Un budget réaliste pour un ménage distingue quatre domaines : les coûts fixes de logement et de services publics, les dépenses variables d’alimentation et de mobilité, les frais réguliers d’éducation et de santé, et les dépenses irrégulières de réparation, de raccordement et d’urgence. Il faut aussi établir le budget mensuel comme un modèle saisonnier, car l’alimentation, le transport et les services publics fluctuent selon les régions et au fil du temps. La planification d’une personne seule diffère de celle d’un ménage avec enfants ou besoins de soins. Les chiffres examinés montrent que les prix continuent d’augmenter au Cameroun. En juillet 2026, l’Institut national de la statistique (INS) a signalé une hausse de 0,6 % sur un mois, de 3,4 % par rapport au même mois de l’année précédente et de 2,6 % en moyenne sur douze mois. La hausse a atteint 3,4 % en 2025, tandis que les prix ont progressé de 23,3 % au total depuis 2022. L’alimentation a renchéri de 41,8 % entre 2022 et 2025, et le transport de 35,8 %. En novembre 2025, le taux annuel régional allait de 2,5 % à Bertoua à 4,6 % à Bamenda. Les prix retenus dans un budget doivent donc toujours être datés et vérifiés localement. Selon la cinquième Enquête camerounaise auprès des ménages (ECAM5) de 2022, le taux de pauvreté était de 37,7 %. Le seuil de pauvreté indiqué était de 813 FCFA par jour, soit 24 724 FCFA par mois et par personne. Ce chiffre correspond à un seuil statistique, et non à un budget suffisant pour le logement, les services publics, les soins ou l’épargne. Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) déclaré pour les fonctionnaires était de 43 969 FCFA par mois, en vertu du Code du travail et du décret de 2024 ; il ne permet pas de calculer un budget ménager général. Les documents primaires examinés ne contiennent pas de tableau national fiable des loyers officiels. Les loyers, prix d’achat, cautions et frais annexes dépendent fortement de la ville, du quartier, du niveau de logement, des raccordements, de la saison et du caractère formel du contrat. Environ 56,8 % des ménages vivaient dans un logement dont ils étaient propriétaires et 47,0 % dans un bâtiment construit avec des matériaux permanents. Ces proportions ne remplacent pas une vérification locale des prix. Pour l’électricité, les tarifs résidentiels prépayés du fournisseur d’électricité Eneo étaient, selon le niveau de prix étudié, de 50 FCFA par kWh de 0 à 110 kWh hors TVA, et de 94 FCFA par kWh de 111 à 220 kWh et au-delà de 220 kWh, TVA comprise. Les tarifs peuvent changer. L’eau peut provenir de la société de distribution CAMWATER, de bornes-fontaines, de puits, de citernes ou de bouteilles. À Ngaoundéré, les données de CAMWATER pour 2025 indiquaient 293 FCFA par m³ hors TVA pour les bornes-fontaines et 364 FCFA par m³ hors TVA pour les ménages ; une avance remboursable de raccordement de 108 000 FCFA hors TVA et un prix de compteur de 4 199 FCFA hors TVA faisaient partie des conditions de raccordement sur place. Ces chiffres ne s’appliquent pas automatiquement à tout le pays. Environ 83,0 % des ménages avaient accès à une source améliorée d’eau potable, mais seulement 65,0 % avaient accès à l’électricité et 42,9 % à un point de collecte des déchets. Le coût de l’alimentation dépend des marchés, des supermarchés, de la production propre, des importations, de la logistique et de la saison. Les produits frais ont renchéri de 11,1 % en 2025 et restaient un moteur important des prix en juillet 2026. La production ou la propriété propre peut réduire les besoins de liquidités dans les zones rurales, mais elle peut entraîner des besoins supplémentaires de temps, de transport et d’approvisionnement. Les coûts du transport ont augmenté de 35,8 % entre 2022 et 2025 et de 12,3 % en 2024 seulement. L’organisme de régulation des prix du carburant (CSPH) influe sur la structure des prix et les mécanismes de soutien. Pour février 2026, les prix en dépôt, taxes comprises, au dépôt de Yaoundé étaient de 765,35 FCFA par litre d’essence, 768,56 FCFA par litre de diesel et 301,54 FCFA par litre de kérosène. Les prix en dépôt ne correspondent pas à un prix uniforme pour les consommateurs finaux. Les transports urbains et interurbains, les moto-taxis et les tarifs saisonniers doivent donc être vérifiés sur place. Les dépenses de santé comprennent les consultations, les traitements, les médicaments, le transport et les problèmes éventuels de disponibilité. Les dépenses de santé représentaient 5,5 % de la consommation totale et 58,6 % des consultations avaient lieu auprès de personnel qualifié. L’adhésion à la Couverture santé universelle (CSU) est prévue pour toute personne vivant au Cameroun ; dans ce cadre, les services de prévention et de promotion de la santé ne sont pas facturés au niveau national, et les soins curatifs des enfants de 0 à 5 ans sont également gratuits. Le chèque santé a été étendu à dix régions en septembre 2025. Le champ de la couverture, l’établissement, les médicaments et la disponibilité locale peuvent entraîner des frais supplémentaires. Les dépenses d’éducation représentaient 4,4 % de la consommation totale. La fréquentation scolaire nette atteignait 80,4 % au primaire et 51,8 % au secondaire. Les frais varient selon le statut public ou privé de l’établissement, le niveau, le lieu, le matériel pédagogique, l’uniforme, le transport et l’internat. Les documents primaires examinés ne contiennent pas de barème national uniforme des frais facturés aux consommateurs finaux. Pour la communication, 86,7 % des ménages disposaient d’un appareil mobile, tandis que l’accès à Internet était de 2,3 % selon l’ECAM5 de 2022. Les tarifs prépayés de données et de voix sont volatils ; l’appareil, l’alimentation électrique et la disponibilité du réseau doivent être inscrits séparément au budget. Pour les demandes par USSD, l’Agence de régulation des télécommunications (ART) indique notamment Orange #145*2#, MTN *123*4*2#, *147# et *157#, Viettel *865#, et CAMTEL selon le tarif en vigueur. Les dépenses de loisirs et de culture dépendent du prestataire, de l’événement, de la ville et de la saison ; elles ne devraient être planifiées qu’après les dépenses essentielles. Les raccordements formels exigent généralement un contrat, un compteur, une facturation et un paiement. Les réclamations et demandes d’information doivent être adressées à CAMWATER, Eneo ou à l’ART selon le service. Les puits, bornes-fontaines, transports informels et autres solutions non formelles peuvent être utiles en pratique, mais n’offrent pas les mêmes garanties juridiques, de qualité ou de stabilité des prix que les services formels. Le budget devrait donc présenter séparément les coûts fixes, variables, réguliers et irréguliers, et documenter les hypothèses relatives au lieu, à la saison et à la taille du ménage.
Coût de la vie au Cameroun
Le coût de la vie au Cameroun comprend les dépenses fixes de logement et de services publics, les dépenses variables d’alimentation et de mobilité, ainsi que les frais réguliers de santé, d’éducation et de communication. Les paiements se font généralement en francs CFA d’Afrique centrale (FCFA), également désignés XAF. La ville, la région, la saison, la disponibilité des réseaux, le prix des importations et la taille du ménage influencent fortement les besoins financiers réels.
Conseil
Ne construisez pas le budget d’un ménage au Cameroun autour d’un chiffre moyen unique. Distinguez les dépenses selon le lieu, la taille du ménage et la saison. Inscrivez d’abord l’alimentation, la mobilité, le logement et les services publics, puis prévoyez séparément la santé, l’éducation et les urgences. Vérifiez chaque prix selon sa date, son fournisseur, son lieu de référence et l’inclusion ou non de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), car les moyennes nationales ne remplacent pas de manière fiable les coûts locaux.

