La République centrafricaine ne dispose pas d’un service national unique chargé de la coexistence au quotidien. Les collectivités territoriales, les communes, les quartiers, les préfectures et les sous-préfectures partagent les responsabilités locales avec les responsables communautaires, religieux et traditionnels. Dans la pratique, les services restent fortement centralisés à Bangui, tandis que les capacités et le financement locaux sont limités. Les plans participatifs de développement local, le dialogue communautaire et les élections locales offrent des voies formelles de participation citoyenne, mais l’insécurité, les déplacements, l’absence de pièces d’identité, les obstacles liés au genre et le handicap peuvent en limiter l’accès. La vie de quartier s’organise autour des marchés, des écoles, des points d’eau, des routes, des sites d’assainissement, des maisons de la paix et des zones accueillant des familles déplacées ou de retour. Les accords locaux ou coutumiers régissent souvent l’accès et les comportements, car il n’existe pas de registre national vérifié des règles ou tarifs de quartier. Les inondations, les déchets, la rareté de l’eau, les restrictions de déplacement et les préoccupations de sécurité peuvent rapidement provoquer des différends entre ménages ou groupes. Les conflits récurrents comprennent les différends entre agriculteurs et éleveurs et ceux liés à la transhumance, la concurrence pour les terres et l’eau, les tensions entre personnes de retour et communautés d’accueil, les violences intercommunautaires et intracommunautaires, les différends liés aux déplacements et les tensions politiques ou électorales. Les comités locaux de paix et de réconciliation (CLPR) appuient la médiation et le dialogue. Les structures locales APPR relevant du CMOP, les activités de stabilisation communautaire menées dans le cadre du CVR ainsi que les responsables traditionnels ou religieux peuvent offrir d’autres voies informelles. La recherche recense 61 comités CLPR établis, 105 comités prévus et 32 cas résolus dans le projet cité, mais ces chiffres ne prouvent pas une couverture nationale et ne garantissent pas un résultat dans une autre localité. Les personnes exposées à des violences basées sur le genre, à des risques pour la protection de l’enfance, à l’exploitation ou à la discrimination peuvent avoir besoin de s’adresser aux acteurs locaux de protection, à la police, à la gendarmerie, aux tribunaux ou aux services humanitaires d’orientation. L’UMIRR est disponible là où elle a été mise en place. Les centres d’information et de feedback (CIF) offrent, selon les informations disponibles, un canal gratuit et confidentiel à Kaga-Bandoro, Bria, Bambari et Paoua ; le programme documenté couvrait 20 centres et 80 agents communautaires d’avril 2024 à mars 2025. Leur disponibilité est limitée à ces lieux, et une menace urgente peut nécessiter une aide immédiate en matière de sécurité ou de santé plutôt qu’une médiation. La participation devrait inclure les femmes et les filles, les jeunes, les personnes déplacées à l’intérieur du pays, les personnes de retour, les communautés d’accueil, les personnes handicapées, les Peuls M’bororo, les communautés Aka ou Baaka ainsi que les groupes religieux ou ethniques. Le sango et le français sont des langues de travail importantes, tandis que le fulfulde et les supports dans les langues communautaires peuvent faciliter l’accès. La médiation coutumière ou communautaire n’accorde aucune immunité en cas de violence grave ou de crime ; les voies formelles de protection et de justice restent pertinentes. La colocation n’a pas d’équivalent général identifié. Les principaux dispositifs concernent l’hébergement par des familles d’accueil et les sites de déplacement, qui ont accentué la pression sur l’intimité, les ressources, les terres, les abris et les services ; le profil des déplacements de 2024 indiquait que 84 % des personnes déplacées vivaient chez des familles d’accueil et 16 % sur des sites. Les questions de logement et de terres relèvent principalement des services du logement, même si les autorités locales et les acteurs humanitaires peuvent contribuer à la médiation. La coexistence numérique est façonnée par les téléphones mobiles, les réseaux sociaux et les canaux de feedback. Le MENPT définit la politique centrale et l’ARCEP régule les communications, mais l’accès à Internet était estimé à 10,6 % en 2023 et l’accès mobile à 51 % en 2022. La radio, les communications hors ligne et les canaux dans les langues communautaires restent donc nécessaires en complément des solutions numériques.
Vivre ensemble en République centrafricaine
Dans la vie quotidienne, la coexistence en République centrafricaine s’organise autour des communes, des quartiers, des autorités locales, des responsables communautaires et de pratiques informelles, plutôt qu’autour d’un service national unique. La coopération et la gestion des conflits portent souvent sur les déplacements, les retours, les terres, l’eau, la mobilité, la sécurité et l’accès aux services publics. Les droits formels s’appliquent dans tout le pays, mais leur exercice concret dépend fortement de la sécurité, du lieu, de la langue et des capacités locales.
Conseil
En République centrafricaine, choisissez la voie de recours selon le degré de danger, le lieu et le type de différend. Pour un désaccord non violent, recourez à la médiation locale si les parties peuvent y participer en sécurité ; pour des violences, de l’exploitation, un crime grave ou une menace immédiate, adressez-vous aux services de protection, de sécurité ou de justice. Prévoyez une solution hors ligne et dans une langue locale, car l’accès aux institutions et aux communications numériques varie fortement selon les zones.

