Le cadre juridique principal comprend la loi n° 97/012 du 10 janvier 1997, sa modification par la loi n° 2022/015 du 14 juillet 2022, le décret n° 2023/147 et les règles plus récentes relatives aux cartes d’identité prévues par le décret n° 2025/059. Ces règles s’appliquent aux ressortissants étrangers, y compris aux apatrides, mais les diplomates et consuls de carrière relèvent d’un régime distinct. Le Cameroun applique des règles nationales d’immigration et non des régimes distincts selon les régions. En pratique, les demandes et les contrôles impliquent le ministère des Relations extérieures, appelé MINREX, ses missions diplomatiques et postes consulaires, la Délégation générale à la Sûreté nationale, appelée DGSN, la police des frontières, les services d’immigration, les postes-frontières, les préfectures et les services municipaux. Un visa de transit autorise un séjour d’au plus cinq jours. Un visa de court séjour peut permettre une entrée simple ou multiple et sa validité maximale est de six mois. Un visa de long séjour peut également permettre une entrée simple ou multiple et sa validité maximale est de douze mois. Un visa ne se transforme pas automatiquement en un autre type de visa. Les visas de transit et de court séjour n’autorisent ni le travail rémunéré ni les études ; ces activités nécessitent donc un motif de long séjour et des justificatifs correspondants. La procédure électronique de visa du Cameroun commence normalement par une préinscription en ligne, le dépôt des pièces et le paiement en ligne. Le demandeur se rend ensuite à la mission du MINREX, au consulat ou au poste-frontière sélectionné pour l’enrôlement biométrique et la présentation de l’autorisation QR. Le délai de traitement indiqué est de trois jours ouvrables au plus après la préinscription, avec un service express annoncé en 24 heures ; la notification d’un refus est également annoncée dans un délai maximal de trois jours ouvrables. Le délai réel peut dépendre de la capacité de la mission, des opérations frontalières et du système biométrique. Les justificatifs d’entrée comprennent normalement un passeport ou un document de voyage valide, les certificats de vaccination, la preuve du motif et des conditions du séjour, un justificatif d’hébergement et des moyens suffisants. L’hébergement peut être établi par un certificat délivré par le maire territorialement compétent, une invitation à un événement ou une réservation d’hôtel ferme. Un ordre de mission peut être pertinent pour un déplacement officiel. Une garantie de rapatriement est également requise. Pour un séjour d’au plus trois mois, il s’agit généralement d’un billet retour incessible et non négociable. Pour un séjour plus long, il peut s’agir d’un billet valable au moins un an ou d’un engagement de l’employeur pour un travailleur salarié. En l’absence de garantie, la personne peut devoir déposer une somme auprès du Trésor dans les trois mois suivant l’entrée ; le minimum dépend du coût d’un vol touristique de Yaoundé à la capitale du pays de nationalité de la personne. Les demandes de long séjour exigent des justificatifs adaptés au motif. Le passeport doit normalement avoir une durée de validité supérieure à six mois. Les étudiants fournissent une admission ou une inscription, un justificatif d’hébergement et des moyens de subsistance. Les stagiaires fournissent une attestation de stage. Un salarié fournit un contrat de travail signé ou visé par le ministre chargé de l’emploi. Les professionnels indépendants et les personnes qui exercent une activité commerciale, agricole, industrielle, artistique ou similaire peuvent avoir besoin d’une autorisation pour l’activité concernée. Les demandes familiales nécessitent la preuve du mariage ou des liens de filiation, ainsi que la preuve que le répondant dispose d’un logement et de ressources stables et suffisantes. Les catégories courantes de long séjour comprennent les travailleurs sous contrat, les travailleurs indépendants, les stagiaires de longue durée, les étudiants, les membres de famille et les réfugiés reconnus. Un ressortissant étranger qui réside régulièrement et continûment depuis au moins six ans peut remplir les conditions d’obtention d’une carte de résident si les autres conditions légales sont réunies. Le conjoint d’un Camerounais peut être admissible au titre d’une règle particulière après au moins 18 mois de mariage et de séjour régulier, à condition que le mariage soit toujours en vigueur, que le conjoint camerounais conserve sa nationalité et qu’un mariage célébré à l’étranger ait été transcrit au Cameroun. Les congrégations religieuses reconnues disposent également d’une catégorie de séjour particulière. Un ressortissant étranger régulièrement admis bénéficie généralement de la liberté de circulation, mais tout changement de localité doit être signalé en déclarant le départ et la nouvelle localité dans les huit jours. La personne doit présenter son titre de séjour ou son document de réfugié lorsqu’une demande légale lui en est faite. Une carte de séjour est généralement requise pour un ressortissant étranger régulièrement admis. Selon les règles de 2025, la DGSN délivre la carte après une préinscription en ligne et un enrôlement physique. Une première demande nécessite normalement un passeport comportant un visa de long séjour certifié au cours des trois derniers mois, une preuve de domicile délivrée par un maire ou un poste de police, un bulletin spécial de casier judiciaire, un certificat de conformité fiscale et une preuve de séjour. Un renouvellement nécessite normalement l’ancienne carte et des justificatifs actualisés de domicile, de casier judiciaire, de conformité fiscale et de séjour. La carte est valable deux ans et peut être renouvelée deux fois ; le délai de délivrance annoncé est de 48 heures après validation, avec remise d’un document d’identité provisoire après l’enrôlement physique. Une carte de résident est normalement valable dix ans et renouvelable. La demande nécessite généralement la carte de résident ou le deuxième renouvellement de la carte de séjour, un passeport, une preuve de domicile, un casier judiciaire et une preuve de conformité fiscale. La carte de réfugié est obligatoire pour une personne reconnue comme réfugiée ; valable deux ans, elle est délivrée par la DGSN dans le cadre d’une procédure spéciale fondée sur la carte d’identification du HCR et l’attestation de réfugié du MINREX. Les réfugiés ne paient pas de droit de timbre pour cette carte. Les pièces de renouvellement devraient normalement être déposées au moins un mois avant l’expiration. Un départ définitif peut nécessiter un visa de sortie pour les titulaires d’une carte de séjour, d’une carte de résident ou d’une carte de réfugié, ainsi que la restitution de la carte. Les visas de sortie peuvent être délivrés pour une sortie unique, un retour, trois mois, six mois ou un an. Un visa de sortie multiple de six mois nécessite généralement au moins trois sorties au cours de l’année précédente, tandis qu’un visa de sortie multiple d’un an en nécessite généralement au moins quatre. Une sortie peut être suspendue à la suite d’une demande judiciaire, fiscale, du travail ou de sécurité sociale. Les membres de famille qui séjournent jusqu’à trois mois peuvent passer par la mission ou le consulat compétent dans le cadre de la procédure d’accompagnement familial. Le regroupement familial pour un séjour plus long est traité par les services d’immigration. Le groupe familial reconnu comprend généralement le conjoint, les enfants mineurs ou un enfant majeur qui poursuit des études, et les ascendants au premier degré, sous réserve des justificatifs et conditions applicables au répondant. Une personne demandant la protection des réfugiés s’adresse au président de la Commission d’éligibilité par l’intermédiaire de son secrétariat technique. Les demandes déposées auprès du HCR sont transmises aux autorités compétentes. L’enregistrement est suivi d’un entretien et d’une enquête ; la convocation à l’entretien devrait normalement être reçue au moins deux semaines à l’avance. Un interprète est fourni gratuitement, et un enfant non accompagné bénéficie du soutien d’un travailleur social. Le demandeur peut demander à être entendu par un agent du même sexe. Le secrétariat technique dispose d’un délai d’instruction de deux mois, renouvelable trois fois. Les recours sont adressés à la Commission des recours, et ses décisions ne sont pas susceptibles d’un recours ordinaire devant les tribunaux. Il est préférable de déposer sa demande dans les 15 jours suivant l’arrivée ou la menace concernée, bien qu’une demande présentée depuis le Cameroun soit possible. Le principe de non-refoulement protège une personne contre son renvoi vers un lieu où elle serait exposée au danger concerné. Une personne venue directement d’un territoire menacé, qui se présente immédiatement et remplit les conditions légales, n’est pas sanctionnée uniquement pour son entrée ou son séjour irrégulier. Les réfugiés reconnus bénéficient, selon les règles applicables, d’une protection contre la discrimination et d’un accès aux tribunaux, à la propriété, à l’association, au travail, à l’éducation, au logement, à l’aide sociale, à la circulation et aux documents d’identité ou de voyage. Ils restent soumis à l’impôt et doivent respecter le droit camerounais. L’expulsion est limitée à des motifs de sécurité nationale ou d’ordre public, nécessite une décision légale et une notification au HCR, et accorde à la personne 72 heures pour trouver un autre pays d’asile. L’attestation de réfugié impose également de signaler aux services d’immigration les déplacements et changements d’adresse. La nationalité camerounaise peut être acquise par filiation, en vertu de certaines règles concernant les enfants trouvés ou les parents inconnus, par déclaration d’une personne née au Cameroun de parents étrangers après au moins cinq ans de résidence habituelle, par adoption, mariage ou naturalisation. Une étrangère mariée à un Camerounais peut acquérir la nationalité sur demande expresse, bien que le gouvernement puisse s’y opposer dans les six mois. La naturalisation exige généralement d’avoir au moins 21 ans, cinq années consécutives de résidence habituelle, le Cameroun comme principal centre d’intérêts, une bonne conduite, l’absence de condamnation de droit commun non réhabilitée et une santé satisfaisante. La demande est traitée par le ministère de la Justice et peut nécessiter un curriculum vitæ, des documents d’état civil et de famille, des vérifications de police ou de moralité, un examen de l’intégration et un examen médical. Une personne naturalisée ne peut généralement pas exercer de mandat électif pendant cinq ans, sauf exception. Les litiges relatifs à la nationalité relèvent du tribunal civil, tandis qu’un certificat de nationalité est délivré par un magistrat de l’état civil. Les frais de visa sont fixés par la loi de finances annuelle et les règles fiscales correspondantes. Les frais indiqués sont de 100 000 FCFA pour un visa normal de court séjour, de 150 000 FCFA pour un visa express de court séjour, de 150 000 FCFA pour un visa normal de long séjour et de 200 000 FCFA pour un visa express de long séjour ; les visas de transit sont gratuits. Le droit de timbre sur les cartes de séjour varie selon le statut et la nationalité : 50 000 FCFA pour les étudiants, 75 000 FCFA pour un travailleur lié par contrat à l’État ou à une collectivité locale ou pour un conjoint sans emploi, 150 000 FCFA pour un ressortissant africain et 300 000 FCFA pour un ressortissant non africain. Les frais de la carte de résident comprennent 75 000 FCFA pour certaines catégories de personnes à charge ou de conjoints, 300 000 FCFA pour un ressortissant africain et 750 000 FCFA pour un ressortissant non africain. Les réfugiés, certains étudiants bénéficiant d’un statut spécial, les volontaires, le personnel de coopération technique ou de sécurité et les employés accrédités d’organisations internationales ayant un conjoint admissible figurent parmi les catégories exonérées. La réciprocité peut influer sur le traitement des visas des ressortissants de la CEMAC. Un poste-frontière ou un service d’immigration peut refuser l’entrée et imposer un refoulement, les frais de retour étant à la charge du transporteur. La reconduite à la frontière peut être appliquée après une entrée irrégulière, un dépassement de séjour, un refus ou le non-renouvellement d’une carte, ou l’absence de garantie de rapatriement. L’expulsion est ordonnée par le Premier ministre selon la procédure concernée. La loi de 1997 prévoit la possibilité de contester une décision de reconduite devant le tribunal administratif dans les 48 heures, avec un délai annoncé de huit jours pour la décision et un recours non suspensif ; l’interaction avec la règle ultérieure d’exécution immédiate crée un risque procédural sérieux qui nécessite un conseil juridique à jour. Une entrée ou un séjour irrégulier peut entraîner une peine d’emprisonnement de trois mois à deux ans, une amende de 200 000 à 2 000 000 FCFA et une éventuelle interdiction d’entrée ou de séjour pouvant aller jusqu’à cinq ans.
Droit de l’immigration au Cameroun
Le droit de l’immigration au Cameroun régit l’entrée, les visas, le séjour, le travail, les études, la migration familiale, la protection des réfugiés et la nationalité. Un visa de court séjour permet généralement une visite d’au plus trois mois, tandis que le travail, les études et la migration familiale exigent un motif approprié de long séjour. Les ressortissants étrangers doivent maintenir la validité des documents et du statut requis, car une entrée irrégulière, un dépassement de séjour ou une activité non autorisée peut entraîner un éloignement, des amendes ou une interdiction d’entrée.
Conseil
Choisissez votre statut d’immigration selon votre motif réel et la durée prévue de votre séjour au Cameroun avant de partir. N’utilisez pas un visa de court séjour pour travailler ou étudier, et ne vous fiez pas au seul visa d’entrée lorsqu’une carte de séjour, une procédure familiale ou une démarche de protection des réfugiés est requise. Consignez les échéances, documents, frais et obligations de déclaration dans une liste écrite, car un statut expiré ou inadapté peut entraîner un éloignement, des amendes ou une interdiction d’entrée.

