L’ordre constitutionnel camerounais confie principalement le pouvoir exécutif au président, qui est chef de l’État, garant de la Constitution, de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale, et responsable de la sécurité intérieure et extérieure. Le président est élu au suffrage universel direct en un seul tour pour un mandat de sept ans, renouvelable. Il nomme le Premier ministre et le gouvernement, promulgue les lois, exerce le pouvoir réglementaire, crée et organise les services de l’État, nomme les fonctionnaires civils et militaires, peut dissoudre l’Assemblée nationale et peut déclarer l’état d’urgence ou l’état d’exception. Le Premier ministre est chef du gouvernement et coordonne l’action gouvernementale sous l’autorité du président. Le Parlement comprend l’Assemblée nationale et le Sénat. L’Assemblée nationale vote les lois, adopte le budget et contrôle l’action du gouvernement. Le Sénat compte 100 sièges, à raison de dix pour chacune des dix Régions du Cameroun ; sept sénateurs par Région sont élus indirectement par un collège électoral régional et trois sont nommés par le président. Les sénateurs ont un mandat de cinq ans et représentent les collectivités territoriales décentralisées. La Cour suprême est la plus haute juridiction de l’État et comprend les chambres judiciaire, administrative et des comptes. Le Conseil constitutionnel examine les questions de constitutionnalité et traite les contentieux électoraux relevant de ses attributions institutionnelles. Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest bénéficient d’un statut spécial qui tient compte de leur héritage linguistique, notamment par un enseignement en anglais et des éléments de common law. L’administration de l’État et les collectivités territoriales décentralisées sont distinctes. L’administration de l’État est organisée en 10 Régions, 58 Départements et 360 Arrondissements. Un gouverneur représente l’État au niveau régional, un préfet au niveau départemental et un sous-préfet au niveau de l’arrondissement. Le ministère de l’Administration territoriale (MINAT) coordonne l’administration territoriale, la protection civile, les libertés publiques, les chefferies traditionnelles et les services préfectoraux. Les ministères disposent également de services déconcentrés dans les territoires. Le MINFOPRA gère la fonction publique, notamment le statut des agents publics, leur formation et leur discipline, ainsi que la réforme administrative et le contentieux de la fonction publique. Les collectivités territoriales décentralisées sont les Régions et les Communes. Ce sont des personnes morales de droit public dotées d’organes délibérants et exécutifs élus, de leurs propres budgets et d’une autonomie administrative et financière. Leurs structures comprennent le conseil municipal et le maire au niveau communal, ainsi que le conseil régional et le président du conseil régional au niveau régional. Les zones urbaines peuvent également comprendre des communautés urbaines et des communes d’arrondissement. La décentralisation transfère des compétences et des ressources de l’État à ces collectivités. Les compétences transférées sont généralement exclusives, mais l’intervention de l’État reste possible pour assurer un développement équilibré, en cas d’urgence ou lorsqu’une carence dans l’exercice de la fonction concernée est établie. Les régions à statut spécial bénéficient de dispositions supplémentaires dans le cadre de la décentralisation. L’accès à un service public dépend de la loi propre à ce service et de l’institution compétente. La demande peut être adressée au ministère compétent, à un service régional, départemental ou d’arrondissement, ou à une Commune ou une Région lorsque la compétence lui a été transférée. L’admissibilité peut dépendre du statut du demandeur, de sa résidence, de son organisation ou du service sollicité. Les autorités publiques agissent dans un cadre bilingue, tandis que les usagers doivent respecter les lois, impôts et règles d’ordre public applicables. Les frais, les pièces à fournir, les étapes de traitement et les délais de réponse varient selon le service. Il n’existe pas de tarif unique ni de délai universel pour l’ensemble des services de l’État au Cameroun. Il convient donc de vérifier les exigences en vigueur auprès du service compétent ou sur son portail officiel. Le MINFI gère les politiques financière, budgétaire, fiscale et monétaire. Le budget de l’État porte notamment sur les recettes publiques, la fiscalité et les douanes, les opérations du Trésor, le patrimoine public et les dépenses. Il est établi par une loi de finances et examiné au moyen d’une loi de règlement. Le cadre officiel pour 2026 prévoyait une croissance de 4,3 %, une inflation de 3 % et un déficit de 1,7 % du PIB, avec un objectif de dette publique ne dépassant pas 50 % du PIB ; le seuil de convergence de la CEMAC est de 70 %. Le cadre budgétaire à moyen terme couvre au moins trois ans, et un budget supplémentaire peut réviser le budget adopté. Les Régions et les Communes financent leurs missions par leurs recettes propres, les transferts de l’État, des financements publics ou privés et les parts des recettes des ressources naturelles prévues par la loi. Leur forte dépendance aux transferts de l’État affecte leurs capacités locales concrètes. Plusieurs organismes contrôlent l’action de l’État. Le Parlement examine l’action gouvernementale et les finances publiques. La Chambre des comptes de la Cour suprême contrôle et juge les comptes de l’État, des collectivités territoriales décentralisées et des organismes publics et parapublics ; elle émet des avis sur les projets de loi de règlement, publie des rapports annuels, contrôle les fautes de gestion et certifie le Compte général de l’État. La CONAC, organisme public indépendant placé auprès du président, reçoit plaintes et renseignements, enquête sur la corruption et la prévient, contrôle les projets et les marchés publics, et gère la ligne 1517. L’ARMP régule les marchés publics et les concessions de services publics, évalue et sanctionne les acteurs et observe les procédures de passation. Le Conseil national de la communication (CNC) est un organisme de régulation et de consultation placé auprès du Premier ministre ; ses neuf membres sont nommés par le président. Il traite notamment de la législation sur les médias, de la déontologie, de la paix publique et de l’intégration nationale. La CNDHL s’occupe des droits humains et des libertés. Le Cameroun ne dispose pas d’un médiateur unique compétent pour l’ensemble de l’État, mais le Code des collectivités territoriales décentralisées prévoit un conciliateur indépendant à l’échelon régional doté d’un statut spécial. La communication de l’État est officiellement bilingue et les publications gouvernementales et juridiques sont diffusées en français et en anglais. Les renseignements peuvent être demandés auprès des portails ministériels, des préfectures, des Communes, des Régions, du Parlement et des organes de contrôle. Le MINFI publie des documents budgétaires et des données ouvertes, tandis que les publications d’audit, les canaux de plainte de la CONAC et le contrôle des marchés publics par l’ARMP offrent d’autres voies de transparence. Les fonctions de sécurité restent distinctes sur le plan institutionnel : le président est commandant en chef ; le MINDEF administre les forces armées et les services militaires associés ; la DGSN assure la police intérieure et la sécurité nationale ; le MINAT prend en charge l’administration de l’ordre public et la protection civile ; la Gendarmerie, les Forces armées, le Corps national des sapeurs-pompiers et les tribunaux militaires ont des fonctions différentes. Le canal de plainte ou d’assistance approprié dépend de l’incident et de l’organisme compétent.
État au Cameroun
Le Cameroun est un État unitaire décentralisé, indivisible, laïc, démocratique et social, régi par la Constitution de 1972, révisée en 1996 et en 2008. Il comprend des institutions nationales et des services territoriaux de l’État, ainsi que des Régions et des Communes dotées de la personnalité juridique, d’organes élus, de budgets et d’une autonomie administrative et financière. Le président dirige l’exécutif, le Parlement vote les lois et contrôle le gouvernement, et la Cour suprême est la plus haute juridiction de l’État. Le français et l’anglais sont les langues officielles de communication de l’État.
Conseil
Pour une démarche publique au Cameroun, il est essentiel de déterminer si la responsabilité relève d’un ministère ou d’un service territorial de l’État, ou si elle a été transférée à une Commune ou à une Région. Adressez-vous à l’institution compétente, vérifiez le dossier, les frais et les délais actuels, et conservez une preuve de chaque dépôt. Pour les questions de corruption, de marchés publics, de droits humains et de sécurité, utilisez les organismes compétents pour chaque sujet plutôt que d’adresser une plainte générique à tous.

