Aucun recensement religieux officiel actuel n’est documenté pour la République démocratique du Congo. Une estimation de 2020 de la World Religion Database attribue environ 95,1 % de la population au christianisme, 1,5 % à l’islam et 2,5 % à aucune appartenance religieuse. Une estimation de 2010 du Pew Research Center répartissait la population chrétienne entre environ 48,1 % de protestants, y compris les Églises évangéliques et kimbanguistes, et 47,3 % de catholiques romains. Les estimations s’appuient sur des méthodes différentes. Dans de nombreuses communautés, les pratiques chrétiennes se combinent aux croyances traditionnelles. Les principales communautés religieuses comprennent l’Église catholique, les Églises protestantes regroupées au sein de l’Église du Christ au Congo (ECC), les Églises évangéliques et de réveil, l’Église kimbanguiste, les Églises orthodoxes, l’Armée du Salut et la communauté musulmane. Parmi les autres groupes figurent les Témoins de Jéhovah, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours et de petites communautés hindoues, juives, bouddhistes, bahaïes et autochtones. La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), qui regroupe les évêques catholiques, et l’ECC représentent des réseaux ecclésiastiques centraux. Des organisations musulmanes et d’autres organisations religieuses prennent également part au dialogue et aux initiatives de paix. L’article 22 de la Constitution protège la liberté de pensée, de conscience et de religion. Celle-ci comprend le culte public et privé, l’enseignement religieux, les pratiques, les rites et la vie religieuse. Les restrictions doivent reposer sur la loi, l’ordre public, les bonnes mœurs ou les droits d’autrui ; même en état d’urgence ou de siège, ce droit ne peut être suspendu. L’article 46 de la loi 004/2001 ne prévoit pas de religion d’État. Une organisation religieuse est constituée juridiquement sous la forme d’une association sans but lucratif confessionnelle (ASBL), c’est-à-dire une association à vocation religieuse. Le ministre de la Justice accorde la personnalité juridique après avis du ministère compétent. Pour obtenir l’autorisation provisoire de fonctionnement, il faut notamment au moins sept membres effectifs, un fondateur ou représentant légal âgé d’au moins 30 ans, un casier judiciaire vierge, l’absence de condamnation entraînant une incapacité et une qualification d’enseignement religieux supérieur ou équivalente. Le lieu de culte ou de réunion doit satisfaire aux règles de sécurité et d’ordre public. Une ASBL religieuse étrangère doit obtenir l’autorisation préalable du président sur proposition du ministre de la Justice. Accepter des dons avant l’octroi de la personnalité juridique ou de l’autorisation provisoire peut entraîner des conséquences pénales. Le délai légal visé pour statuer sur un dossier complet est de six mois ; passé ce délai, le silence vaut inscription. Toutefois, un rapport de 2023 indiquait qu’aucune autorisation définitive d’enregistrement religieux n’avait été délivrée depuis 2014. Les communautés nationales dont les demandes étaient en attente pouvaient généralement continuer leurs activités ; l’accès des organisations étrangères était également décrit comme possible en pratique, mais incohérent sur le plan juridique et administratif. Aucun barème national fiable de frais d’adhésion, de cérémonies ou de communautés locales n’est documenté. Le système scolaire public distingue les écoles non conventionnées et les écoles conventionnées, gérées par des organisations religieuses en partenariat avec l’État. Une nouvelle convention scolaire a été conclue en 2022 après 45 ans ; ses signataires comprenaient la communauté musulmane, l’Armée du Salut, les adventistes du septième jour, les Églises de réveil, l’Église kimbanguiste et d’autres réseaux religieux. Les écoles publiques gérées par des organisations religieuses peuvent proposer un enseignement religieux. Les écoles publiques d’État peuvent également l’offrir, mais ne peuvent généralement pas l’imposer ; une demande des parents est nécessaire. L’administration et les frais varient selon le réseau scolaire et la province. La liste nationale des jours fériés légaux inclut Noël, le 25 décembre. La liste nationale examinée ne documente pas de jour férié général équivalent pour l’Aïd, Pâques ou d’autres fêtes religieuses. Les communautés organisent donc aussi leurs offices et célébrations selon leurs calendriers confessionnels. Les communautés religieuses contribuent à la consolidation de la paix, à la réconciliation et aux initiatives de la société civile. La CENCO, l’ECC, la communauté musulmane et d’autres confessions travaillent ensemble dans ce domaine. Le Conseil des laïcs chrétiens et islamiques du Congo (COLCIC) est une plateforme de dialogue entre chrétiens et musulmans. Lors d’un atelier soutenu par la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) à Goma en avril 2026, 47 responsables religieux ont participé à des discussions sur la paix, la réconciliation et la cohésion sociale. La portée et l’effet pratique de tels dialogues varient selon la région. Le baptême, la confirmation, la communion, le mariage religieux et les rites funéraires dépendent de la communauté concernée. Un mariage purement religieux ne remplace pas le mariage civil et n’a pas d’effet équivalent en droit civil selon l’article 333 du Code de la famille. Le mariage doit être enregistré devant l’officier de l’état civil ; l’article 370 prévoit généralement un délai d’un mois. L’âge civil minimal du mariage est de 18 ans pour les deux sexes. Les naissances et les décès sont également enregistrés en droit civil et ne nécessitent pas de cérémonie religieuse. L’accès aux services religieux se fait généralement par une église, une mosquée ou une communauté locale. Les conditions de sécurité régionales influent fortement sur cet accès, surtout dans l’est du pays. Lors de l’attaque de 2023 contre une église pentecôtiste à Lubiriha, près de Kasindi, 16 personnes ont été tuées et au moins 62 blessées. Les Témoins de Jéhovah ont également signalé des violences locales et leur exclusion d’activités dans des écoles confessionnelles. Des restrictions supplémentaires de l’État ou liées à la sécurité imposées à certains groupes peuvent être associées aux règles sur les rassemblements et l’ordre public.
La religion en République démocratique du Congo
La République démocratique du Congo est majoritairement chrétienne ; des communautés musulmanes, traditionnelles et d’autres religions moins nombreuses y sont également présentes. La Constitution protège la liberté de religion, les pratiques religieuses publiques et privées, ainsi que l’enseignement et les rites religieux. Les organisations religieuses, les écoles et les communautés sont toutefois soumises à des exigences juridiques, des responsabilités et des risques régionaux différents.
Conseil
Ne considérez pas les services religieux, les cérémonies, les écoles et les communautés en République démocratique du Congo comme un système unique. Vérifiez les exigences, coûts, délais et conditions de sécurité auprès de chaque communauté concernée. Les rites religieux ne remplacent pas l’enregistrement civil.

