Eswatini dispose d’un système familial civil prévu par la loi, parallèlement au droit et aux coutumes swazis, c’est-à-dire aux règles et pratiques coutumières qui régissent les affaires familiales dans leur propre cadre. Les deux systèmes peuvent différer quant à la forme du mariage, à son enregistrement, aux modalités de propriété et à l’autorité familiale. Un mariage coutumier peut être monogame ou polygame. Un mariage civil peut être conclu sous le régime de la communauté ou hors communauté de biens, c’est-à-dire selon un régime qui détermine la manière dont les biens et les dettes sont traités. Le registrar, l’officier d’état civil, les chefs, les Tindvuna et les Baggijimi peuvent jouer des rôles différents selon la voie matrimoniale. Lorsque l’obligation d’enregistrement s’applique, les détails du mariage doivent être transmis dans les 14 jours. La procédure officielle actuelle pour obtenir un certificat de mariage utilise les formulaires BMD 3 ou BMD 4 et nécessite de contacter le registrar ou l’officier d’état civil. Un mariage officiel prend fin par décès ou à l’issue d’une procédure devant un tribunal compétent ; la séparation seule ne constitue pas un divorce. La Children’s Protection and Welfare Act 2012 protège le bien-être de l’enfant, que ses parents soient mariés ou non, vivent ensemble ou soient séparés. Les parents et tuteurs ont des responsabilités en matière d’orientation, de soins, d’assistance, d’entretien, de survie et de développement. Celles-ci comprennent la nourriture, les vêtements, les soins de santé, l’éducation et un logement raisonnable. Les parents ont une responsabilité première partagée dans l’éducation de leurs enfants, et un adulte compétent chargé des soins doit prendre le relais lorsqu’un parent est temporairement absent. L’enregistrement de la naissance consigne l’enfant et le nom des parents ou du tuteur, et facilite ensuite l’accès aux services et aux démarches juridiques. L’entretien financier est distinct du droit de visite ou de contact. Un parent ou un autre contributeur légalement tenu peut devoir apporter un soutien financier à l’enfant. La demande d’entretien est présentée devant un tribunal compétent et exige généralement des preuves des besoins de l’enfant et des moyens de la personne tenue de contribuer. Les tribunaux chargés de l’entretien relèvent du système des Magistrates’ Courts, avec des agents désignés pour l’entretien. La Family Division de la High Court traite les affaires familiales, notamment le divorce, la garde et l’entretien. L’accès aux tribunaux peut être plus difficile dans les zones rurales et pour les ménages aux revenus limités ; il convient donc de contacter rapidement le tribunal local ou le service d’action sociale compétent. La prise en charge par la famille élargie et les proches est essentielle lorsque les parents ne peuvent pas assurer seuls les soins. L’approche axée sur la famille privilégie le placement chez des proches pour les enfants vulnérables qui ne vivent pas avec leurs parents. Les Neighbourhood Care Points, généralement appelés NCP, offrent un soutien communautaire aux enfants, des repas et un accueil pour la petite enfance. Le Department of Social Welfare du Deputy Prime Minister’s Office, ou DPMO, soutient les enfants victimes de négligence ou de maltraitance, les orphelins, les enfants en difficulté ou touchés par le VIH. Il peut aussi proposer un accompagnement aux parents ou proches qui négligent ou maltraitent des enfants. La bourse scolaire OVC Education Grant, destinée aux orphelins et enfants vulnérables, est accessible auprès d’un Regional Social Welfare Office ou d’un Tinkhundla Centre lorsque les conditions indiquées sont remplies. Elles comprennent la citoyenneté swazie, un PIN, la fréquentation d’une école reconnue et des circonstances telles que l’orphelinat ou la vulnérabilité, ou des parents sans emploi ni revenus, sans autre bourse couvrant le même besoin. L’adoption est une procédure judiciaire officielle, et non un transfert informel de la prise en charge. La demande est déposée dans le district où réside l’enfant. Les demandeurs doivent être aptes et de bonne réputation, et capables d’entretenir et d’éduquer l’enfant. Des règles de consentement s’appliquent, notamment le consentement de l’enfant âgé de plus de 10 ans. Après la décision du tribunal, l’enregistrement est effectué par le Ministry of Home Affairs and Civil Registration sur présentation des documents du DPMO ou du service d’action sociale. Le même dispositif d’accompagnement familial peut aussi comprendre des bourses ou services destinés aux personnes âgées, aux personnes en situation de handicap et aux ménages touchés par le VIH, la maladie, un décès ou une perte de revenus. Les sources officielles disponibles ne documentent ni allocation familiale universelle ni barème complet des services familiaux ; l’accès repose généralement sur une demande, et les frais de justice, d’adoption, de divorce ou d’état civil doivent être confirmés auprès du bureau compétent. La violence domestique peut se produire au sein de la famille et relève de la Sexual Offences and Domestic Violence Act 2018, appelée SODV Act. Une personne exposée à un risque peut solliciter une protection auprès de la police, des services de santé ou des services sociaux, recourir à une procédure d’ordonnance de protection ou s’adresser aux tribunaux. La National Child Helpline est joignable au 116 pour les questions de protection de l’enfance. La coordination entre les services sociaux, la police, les services de santé et les tribunaux est particulièrement importante lorsque des violences, de la négligence, des infractions sexuelles ou des risques urgents pour la sécurité concernent des enfants ou d’autres membres de la famille. Un décès entraîne des démarches distinctes d’enregistrement, d’administration de la succession, de tutelle et d’héritage. Un certificat de décès délivré par le Ministry of Home Affairs and Civil Registration est normalement nécessaire pour la procédure successorale. La succession de la personne décédée doit être déclarée au Master of the High Court dans les 14 jours. L’héritage d’un mineur doit être protégé, notamment par l’intermédiaire du Guardian’s Fund, avant qu’un veuf ou une veuve survivant ne contracte un remariage civil conformément à la règle successorale applicable. La prise en charge d’un enfant par un proche survivant ne règle pas à elle seule les droits de succession ou de tutelle. Les statistiques sur les ménages ne décrivent pas tous les liens familiaux, mais les données MICS 2021–2022 fournissent un contexte utile : 56 % des ménages étaient dirigés par un homme et 44 % par une femme, la taille moyenne était de 3,7 personnes, 56,8 % comptaient un enfant de moins de 18 ans, 31,9 % un enfant de moins de 5 ans, 48,7 % un enfant de 5 à 17 ans et 14,8 % comptaient au moins sept membres. Les ménages dirigés par une personne de moins de 18 ans représentaient 0,4 %, tout comme les ménages sans adulte. Le soutien familial s’étend donc souvent au-delà des personnes recensées dans un même ménage. La démarche concrète dépend de la question : état civil, autorité coutumière, tribunal local, Family Division, service d’action sociale, police, services de santé ou Master of the High Court.
Famille en Eswatini
La vie familiale en Eswatini associe les règles civiles officielles, le droit et les coutumes swazis, ainsi que la prise en charge assurée par la famille élargie et les proches. Les parents et tuteurs restent responsables des soins, de l’entretien, de l’éducation, de la santé et du développement des enfants, même en cas de séparation ou lorsqu’ils ne vivent pas ensemble. Le soutien familial concerne aussi l’enregistrement des mariages, les services de protection de l’enfance, la protection contre la violence domestique, l’héritage et l’accompagnement des personnes âgées ou en situation de handicap.
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