore des risques de mise en œuvre, car les dépenses et l’administration financière ont fonctionné par des canaux parallèles. Les particuliers n’ont pas de droit direct à une part individuelle des recettes pétrolières ; les fonds publics sont alloués par les budgets de l’État et des collectivités locales. Les budgets municipaux sont régis par la loi no 59 de 2012. La Cour des comptes assure le contrôle financier externe et rend compte à l’autorité législative. Les contrôleurs financiers, les tribunaux, le procureur général et d’autres organes administratifs ou de transparence constituent des voies de contrôle supplémentaires prévues par la loi. La fragmentation politique et institutionnelle peut retarder les plaintes, entraîner des décisions incohérentes ou rendre leur application tributaire du territoire et des rapports de force. La liberté d’expression, de réunion pacifique, d’association et l’accès à la justice sont officiellement reconnus. Les médias, les organisations de la société civile, les organisations non gouvernementales et les consultations locales offrent des possibilités de participation. Dans les faits, les acteurs armés, la polarisation politique, l’intimidation, la détention arbitraire et les enlèvements restreignent l’activité publique et la redevabilité dans certaines régions. Le Dialogue structuré de la MANUL est un processus de consultation et de recommandation, pas une institution décisionnelle de l’État. La responsabilité en matière de sécurité est répartie entre le ministère de l’Intérieur, la police, l’Agence de sécurité intérieure, la police judiciaire et les forces militaires ou autres structures de sécurité. Les institutions occidentales liées au CP et au GNU coexistent avec des structures alignées sur la Chambre des représentants dans l’est et le sud, ainsi qu’avec des groupes armés locaux et des forces ou combattants étrangers. La Commission militaire conjointe, appelée mécanisme 5+5, et le cadre de cessez-le-feu soutiennent la coordination, mais n’ont pas créé de chaîne de commandement entièrement unifiée. L’accès à la protection et à l’application de la loi dépend donc fortement du lieu et de l’acteur responsable. Les affrontements, la détention arbitraire, la torture, l’insécurité aux frontières et la contrebande restent des risques. L’unification des règles juridiques, le contrôle civil, le désarmement et la réintégration, ainsi que la médiation locale sont des priorités de réforme reconnues, mais ne sont pas pleinement mises en œuvre dans tout le pays.
L’État en Libye
La Libye est formellement un État démocratique indépendant régi à titre provisoire par la Déclaration constitutionnelle de 2011, mais elle n’exerce pas une autorité étatique unique et cohérente dans tout le pays. Les institutions concurrentes, les administrations parallèles et le contrôle inégal affectent les services publics, les documents, les budgets, les tribunaux, la participation et la sécurité. Les municipalités fournissent des services locaux, tandis que les institutions nationales assurent les fonctions exécutives, législatives, financières et sécuritaires avec une portée pratique variable.
Conseil
En Libye, considérez les services publics, les documents, les procédures juridiques et les dispositifs de sécurité comme dépendants du lieu jusqu’à confirmation de l’autorité compétente et de l’acceptation pratique. L’existence formelle d’une institution, d’un droit ou d’une règle budgétaire ne garantit pas à elle seule une mise en œuvre cohérente dans les régions où des administrations concurrentes sont présentes. Identifiez l’autorité qui contrôle réellement le dossier, conservez des traces écrites et vérifiez les conséquences auprès de l’organisme destinataire avant de vous fier à une autorisation, un paiement, une protection ou un délai.

