Le paysage linguistique du Libéria est multilingue et fragmenté. L’anglais est la langue officielle de l’État et de l’administration, ainsi que la principale langue de communication entre les groupes ethnolinguistiques. L’anglais libérien est une variété locale dotée de son propre vocabulaire et utilisée au quotidien. Les langues autochtones sont surtout parlées dans les familles, les communautés, les marchés, les lieux religieux et les activités culturelles. Elles appartiennent à des groupes linguistiques nigéro-congolais généralement classés parmi les langues mandées, atlantiques occidentales ou mel, et kru. Le nombre de langues et de groupes dialectaux varie selon les limites retenues par les chercheurs. Le grebo, par exemple, forme un continuum dialectal fortement segmenté, et le Libéria ne possède pas de registre dialectal national unique. Le recensement national de la population et du logement de 2022 a relevé des catégories ethniques, et non des chiffres fiables sur les locuteurs de chaque langue. Il a indiqué que les Kpelle représentaient 20,2 %, les Bassa 13,6 %, les Grebo 9,9 %, les Gio 7,9 %, les Mano 7,2 %, les Kru 5,5 %, les Lorma 4,8 %, les Krahn 4,5 %, les Kissi 4,3 %, les Mandingo 4,2 %, les Vai et les Gola 3,8 % chacun, les Gbandi 2,9 %, les Mende 1,7 %, les Sapo 1,0 %, les Belle 0,7 % et les Dey 0,3 %. L’appartenance ethnique ne correspond pas à l’usage d’une langue : les migrations, la vie urbaine, les familles mixtes et le multilinguisme empêchent de calculer directement la taille des communautés linguistiques. Parmi les langues et variétés couramment documentées figurent le bassa, le gola, le kissi, le vai, le gbandi ou bandi, le loma, le kpelle du Libéria, le mano, le dan ou gio, le mende, le grebo, le krahn, le sapo, le klao ou kru, le kuwaa ou belle, et le dewoin ou dei. Les communications officielles de l’État se font normalement en anglais. L’article 41 de la Constitution du Libéria prévoit l’usage de l’anglais dans les débats parlementaires ; une autre langue ne peut être utilisée qu’après une préparation suffisante et une décision législative. Les sources étudiées n’établissent pas de garantie juridique générale imposant la mise à disposition des langues locales dans l’administration locale, ni d’obligation uniforme de fournir un interprète. Les documents de l’État, l’enseignement formel et les évaluations nationales restent donc principalement fondés sur l’anglais. La loi sur la réforme de l’éducation de 2011 et les règles du ministère de l’Éducation font de l’anglais la principale langue d’enseignement à tous les niveaux scolaires. L’enseignement de base prévoit une place pour les langues locales par l’intermédiaire des conseils scolaires de comté et des systèmes scolaires multilatéraux de comté, mais la mise en œuvre dépend des ressources et des capacités locales. Le cadre national d’évaluation des apprentissages dans le primaire utilise l’anglais pour l’enseignement et l’évaluation. Le français est prévu pour les élèves du secondaire. Plus de 18 groupes linguistiques sont concernés, mais le système documenté ne dispose pas d’un ensemble national approuvé de programmes et de matériel en langues locales pour l’enseignement régulier en classe. L’enseignement dans ces langues est donc inégal plutôt qu’un service uniforme à l’échelle nationale. LIBTRALO, une ONG locale qui intervient dans le cadre d’un protocole d’accord avec le ministère de l’Éducation, propose une solution complémentaire grâce à un projet pilote d’alphabétisation en langue locale dans 16 zones linguistiques de 13 comtés. L’approche commence par la première langue et introduit l’anglais comme seconde langue. Elle soutient l’apprentissage de la petite enfance et l’enseignement formel, ainsi que l’alphabétisation non formelle des adultes, la production de matériel en langues locales et la formation des enseignants. Ce projet pilote dépend de projets et de partenaires : il ne crée ni droit général garanti par l’État ni grille tarifaire uniforme. L’accès à l’école et à l’alphabétisation peut donc varier selon le comté, le prestataire, le financement et la durée du projet. Les langues locales favorisent aussi la participation civique, notamment par les actions orales de proximité. La Commission électorale nationale fait appel à des éducateurs parlant les langues vernaculaires, à des organisations communautaires, aux marchés, au porte-à-porte et aux radios communautaires pour l’éducation civique et électorale. Dans l’observation de 2023 documentée par la recherche, les langues locales étaient utilisées lors d’événements et d’actions orales, tandis que les documents imprimés et visuels étaient en anglais. Les communautés éloignées peuvent donc rencontrer des difficultés d’accès lorsque les documents en anglais seuls arrivent tard ou en petites quantités. Le système libérien de radiodiffusion assure des services nationaux de radio, de télévision et de relais, tandis que l’Autorité des télécommunications du Libéria réglemente les licences et les fréquences FM. La radio communautaire joue un rôle important pour l’accès aux langues locales, mais les éléments disponibles n’établissent pas de répertoire national complet reliant chaque station à une langue donnée. La langue reste étroitement liée à la culture par les récits, les chants, les percussions, la danse, la fabrication de masques et l’identité communautaire. Le vai possède également une tradition d’écriture autochtone. Le Libéria ne dispose pas d’académie nationale des langues, de conseil linguistique ni d’autorité centrale équivalente chargée de leur protection. Le soutien aux langues moins répandues, transfrontalières et immigrées est donc réparti entre le ministère de l’Éducation, les instances de comté, les ONG et les associations linguistiques. Selon la zone linguistique, il peut être formel, non formel ou principalement informel. Les services en langues locales n’ont généralement pas de tarif national uniforme et leur calendrier dépend des années scolaires, des périodes électorales ou du financement des projets, plutôt que d’un calendrier valable dans tout le pays.
Langues au Libéria
L’anglais est la langue officielle du Libéria et la principale langue de l’administration, de la législation, de l’enseignement formel et de la communication nationale. L’anglais libérien, variété locale de l’anglais, est utilisé dans la vie quotidienne aux côtés de nombreuses langues autochtones, qui restent centrales dans les activités familiales, communautaires, commerciales, religieuses et culturelles. L’accès linguistique associe donc des systèmes formels fondés sur l’anglais à des actions de proximité dans les langues locales, menées par des institutions de comté, des organisations communautaires et des projets.
Conseil
Pour les démarches officielles, l’école, les questions juridiques et les évaluations au Libéria, utilisez l’anglais comme langue de travail et ajoutez un appui dans une langue locale si le comté, la communauté et l’objectif le permettent. Considérez cet accès comme variable et non garanti, car les services, le matériel et les prestataires diffèrent selon les lieux et les projets. Vérifiez qui fournit le service et conservez une version anglaise de chaque document ou consigne officielle.

