La Constitution protège l’égalité et interdit les discriminations fondées notamment sur l’origine ethnique, la nationalité, l’origine sociale, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions, les biens, la naissance et le statut. Elle protège également la liberté de religion et d’expression, de réunion pacifique et sans armes, d’association, de pétition et de circulation. La Constitution est la loi suprême ; une pratique coutumière contraire aux droits constitutionnels ne peut donc pas les écarter. L’Éthiopie n’a pas de religion d’État et les institutions publiques doivent rester séparées des institutions religieuses. Un woreda est une administration de niveau district, tandis qu’un kebele est une unité administrative locale. Les institutions fédérales, les États régionaux, les administrations municipales, les woredas et les kebeles ont chacun des responsabilités différentes. Aucune autorité nationale unique ne traite toutes les questions de voisinage ou de coexistence. L’accès aux ressources locales dépend souvent du lieu de résidence, de l’adhésion, de la confiance et des relations sociales. Les iddir, iqub et mahiber peuvent apporter de l’entraide, de l’épargne, répondre à des obligations sociales et établir des normes locales. Leurs règles peuvent prévoir des conditions d’adhésion, des cotisations et des sanctions sociales, mais leurs pouvoirs formels sont limités. Les désaccords sont souvent réglés avec l’aide d’anciens, de responsables religieux et de mécanismes communautaires de réconciliation. Shimgilinna et Jaarsumma désignent des traditions coutumières de médiation, tandis que l’Afocha, le Gerebe, le Gudumalee et la médiation religieuse sont utilisés dans certaines communautés et régions. Selon une évaluation du ministère de la Justice et de HiiL, plus de 43 % des différends étaient traités en dehors des tribunaux formels. Ces démarches sont souvent plus accessibles et moins coûteuses que les procédures formelles, mais les pressions, les rapports de pouvoir inégaux et les risques pour les femmes ou d’autres personnes vulnérables peuvent influer sur leur issue. Un accord coutumier peut avoir une forte portée locale ou pratique sans produire les mêmes effets juridiques qu’un jugement. Les voies formelles comprennent les tribunaux, l’arbitrage et la conciliation, les défenseurs publics, l’aide juridique et les services régionaux de justice. Des tribunaux culturels (Cultural Courts) fonctionnent en Oromia depuis 2021, et des lois reconnaissant ces tribunaux existent également au Sidama, en Amhara, dans le Benishangul-Gumuz et en Éthiopie du Sud-Ouest. Leurs procédures et leurs pouvoirs varient selon les régions. Le ministère de la Justice, les bureaux régionaux de la justice, les tribunaux, les défenseurs publics, la Commission éthiopienne des droits de l’homme, les municipalités, les administrations municipales et les organisations de la société civile peuvent chacun être concernés selon le différend. L’aide juridique peut être gratuite ou fortement réduite lorsque la personne qui la demande satisfait aux critères d’accès applicables. Les droits linguistiques et culturels façonnent les interactions quotidiennes. Les langues éthiopiennes jouissent d’une reconnaissance égale par l’État, tandis que l’amharique est la langue de travail du gouvernement fédéral. Les États régionaux peuvent désigner leurs propres langues de travail. Les nations, nationalités et peuples ont des droits liés à la langue, à la culture, à l’histoire, à l’autonomie gouvernementale et à une représentation équitable. Ces droits ne suppriment pas les règles locales applicables aux réunions pacifiques, aux lieux publics ou à la circulation. Les administrations municipales et les municipalités fixent de nombreuses règles pratiques concernant l’espace public. Des programmes participatifs relatifs à l’espace public ont été documentés à Adama, Dire Dawa, Hawassa, Mekele et Bahir Dar, mais les pratiques varient considérablement d’une ville à l’autre. La participation civique peut prendre des formes formelles ou informelles. Une organisation de la société civile doit généralement être enregistrée auprès de l’Autorité des organisations de la société civile et respecter la Proclamation 1113/2019 et les règles locales applicables aux organisations, notamment la Directive 938/2022. Les organisations enregistrées disposent de droits juridiques, mais aussi d’obligations de transparence et de responsabilité. La Commission nationale de dialogue a été créée en vertu de la Proclamation 1265/2021. Les organismes fédéraux et régionaux habilités peuvent publier des projets de loi sur le Portail de consultation publique de la République fédérale démocratique d’Éthiopie (FDRE Public Consultation Portal), qui constitue un autre moyen de soumettre des observations écrites. Les réunions pacifiques et sans armes restent soumises aux règles applicables concernant les lieux et l’ordre public. La coexistence numérique est également régie par le droit éthiopien. La protection constitutionnelle de la vie privée couvre les communications téléphoniques et électroniques. La Proclamation 1321/2024 sur la protection des données personnelles encadre les données personnelles, l’Autorité éthiopienne des communications régule les services de communication, et la Proclamation 958/2016 sur la criminalité informatique traite des infractions liées à l’informatique. La Proclamation 1185/2020 sur les discours de haine et la désinformation impose des limites à l’incitation fondée sur l’appartenance ethnique ou religieuse, le genre ou le handicap, ainsi qu’à la désinformation liée aux conflits. L’accès à des services numériques fiables varie selon les régions ; la participation en ligne et les risques de conflit ne sont donc pas répartis de manière égale. Il n’existe pas, en Éthiopie, d’équivalent national identifié à un système formel de colocation. Les arrangements privés, familiaux ou avec un hébergeur sont plus courants, et les règles du logement sont généralement fixées par les personnes concernées. Les questions de location, de propriété et de droit du logement relèvent principalement du sujet du logement. Les questions de vivre-ensemble se posent lorsque le problème concerne les responsabilités partagées, la discrimination, les conflits, la vie privée ou le comportement en public. La société éthiopienne, multilingue et multireligieuse, la croissance urbaine, les déplacements de population, les pressions sur les communautés d’accueil et la présence de plus d’un million de réfugiés et de demandeurs d’asile rendent le contexte local particulièrement important. Les coûts et les délais ne suivent pas de calendrier national uniforme : la médiation communautaire entraîne souvent des coûts directs moins élevés, tandis que les frais de justice, d’enregistrement et de professionnels du droit dépendent de la procédure et du lieu.
Vivre ensemble en Éthiopie
En Éthiopie, le vivre-ensemble conjugue les libertés et les protections de l’égalité garanties par la Constitution avec les coutumes locales, la médiation religieuse et les organisations communautaires. Un iddir est une association locale d’entraide mutuelle ; un iqub est un groupe d’épargne rotative, tandis qu’un mahiber est une association confessionnelle ou communautaire. Les règles pratiques varient selon les États régionaux, les administrations municipales, les woredas et les kebeles : il n’existe donc pas de système de voisinage unique à l’échelle nationale.
Conseil
En Éthiopie, abordez les problèmes de coexistence en choisissant entre réconciliation locale, protection juridique formelle et démarches administratives ou civiques. Pour un désaccord à faible risque, recourez à une médiation locale de confiance lorsque toutes les personnes concernées peuvent y participer librement ; en cas de risque pour la sécurité, de discrimination, de contrainte, de rapport de pouvoir inégal ou d’atteinte aux droits constitutionnels, demandez une aide juridique, l’assistance d’un défenseur public, celle d’un tribunal ou d’un organisme de défense des droits. Vérifiez le contexte régional et municipal avant de vous fier à une pratique connue, et consignez par écrit les accords, les orientations et les risques non résolus.

