La dette publique au Gabon comprend les emprunts directs de l’État, les dettes garanties, les dettes rétrocédées, ainsi que les dettes intérieures et extérieures. Un projet de financement public passe généralement par son identification et son évaluation, l’examen par le ministère technique responsable, un visa d’opportunité présidentiel, une demande de financement, un appel d’offres ou une négociation, la satisfaction des conditions suspensives, la signature d’un accord de financement et le suivi par la Direction Générale de la Dette. Le processus varie selon le type de dette publique et l’instrument de financement. La feuille de route gouvernementale du Gabon pour 2026 prévoit un audit des dettes intérieures et extérieures, la maîtrise des emprunts, davantage de transparence et de responsabilité, ainsi que des financements à fort impact économique ou social. Elle prévoit aussi des mesures de reprofilage, comme l’allongement des échéances. En 2025, le Gabon a reprofilé sa dette intérieure sur le marché régional des titres avec dix banques et a mené des opérations d’anticipation des échéances et de refinancement des euro-obligations. Ces mesures peuvent étaler les remboursements et préserver la liquidité, mais elles n’annulent pas à elles seules la dette et peuvent déplacer les risques de refinancement, de change ou d’échéance. Les chiffres disponibles distinguent la dette extérieure de la dette publique totale. La BEAC a indiqué que la dette publique extérieure du Gabon représentait 30,2 % du PIB en 2024, et que son service équivalait à 20,0 % des exportations et à 37,9 % des recettes budgétaires. Les projections pour 2025 étaient de 29,4 % du PIB, 11,5 % des exportations et 21,4 % des recettes budgétaires. En 2024, le déficit budgétaire a été estimé à environ 3,7 % du PIB après une hausse de 24 % des dépenses, tandis que les arriérés de paiement et la dette publique augmentaient. Selon les évaluations du FMI, les paiements d’intérêts représentaient environ 20 à 30 % des recettes publiques projetées et le service total de la dette environ 80 à 115 % ; ces chiffres portent sur des mesures différentes du service de la dette et ne doivent pas être considérés comme un total unique. La dette privée comprend les prêts bancaires, les crédits des établissements financiers et des institutions de microfinance, les factures impayées des fournisseurs et les emprunts informels. Les banques, les établissements financiers et les EMF opèrent dans le cadre de la CEMAC, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, et de la COBAC, sa commission de supervision bancaire. Les règles CEMAC/COBAC prévoient la communication des conditions de prêt, du taux effectif global (Taux Effectif Global) et des limites aux prêts usuraires. Les intérêts, frais, garanties, sûretés, échéances et conséquences d’un défaut dépendent du contrat et du produit. Les arrangements informels concernent souvent la famille ou les amis, les tontines ou les associations d’épargne et de crédit rotatif. Le Global Findex 2021 indiquait que 51,7 % des adultes au Gabon avaient emprunté de l’argent, tandis que 12,2 % avaient emprunté auprès d’un établissement financier formel. Ces chiffres montrent la portée limitée du crédit formel, mais ne mesurent pas l’endettement actuel des ménages. La COBAC a recensé 18 EMF actifs au Gabon en 2024 et une hausse de 24,8 % de leur bilan par rapport à 2023. Un chiffre régional distinct faisait état de 178 milliards de FCFA de prêts non performants des EMF, soit 17,1 % de l’encours brut des crédits des EMF dans l’ensemble de la CEMAC ; ce chiffre régional n’est pas un taux de défaut propre au Gabon. Un débiteur doit généralement rembourser et respecter les obligations convenues relatives aux sûretés ou aux garanties ; il peut aussi devoir coopérer dans le cadre d’une procédure judiciaire. Un créancier doit justifier sa créance par des preuves contractuelles ou légales et recourir à des méthodes de recouvrement licites. Aucun service centralisé de conseil personnel sur les dettes ni bureau d’effacement automatique des dettes n’a été établi au Gabon. Pour une créance certaine, liquide et exigible, l’Acte uniforme OHADA portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution, connu sous le nom d’AUVE et en vigueur depuis le 16 février 2024, prévoit notamment l’injonction de payer, les saisies conservatoires et d’exécution, la saisie des créances bancaires, la saisie des rémunérations et la saisie immobilière. La juridiction, les frais de procédure et les délais dépendent de la créance et des circonstances. Il peut donc être pertinent de négocier avec les créanciers et de formaliser des modalités de remboursement avant une mesure d’exécution. Toutefois, un accord informel ne supprime pas une créance exécutoire, sauf si les parties consignent correctement ses effets. L’insolvabilité des entreprises relève de l’Acte uniforme OHADA portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif, connu sous le nom d’AUPC et en vigueur depuis le 24 décembre 2015. La conciliation et le règlement préventif peuvent s’appliquer avant la cessation des paiements, tandis que le redressement judiciaire et la liquidation des biens s’appliquent après celle-ci. Le cadre couvre les commerçants concernés, les personnes physiques exerçant une activité commerciale, les entreprenants, les personnes morales privées à but non commercial et les entreprises publiques organisées sous le droit privé. Des mandataires de justice ou un syndic conduisent les procédures concernées ; les rangs des créanciers et les protections accordées aux nouveaux financements peuvent influer sur le recouvrement. Aucun dispositif général gabonais équivalent à une procédure française de rétablissement personnel, à un effacement universel des dettes des particuliers ou à un organisme national de fichiers de crédit mentionné dans la recherche n’a été établi. Les solutions fonctionnelles comprennent la négociation individuelle, les procédures licites de recouvrement ou de contestation, ainsi que l’aide informelle de la famille ou d’une tontine. L’AUPC s’applique aux entreprises et ne fournit pas automatiquement de solution aux dettes des ménages. Les coûts découlent des intérêts, des frais, des garanties, du change, de l’émission de titres, des procédures judiciaires et de l’exécution. Les délais dépendent du contrat, de l’échéance, du projet, du tribunal et de la procédure d’exécution.
La dette au Gabon
Au Gabon, une dette est une somme d’argent ou une autre prestation due au titre d’un prêt, d’un crédit, d’une facture impayée, d’une obligation fiscale ou d’un accord de financement public. Elle comprend la dette publique, celle des entreprises et des fournisseurs, ainsi que les emprunts des ménages par des voies formelles ou informelles. La dette publique est gérée par le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et de la Participation, la Direction Générale de la Dette et le Trésor, tandis que les prêts privés sont supervisés à l’échelle régionale. Le remboursement, les arriérés, le recouvrement, la restructuration et l’insolvabilité relèvent de procédures différentes. Aucun dispositif général d’allègement des dettes personnelles n’a été établi pour le Gabon.
Conseil
Au Gabon, considérez la dette comme une question de trésorerie et de possibilité de recouvrement, et pas seulement comme un chiffre au bilan. Avant d’emprunter, vérifiez le coût total du remboursement, la devise, les sûretés, l’échéance et la source de remboursement. En cas d’impayés, documentez la situation et négociez tôt, car le recouvrement et l’insolvabilité des entreprises ont des conséquences différentes. Les ménages ne devraient pas supposer qu’un service général d’allègement des dettes personnelles est disponible.

