L’article 5 de la Constitution cambodgienne établit le khmer comme langue et écriture officielles, et l’article 69 charge l’État de protéger et de promouvoir le khmer. L’Académie royale du Cambodge et son Conseil national de la langue khmère (NCKL) contribuent à l’élaboration de dictionnaires, à la terminologie, à la recherche linguistique, aux conventions orthographiques et à la littérature. Les versions khmères des lois et autres normes juridiques prévalent sur leurs traductions. Le khmer parlé varie entre Phnom Penh, Battambang, Siem Reap et les zones rurales. Le parler de Phnom Penh peut différer du khmer écrit et formel. Le Cambodge n’a pas de statut officiel national pour les dialectes ni d’atlas dialectal complet et actuel ; les différences régionales touchent surtout les usages informels, plutôt que la langue de l’administration nationale. Le recensement de 2019 a enregistré 14 893 134 personnes ayant le khmer pour langue maternelle, soit 95,8 % de la population. Il a recensé 448 282 personnes parlant des langues minoritaires, 94 450 parlant chinois, 78 090 vietnamien, 13 636 lao, 6 650 thaï et 17 969 d’autres langues maternelles. Un rapport distinct sur les minorités ethniques dénombre 455 610 personnes dans sa catégorie minoritaire ; ce chiffre ne doit donc pas être ajouté au total du recensement. Parmi les groupes cités dans ce rapport, les Cham sont 275 217, suivis des Punong ou Pnong, Tampuan ou Tumpuon, Jarai ou Charai, Kreung ou Kroeng, Kuoy et Prov. Les langues autochtones sont particulièrement présentes dans les provinces de Ratanakiri, Mondulkiri, Kratie et Stung Treng. Parmi les personnes âgées de sept ans ou plus, le recensement de 2019 indique que 90,9 % parlaient uniquement khmer, 5,1 % khmer et anglais, 2,5 % khmer et une autre langue, et 1,5 % une langue autre que le khmer. Pour les groupes ethniques minoritaires, les chiffres correspondants étaient de 55,1 % uniquement khmer, 1,7 % khmer et anglais, 31,7 % khmer et une autre langue, et 11,5 % une autre langue. Le taux d’alphabétisation des adultes était de 87,7 % dans la population générale et de 74,6 % parmi les groupes ethniques minoritaires, ce qui révèle un écart d’accès important entre communautés linguistiques et entre zones urbaines et rurales. Le ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports et les bureaux provinciaux soutiennent des programmes bilingues ou multilingues dans le nord-est du Cambodge. Des supports pédagogiques et audio existent pour le Pnong, le Tampuon, le Kavet, le Kroeng et le Jarai. Des manuels multilingues pour les classes 1 à 3 facilitent le passage des écoles communautaires aux écoles publiques. Le khmer reste la principale langue de l’enseignement formel et de l’alphabétisation. La couverture des programmes, les langues proposées et leur continuité dépendent de la province, de l’école et du programme local ; aucun droit national à un enseignement dans chaque langue maternelle n’a été établi. Les documents administratifs et réglementaires nationaux sont principalement en khmer. Le Comité électoral national fournit les informations électorales et juridiques en khmer ; l’accès électoral et procédural repose donc largement sur cette langue. Certaines règles sectorielles diffèrent : les demandes de marque peuvent être rédigées en khmer ou en anglais, tandis que les autres langues nécessitent une traduction en khmer ou en anglais. Dans les tribunaux et procédures judiciaires, le texte original khmer fait foi et une traduction n’a pas automatiquement la même force juridique. Le Cambodge ne garantit pas de manière générale, à l’échelle nationale, une interprétation gratuite pour chaque démarche administrative. Une traduction privée peut entraîner des frais distincts ; les programmes publics n’ont ni tarif linguistique national unique ni délai uniforme. Le khmer domine la télévision, la radio et les médias en ligne enregistrés à l’échelle nationale. Le ministère de l’Information enregistre ces médias. Des services en anglais, chinois et dans d’autres langues existent aussi, mais aucune répartition nationale actuelle et officielle des médias par langue n’est disponible. Le Chapei Dang Veng relie la langue orale khmère à la transmission entre générations, aux savoirs culturels et religieux ainsi qu’au commentaire social ou politique. Les langues minoritaires restent fortement liées aux communautés locales et à leur vie culturelle, mais leur présence formelle est fragmentée. La Constitution protège l’égalité sans distinction de langue et reconnaît la liberté d’expression, la presse, les réunions et les associations, sous réserve des limites prévues par la loi. Dans la pratique, la participation nationale, l’information électorale, les formulaires et les procédures juridiques reposent principalement sur le khmer. L’anglais et d’autres langues peuvent faciliter l’accès à l’éducation, aux affaires et à l’administration internationale, mais l’État n’impose pas d’exigence générale et ne fournit pas une administration multilingue complète. Le khmer est indispensable à l’échelle nationale ; le cham et les langues autochtones sont plus utiles au sein de communautés particulières et dans les provinces du nord-est.
Langues au Cambodge
Le khmer est la langue et l’écriture officielles du Cambodge. Il domine l’administration nationale, l’enseignement formel et les médias enregistrés. Le pays compte aussi des variétés régionales de khmer et des langues minoritaires : le cham est la plus importante communauté linguistique minoritaire, et plusieurs langues autochtones sont concentrées dans le nord-est. L’éducation multilingue et les usages culturels locaux existent, mais leur accès dépend de la région, de l’école, de la communauté et du programme ; il ne s’agit pas d’un service national garantissant un accès égal dans toutes les langues.
Conseil
Au Cambodge, considérez le khmer comme la langue de travail par défaut pour les formulaires nationaux, les élections, l’enseignement formel et les démarches juridiques. N’utilisez l’anglais ou une autre langue que si l’institution concernée confirme qu’elle l’accepte ; une traduction n’a pas nécessairement la même force juridique que le texte original khmer. Dans le nord-est ou les contextes de langues minoritaires, vérifiez le programme local plutôt que de supposer qu’un service national est disponible.

